La vallée s’ouvrit et une source d’eau jaillit ; alors Gabriel – que la paix soit sur lui – fit ses ablutions tandis que Muḥammad – paix et salut sur lui – le regardait. Il se lava le visage, aspira l’eau par les narines puis la rejeta, se rinça la bouche, passa ses mains humides sur sa tête, ses oreilles et ses pieds jusqu’aux chevilles, et aspergea sa partie intime. Puis il se leva pour prier deux rak‘a comportant quatre prosternations.
Le Messager d’Allah – qu’Allah le couvre d’éloges et le salue – revint, l’œil réjoui et l’âme apaisée, ayant reçu de la part d’Allah, Très-Haut, ce qu’il aimait. Il prit Khadīja par la main, la conduisit vers la source, fit ses ablutions comme Gabriel les avait faites, puis ils accomplirent, lui et Khadīja, deux rak‘a et quatre prosternations. Dès lors, lui et Khadīja priaient ensemble régulièrement.
Il est rapporté d’Ibn ‘Abbās que la prière fut prescrite en résidence à quatre rak‘a et en voyage à deux rak‘a. Nāfi‘ ibn Jubayr, al-Ḥasan ibn Abī l-Ḥasan al-Baṣrī ainsi qu’Ibn Jurayj ont tenu le même propos, et il existe du Prophète – paix et bénédictions sur lui – un hadith conforme à cela. Tous s’accordent à dire que Gabriel – paix sur lui – descendit, au matin qui suivit la nuit de l’Isrā’, à l’heure du zénith, et qu’il enseigna au Prophète – paix et salut sur lui – la prière et ses horaires.
Yūnus ibn Bukayr rapporte de Sālim, l’affranchi d’Abū l-Muhājir, qu’il a entendu Maymūn ibn Mihrān dire : « Au début, la prière se composait de deux unités ; ensuite le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – en accomplit quatre et cela devint une sunna, tandis que la prière du voyageur fut maintenue telle quelle, complète. »
Abū ‘Umar dit : « Cette chaîne de transmission n’est pas de celles dont on peut se prévaloir ; et sa parole : “puis cela devint une sunna” est réprouvée, tout comme l’exception que ash-Sha‘bī fait de la seule prière du Maghreb sans mentionner celle du Subḥ : cela n’a pas de sens. Les musulmans ont unanimement reconnu que l’obligation de la prière en résidence est de quatre rak‘a, à l’exception du Maghreb et du Subḥ ; ils n’en connaissent pas d’autre, tant par la pratique que par la transmission notoire, et la divergence au sujet de son mode originel de prescription ne leur porte aucun préjudice. »
Cinquièmement – il a déjà été traité, dans la sourate al-Mā’ida – et la louange est à Allah – de la question de l’adhān ; et, dans la sourate Âl ‘Imrān, il a été exposé que la première mosquée édifiée sur terre est la Mosquée sacrée, puis la Mosquée al-Aqṣā, et qu’un intervalle de quarante ans les sépare, selon le hadith d’Abū Dharr ; de même que la construction par Sulaymān – sur lui la paix – de la Mosquée al-Aqṣā et son invocation en sa faveur, selon le hadith d’Abd-Allāh ibn ‘Amr, ainsi que la conciliation entre ces récits : médite-le là-bas, il n’y a donc pas lieu d’y revenir ici.
Nous rapporterons ici la parole du Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue :
« On ne se met en route que vers trois mosquées : la Mosquée sacrée, cette mosquée-ci qui est la mienne, et la mosquée d’Iliyā’ – ou Bayt al-Maqdis. »
Mālik l’a rapporté d’après Abū Hurayra. Ce hadith atteste du mérite particulier de ces trois mosquées par rapport à toutes les autres. C’est pourquoi les savants ont dit : « Celui qui fait vœu d’accomplir une prière dans une mosquée… »