J’y accomplis deux unités de prière, puis je sortis. Alors Jibrîl – que la paix soit sur lui – m’apporta un récipient rempli de vin et un autre rempli de lait. Je choisis le lait et Jibrîl me dit : « Tu as opté pour la nature primordiale (al-fitrah). » – puis, reprit-il, il s’éleva avec nous vers le ciel… (il mentionna ensuite le reste du ḥadith).
Parmi ce qui n’est pas rapporté dans les deux Ṣaḥîḥ, figure ce qu’ont recueilli l’Aǧurrî et as-Samarkandî. L’Aǧurrî rapporte d’après Abû Saʿîd al-Khuḍrî, à propos de la parole du Très-Haut : « Gloire à Celui qui fit voyager de nuit Son serviteur, de la Mosquée sacrée à la Mosquée la plus éloignée que Nous avons bénie alentour » (al-Isrâ’, 17 : 1). Abû Saʿîd dit : Le Messager d’Allâh – que les bénédictions d’Allâh et Sa paix soient sur lui – nous raconta la nuit où il fut transporté :
« On m’amena une monture qui ressemblait le plus à un mulet ; elle avait deux oreilles qui frémissaient : c’était al-Burâq que les prophètes montaient avant moi. Je l’enfourchai et elle s’élança, posant ses antérieurs à l’extrémité de son regard. J’entendis alors un appel à ma droite : “Ô Muḥammad, ménage ta monture afin que je te questionne.” Je poursuivis ma route sans me détourner. Puis j’entendis un appel à ma gauche : “Ô Muḥammad, ménage ta monture !” Je poursuivis sans m’arrêter. Une femme ensuite se dressa devant moi, parée de tous les atours d’ici-bas, les mains levées, disant : “Ô Muḥammad, ralentis afin que je te parle.” Je continuai sans m’arrêter.
J’arrivai alors à Bayt al-Maqdis – la Mosquée la plus éloignée – je descendis de la monture, l’attachai à l’anneau auquel les prophètes avaient coutume de lier leur monture, puis j’entrai dans la mosquée et y priai. Jibrîl me demanda : “Qu’as-tu entendu, ô Muḥammad ?” Je répondis : “Un appel à ma droite disant ‘Ô Muḥammad, ralentis afin que je te questionne’, mais je suis passé sans m’arrêter.” Il dit : “C’était l’appelant des Juifs ; si tu t’étais arrêté, ta communauté aurait embrassé le judaïsme.” – Il poursuivit : “Puis tu as entendu un appel à ta gauche et tu ne t’es pas arrêté : c’était l’appelant des Nazaréens ; si tu t’étais arrêté, ta communauté aurait embrassé le christianisme.” – “Ensuite, la femme qui t’est apparue, chargée de tous les ornements du monde, c’était le bas-monde ; si tu t’étais arrêté, tu aurais préféré la vie d’ici-bas à l’au-delà.”
« Puis on me présenta deux récipients : l’un contenait du lait, l’autre du vin. On me dit : “Prends et bois celui que tu veux.” Je pris le lait et le bus. Jibrîl me dit : “Tu as atteint la fitrah ; si tu avais pris le vin, ta communauté se serait égarée.”
« Ensuite il apporta le Miʿrâj, par lequel s’élèvent les âmes des fils d’Adam ; c’était la chose la plus belle que j’eusse jamais vue – n’avez-vous pas remarqué, quand un mourant rend l’âme, comment son regard se fixe vers lui ? – Nous montâmes jusqu’à parvenir à la porte du premier ciel. Jibrîl demanda qu’on ouvrît. On demanda : “Qui est-ce ?” Il répondit : “Jibrîl.” Ils dirent : “Qui est avec toi ?” Il répondit : “Muḥammad.” Ils dirent : “A-t-il déjà été envoyé ?”