On ne doit pas entreprendre de voyage, avec monture et bagage, pour atteindre un lieu déterminé afin d’y prier – on priera plutôt dans sa propre mosquée – sauf pour les trois mosquées déjà citées ; quiconque a formulé le vœu d’y accomplir une prière devra alors s’y rendre.
Mâlik, ainsi qu’un groupe de savants, ont déclaré au sujet de celui qui fait le vœu de tenir un ribât – c’est-à-dire de garder une frontière exposée – qu’il lui incombe de s’en acquitter, quel que soit l’endroit où se trouve ce ribât, car il s’agit d’une obéissance envers Allah – exalté soit-Il.
Abû al-Bakhtarî a ajouté, dans ce ḥadîth, la mention de la mosquée de al-Jund ; cet ajout n’est pas authentique, il s’agit d’une insertion fabriquée, comme nous l’avons signalé dans l’introduction de l’ouvrage.
Sixième point – Sa parole, exalté soit-Il : « … jusqu’à la Mosquée al-Aqsâ ». On l’appelle « al-Aqsâ » (la plus lointaine) à cause de la distance qui la sépare de la Mosquée sacrée ; pour les habitants de La Mecque, c’était la mosquée la plus éloignée sur la terre que l’on vénérait par la visite.
Puis Il dit : « autour de laquelle Nous avons mis la bénédiction ». Il a été dit : par la fécondité de ses fruits et le cours de ses rivières ; d’autres ont dit : par la présence, dans ses environs, des prophètes et des vertueux qui y sont enterrés, ce qui en fit un lieu sanctifié.
Muʿâdh ibn Jabal rapporte du Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui – qu’il a dit : « Allah, exalté soit-Il, dit : Ô Shâm, tu es l’élite de Mes contrées et Je ferai venir vers toi l’élite de Mes serviteurs. » (Le terme Shâm vient à l’origine de « Sâm », puis a été arabisé.)
« … afin que Nous lui fissions voir certains de Nos signes » : il s’agit ici d’une modulation du discours. Les signes qu’Allah fit voir à Son Messager comptent parmi les merveilles qu’il rapporta aux hommes : son voyage nocturne de La Mecque à la Mosquée al-Aqsâ en une seule nuit – un trajet d’ordinaire d’un mois –, son ascension aux cieux et la description qu’il donna des prophètes, l’un après l’autre, ainsi qu’il est établi dans le Ṣaḥîḥ de Muslim et ailleurs.
« En vérité, c’est Lui l’Audient, le Clairvoyant » – ce passage a déjà été commenté.
[Sûrat al-Isrâʾ (17), verset 2]
« Nous avons donné à Moïse le Livre et Nous en avons fait une direction pour les fils d’Israël : “Ne prenez donc, en dehors de Moi, aucun garant.” »
Autrement dit, Nous avons honoré Muḥammad – que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui – par l’ascension, et Nous avons honoré Moïse par le Livre, c’est-à-dire la Torah.
« Et Nous en avons fait… » : c’est-à-dire ce Livre ; certains ont toutefois dit qu’il s’agit de Moïse lui-même.
On a également expliqué la phrase ainsi : « Gloire à Celui qui fit voyager de nuit Son serviteur… et qui donna à Moïse le Livre », le discours passant alors de la troisième personne à la première, comme il sied à la majesté d’Allah – exalté soit-Il.
D’autres ont avancé que l’expression « Gloire à Celui qui fit voyager… » signifie « Nous l’avons fait voyager », ce que confirme la suite : « afin que Nous lui fissions voir certains de Nos signes » ; dès lors, le passage « Et Nous avons donné à Moïse le Livre » est, lui aussi, interprété selon cette même tournure.
« … afin que vous ne preniez pas… » : Abû ʿAmr l’a lu : « … afin qu’ils ne prennent pas ».