Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

alors ils te traiteront de menteur, mais Abû Bakr – qu’Allâh l’agrée – se distingua par la confirmation (de tes propos). Lorsque les Quraych trouvèrent matière à railler et à démentir, ils déclarèrent mensonger ce dont il les avait informés, au point que certains qui avaient embrassé la foi apostasièrent. Or, s’il ne s’était agi que d’un songe, la chose n’eût point paru étrange.

Les polythéistes lui dirent : « Si tu dis vrai, informe-nous de notre caravane : quand l’as-tu rencontrée ? » Il répondit : « À tel endroit, je suis passé près d’elle et Untel a pris peur. » On demanda alors à cet homme : « Qu’as-tu vu, Untel ? » Il dit : « Je n’ai rien aperçu, sinon que les chameaux se sont énervés. » Ils dirent encore : « Dis-nous : à quelle date notre caravane nous parviendra-t-elle ? » – « Elle arrivera chez vous tel jour, » répondit-il. – « À quelle heure ? » – « Je l’ignore : le lever du soleil de ce côté-ci est-il plus rapide ou l’arrivée de la caravane de cet autre côté ? »

Un homme s’exclama : « C’est aujourd’hui : voici que le soleil s’est levé ! » Un autre ajouta : « Voici votre caravane qui apparaît. » Ils interrogèrent ensuite le Prophète – paix et bénédictions d’Allâh sur lui – au sujet de la description de Bayt al-Maqdis ; il la leur décrivit alors même qu’il ne l’avait jamais vue auparavant.

Le Sahîh rapporte d’après Abû Hurayrah que le Messager d’Allâh – paix et bénédictions sur lui – a dit : « Je me vis dans le Hidjr, tandis que les Quraych m’interrogeaient sur mon voyage nocturne. Ils me posèrent des questions au sujet de détails concernant Bayt al-Maqdis que je ne retenais pas, et j’éprouvai alors une angoisse comme jamais auparavant. Allâh me le fit alors apparaître devant moi et je le regardai ; aucune question qu’ils me posèrent ne resta sans que je les en informe. » (Fin du hadith.)

L’affirmation de ‘Â’ishah et de Mu‘âwiyah – Allâh les agrée – selon laquelle « seule l’âme du Messager d’Allâh fut transportée » a été contestée : ‘Â’ishah était encore jeune à l’époque, elle n’assista pas aux faits et ne les rapporte pas du Prophète ; quant à Mu‘âwiyah, il était alors mécréant, non témoin de l’événement, et ne le rapporte pas non plus du Prophète.

Quiconque souhaite davantage de précisions au-delà de ce que nous avons mentionné n’a qu’à consulter « Ash-Shifâ’ » du Qâdî ‘Iyâd : il y trouvera pleine satisfaction.

On a plaidé en faveur de l’opinion de ‘Â’ishah en invoquant la parole du Très-Haut : « Nous n’avons fait de la vision que Nous t’avons montrée qu’une épreuve pour les gens » (al-Isrâ’, 60), l’Écriture qualifiant l’événement de « vision ». Mais cela est réfuté par la parole divine : « Gloire à Celui qui a fait voyager de nuit Son serviteur » (al-Isrâ’, 1), car on n’emploie pas le verbe « faire voyager [de nuit] » pour un état de sommeil.

Il demeure également que la vision de l’œil peut, en langue arabe, être appelée ru’yâ, comme il sera expliqué dans cette sourate. Les textes authentiques indiquent clairement que l’Isrâ’ se produisit avec le corps. Lorsque la nouvelle rapporte un fait admissible par la raison et relevant de la puissance d’Allâh, il n’est pas permis de le nier, d’autant plus à une époque où les habitudes étaient transgressées par les miracles. Le Prophète – paix et bénédictions sur lui – eut, en effet, plusieurs ascensions ; il n’est donc pas exclu qu’une partie d’entre elles ait eu lieu en rêve – et c’est à cela que renvoie sa parole authentique : « Alors que j’étais près de la Maison (la Ka‘bah), entre le sommeil et l’état de veille… » (suivant le reste du hadith). Il est donc possible de ramener certains récits d’ascension à un état de sommeil. Et Allâh sait mieux.

فيكذبوك، والأفضل أَبُو بَكْرٍ بِالتَّصْدِيقِ، وَلَمَا أَمْكَنَ قُرَيْشًا التَّشْنِيعُ وَالتَّكْذِيبُ، وَقَدْ كَذَّبَهُ قُرَيْشٌ فِيمَا أَخْبَرَ بِهِ حَتَّى ارْتَدَّ أَقْوَامٌ كَانُوا آمَنُوا، فَلَوْ كَانَ بِالرُّؤْيَا لَمْ يُسْتَنْكَرْ، وَقَدْ قَالَ لَهُ الْمُشْرِكُونَ: إن كنت صادقا فخبرنا عن عيرنا ابن لَقِيتَهَا؟ قَالَ: " بِمَكَانِ كَذَا وَكَذَا مَرَرْتُ عَلَيْهَا فَفَزِعَ فُلَانٌ" فَقِيلَ لَهُ: مَا رَأَيْتَ يَا فُلَانُ، قَالَ: مَا رَأَيْتُ شَيْئًا! غَيْرَ أَنَّ الْإِبِلَ قَدْ نَفَرَتْ. قَالُوا: فَأَخْبِرْنَا مَتَى تَأْتِينَا الْعِيرُ؟ قَالَ: " تَأْتِيكُمْ يَوْمَ كَذَا وَكَذَا" . قَالُوا: أَيَّةَ سَاعَةٍ؟ قَالَ: " مَا أَدْرِي، طُلُوعَ الشَّمْسِ من ها هنا أسرع أم طلوع العير من ها هنا" . فَقَالَ رَجُلٌ: ذَلِكَ الْيَوْمُ؟ هَذِهِ الشَّمْسُ قَدْ طَلَعَتْ. وَقَالَ رَجُلٌ: هَذِهِ عِيرُكُمْ قَدْ طَلَعَتْ، وَاسْتَخْبَرُوا النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَنْ صِفَةِ بَيْتِ الْمَقْدِسِ فَوَصَفَهُ لَهُمْ وَلَمْ يَكُنْ رَآهُ قَبْلَ ذَلِكَ. رَوَى الصَّحِيحُ عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: " لَقَدْ رَأَيْتُنِي فِي الْحِجْرِ وَقُرَيْشٌ تَسْأَلُنِي عَنْ مَسْرَايَ فَسَأَلَتْنِي عَنْ أَشْيَاءَ مِنْ بَيْتِ الْمَقْدِسِ لَمْ أُثْبِتْهَا «١» فَكُرِبْتُ كَرْبًا مَا كُرِبْتُ مِثْلَهُ قَطُّ- قَالَ- فَرَفَعَهُ اللَّهُ لِي أنظر إليه فما سألوني عن شي إِلَّا أَنْبَأْتُهُمْ بِهِ" الْحَدِيثَ. وَقَدِ اعْتُرِضَ قَوْلُ عَائِشَةَ وَمُعَاوِيَةَ " إِنَّمَا أُسْرِيَ بِنَفْسِ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ" بِأَنَّهَا كَانَتْ صَغِيرَةً لَمْ تُشَاهِدْ، وَلَا حَدِّثَتْ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ. وَأَمَّا مُعَاوِيَةُ فَكَانَ كَافِرًا في ذلك الوقت غير مستشهد لِلْحَالِ، وَلَمْ يُحَدِّثْ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ. وَمَنْ أَرَادَ الزِّيَادَةَ عَلَى مَا ذَكَرْنَا فَلْيَقِفْ عَلَى " كِتَابِ الشِّفَاءِ" لِلْقَاضِي عِيَاضٍ يَجِدُ مِنْ ذَلِكَ الشِّفَاءَ. وَقَدِ احْتَجَّ لِعَائِشَةَ بِقَوْلِهِ تَعَالَى: " وَما جَعَلْنَا الرُّؤْيَا الَّتِي أَرَيْناكَ إِلَّا فِتْنَةً لِلنَّاسِ «٢» " فَسَمَّاهَا رُؤْيَا. وَهَذَا يَرُدُّهُ قوله تعالى: " سُبْحانَ الَّذِي أَسْرى بِعَبْدِهِ لَيْلًا" وَلَا يُقَالُ فِي النَّوْمِ أَسْرَى. وَأَيْضًا فَقَدْ يُقَالُ لِرُؤْيَةِ الْعَيْنِ: رُؤْيَا، عَلَى مَا يَأْتِي بَيَانُهُ فِي هَذِهِ السُّورَةِ. وَفِي نُصُوصِ الْأَخْبَارِ الثَّابِتَةِ دَلَالَةٌ وَاضِحَةٌ عَلَى أَنَّ الْإِسْرَاءَ كَانَ بِالْبَدَنِ، وَإِذَا وَرَدَ الْخَبَرُ بِشَيْءٍ هُوَ مُجَوَّزٌ فِي الْعَقْلِ فِي قُدْرَةِ اللَّهِ تَعَالَى فَلَا طَرِيقَ إِلَى الْإِنْكَارِ، لَا سِيَّمَا فِي زَمَنِ خَرْقِ الْعَوَائِدِ، وَقَدْ كَانَ لِلنَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَعَارِجُ، فَلَا يَبْعُدُ أَنْ يَكُونَ الْبَعْضُ بِالرُّؤْيَا، وَعَلَيْهِ يُحْمَلُ قَوْلُهُ عَلَيْهِ السَّلَام فِي الصَّحِيحِ: " بَيْنَا أَنَا عِنْدَ الْبَيْتِ بَيْنَ النَّائِمِ وَالْيَقْظَانِ" الْحَدِيثَ. وَيَحْتَمِلُ أَنْ يُرَدَّ مِنَ الاسراء إلى نوم. والله أعلم.
(١). أي لم أعرفها حق، يقال: أثبت الشيء وثابته إذا عرفه حق المعرفة. (٢). راجع ص ٢٨٢ من هذا الجزء.

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