Ils rivalisèrent pour le pouvoir, s’entretuèrent et refusaient d’écouter leur Prophète. Allah – le Très-Haut – lui dit alors : « Lève-toi au milieu de ton peuple et transmets-leur la Révélation par ta propre langue. » Lorsqu’il eut achevé de leur communiquer ce qu’Allah lui avait révélé, ils se ruèrent sur lui pour le mettre à mort. Il prit la fuite ; un arbre se fendit pour lui, il s’y engouffra, mais Satan le rejoignit, saisit un pan de son vêtement et le montra aux gens. Ceux-ci placèrent alors une scie au milieu de l’arbre ; ils le scièrent jusqu’à le couper, lui et l’arbre, par le milieu.
Ibn Isḥâq rapporte qu’un savant lui a confié que Zakariyya mourut de mort naturelle et ne fut pas exécuté ; le Prophète mis à mort serait plutôt Shaʿyâ (Isaïe).
Said ibn Jubayr, au sujet de la parole d’Allah : « Nous envoyâmes contre vous des serviteurs à Nous, d’une puissance redoutable, qui sillonnèrent vos demeures », dit : « Il s’agit de Sanḥarîb, originaire de Ninive (dans la région de Mossoul), roi de Babylone. » Cela contredit l’avis d’Ibn Isḥâq ; Allah est plus savant.
D’autres ont dit qu’il s’agissait des ʿAmâliqah (Amalécites), mécréants ; c’est l’opinion d’al-Ḥasan.
Le terme « jasû » signifie : ravagèrent et tuèrent ; de même « jasû », « hâsû » et « dâsû », selon Ibn ʿAzîz et al-Qutaybî.
Ibn ʿAbbâs a lu « ḥâsû » avec un ḥâ’ aspiré.
Abû Zayd dit : « al-ḥaws, al-jaws, al-ʿaws et al-haws désignent le fait d’errer la nuit. »
Al-Jawharî précise : « al-jaws est le nom d’action de “jasû khilâla ad-diyâr” ; ils parcoururent les demeures à la recherche de ce qui s’y trouvait, comme on “jûs” (écume) les informations en les recherchant ; de même “al-ijtiyâs”. “Al-jawasân” (avec vocalisation) signifie : déambulation nocturne, selon Abû ʿUbaydah. »
Aṭ-Ṭabarî résume : « Ils circulaient entre les maisons, traquant leurs habitants et les tuant, allant et venant », conciliant ainsi les avis des linguistes.
Ibn ʿAbbâs dit : « Ils allaient et venaient parmi les demeures et les habitations. »
Al-Farrâʾ déclare : « Ils vous tuèrent au sein même de vos maisons. » Il cite ces vers de Ḥassân :
« Parmi nous se trouve celui qui, brandissant l’épée de Muḥammad,
insuffla la terreur chez l’ennemi au travers des rangs des armées. »
Qutrub commente : « Ils descendirent (envahirent) », et il récite :
« Nous avons bravement investi leurs contrées
et sommes revenus, leurs notables solidement ligotés. »
« Et c’était une promesse irrévocablement accomplie » : un décret inéluctable, sans défaillance possible.
« Puis Nous vous rendîmes la revanche contre eux, Nous vous renforçâmes par des biens et des fils et Nous fîmes de vous la troupe la plus nombreuse. » (Isra, 17 : 6)