La majorité des lecteurs récitent le mot avec la lettre ḍād ouverte (ḍayq), tandis qu’Ibn Kathîr l’a lu avec la ḍād fermée (ḍīq) ; cette dernière lecture est également rapportée d’après Nâfi‘, mais c’est, selon les critiques, une erreur du transmetteur.
Certains linguistes ont précisé : l’ouverture et la fermeture de la ḍād constituent deux variantes dialectales admises pour le même nom verbal.
Al-Akhfash dit : « ḍīq et ḍayq sont tous deux le maṣdar (nom verbal) du verbe ḍāqa/yaḍīqu (se resserrer). »
Le sens voulu est : « Que ta poitrine ne se resserre pas à cause de leur mécréance. »
Al-Farrâ’ explique : « Le terme ḍayq (avec ouverture) désigne ce dont ta poitrine se détourne, tandis que ḍīq (avec fermeture) s’emploie pour ce qui peut tantôt s’élargir, tantôt se rétrécir, comme une demeure ou un vêtement. »
Ibn as-Sikkît affirme : « Les deux formes sont équivalentes ; l’on dit : “Il y a dans sa poitrine ḍayq” ou “ḍīq.” »
Al-Qutaybî note : « ḍayq est un allègement phonétique de ḍayyq ; autrement dit : “Ne sois pas engagé dans une affaire étroite ;” on l’a allégé, à l’instar de hayyin et hayn. »
Ibn ‘Arafah observe : « On dit ḍāqa l-rajul lorsqu’il devient avare, et aḍāqa lorsqu’il tombe dans la pauvreté. »
Quant à Sa Parole :
« Certes, Allah est avec ceux qui Le craignent et avec ceux qui font le bien » [an-Naḥl 128],
elle signifie : Il est avec ceux qui se prémunissent des turpitudes et des grands péchés, par Son secours, Son assistance, Sa faveur, Sa bonté et Son appui. Le sens de l’ihsân (l’excellence dans l’adoration) a déjà été exposé.
À l’agonie de H aram* ibn Ḥibbân, on lui dit : « Fais-nous une recommandation. » Il répondit : « Je vous recommande les versets d’Allah et la fin de la sourate : “Appelle au sentier de ton Seigneur…” jusqu’à la fin. »
Ainsi s’achève la sourate an-Naḥl ; louange à Allah, Seigneur des mondes.
Exégèse de la sourate al-Isrâ’
Cette sourate est mecquoise, à l’exception de trois versets :
– Sa parole, exalté soit-Il : « Ils ont bien failli t’expulser » ; ce verset fut révélé lors de la venue de la délégation de Thaqîf au Messager d’Allah ﷺ et lorsque les Juifs dirent : « Cette terre n’est pas la patrie des Prophètes. »
– Sa parole : « Et dis : “Seigneur ! Fais-moi entrer par une entrée véridique et fais-moi sortir par une sortie véridique.” »
– Sa parole : « Ton Seigneur cerne parfaitement les hommes. »
Muqâtil ajoute également ce verset : « Certes, ceux auxquels le Savoir fut donné avant lui… »
‘Abdullâh ibn Mas‘ûd رضي الله عنه disait, au sujet des sourates Banî-Isrâ’îl (al-Isrâ’), al-Kahf et [Maryam] : « Elles font partie des premières révélations anciennes ; elles constituent mon “trésor personnel”, c’est-à-dire le butin que j’ai acquis de longue date. »