Deuxième point – Parole du Très-Haut : (Il fit voyager de nuit Son serviteur)
Le verbe « asrā » présente deux formes dialectales : « sarā » et « asrā », comme « saqā » et « asqā », ainsi qu’il a été indiqué plus haut.
Le poète a dit :
« Une nuée nocturne issue de la constellation des Gémeaux le fit cheminer,
tandis que le vent du nord charriait vers lui une grêle compacte. »
Un autre a dit :
« Salue la radieuse, maîtresse du voile ;
elle “asrat” vers moi sans pourtant “tasrī”. »
Ainsi, les deux formes sont réunies dans ces vers.
Le terme « isrâ’ » désigne la marche nocturne ; on dit : « saraytu masrâ ou suran, wa asraytu isrâ’an ».
Le poète a encore dit :
« Par une nuit généreuse, je me mis en route,
et rien ne diminua l’agrément de ce voyage. »
On a également affirmé que « asrā » s’emploie pour un départ au début de la nuit, tandis que « sarā » se rapporte à un départ en fin de nuit ; la première acception est la plus courante.
Troisième point – Parole du Très-Haut : (Son serviteur)
Les savants ont déclaré : si le Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui – avait porté un nom plus noble, Allah l’aurait appelé par ce nom dans cette situation sublime.
À ce propos, on a récité :
« Ô mon peuple, mon cœur demeure auprès de Zahra ;
le savent celui qui entend comme celui qui voit.
Ne m’appelez que par “ô son serviteur”,
car c’est là le plus noble de mes noms. »
Al-Qushayrî a dit : lorsque Allah – Exalté soit-Il – l’éleva jusqu’à Sa sublime présence et le fit monter au-dessus des plus hautes sphères célestes, Il lui conserva le nom de serviteur (‘abd) afin qu’il conserve l’humilité vis-à-vis de la communauté.
Quatrième point – Le voyage nocturne (al-Isrâ’) est établi dans l’ensemble des recueils de hadith. Il est rapporté par des Compagnons dans toutes les contrées de l’Islam ; il atteint donc le rang du mutawâtir.
An-Naqqâsh a mentionné qu’il en existe la narration de vingt Compagnons.
Le Ṣaḥîḥ rapporte d’après Anas ibn Mâlik que le Messager d’Allah – paix et bénédictions sur lui – a dit :
« On m’amena le Burâq : une monture blanche [de haute taille], plus grande qu’un âne et plus petite qu’une mule ; il posait son sabot à l’endroit où se portait son regard. Je le montai jusqu’à arriver à Bayt al-Maqdis ; là, je l’attachai à l’anneau auquel les prophètes lient leurs montures, puis j’entrai dans la mosquée. »