Il est rapporté dans le Musnad d’Ibn Isḥāq que ce ḥadith ne concerne, à l’origine, qu’un homme qui avait commis l’adultère avec l’épouse d’un autre. Par la suite, le second se trouva en mesure, à son tour, d’accéder à l’épouse du premier, celui-ci l’ayant laissée chez lui avant de partir en voyage. Cet homme consulta alors le Messager d’Allāh – qu’Allāh le bénisse et le salue – au sujet de la conduite à tenir. Le Prophète lui dit :
« Rends le dépôt à celui qui t’a confié et ne trahis pas celui qui t’a trahi. »
Sur cette base, l’avis de Mālik à propos des biens se trouve conforté : la trahison reste attachée à ce cas de figure et constitue un vice dont on ne peut se défaire ; il convient donc de l’éviter pour soi-même. Toutefois, si l’intéressé peut obtenir réparation au moyen d’un bien sur lequel l’autre ne l’a pas mandaté, il semble alors que cela soit permis – comme si Allāh Lui-même lui en avait accordé jugement –, de même que s’il parvenait à se faire rendre justice par une décision du juge.
Il a également été dit que ce verset est abrogé, ayant été remplacé par la parole divine : « Endure donc ; ton endurance ne vient que d’Allāh. »
Troisièmement : le verset fournit la preuve de la légitimité de l’équivalence dans le qiṣāṣ ; ainsi, quiconque tue avec un instrument de fer est mis à mort par le même instrument, et quiconque tue avec une pierre est mis à mort par une pierre, sans dépasser la mesure prescrite. Cette question a déjà été exposée en détail dans Sūrat al-Baqarah – louange à Allāh.
Quatrièmement : dans ce verset, le Très-Haut qualifie les actes de nuisance de « punition ». Or, la punition, à proprement parler, n’est que la seconde [réponse rétributive]. S’Il a procédé ainsi, c’est afin d’uniformiser les deux termes et d’harmoniser le style de l’énoncé. C’est l’inverse de Sa parole : « Ils ont rusé, et Allāh a rusé » et de Sa parole : « Allāh se moque d’eux », où, là, le second terme est employé par métaphore, tandis que le premier est littéral – ainsi l’a expliqué Ibn ʿAṭiyyah.
[Sūrat an-Naḥl (16), versets 127-128]
« Endure donc ; ton endurance ne vient que d’Allāh. Ne t’afflige pas à leur sujet et ne sois pas à l’étroit à cause de leurs manigances. (127) Certes, Allāh est avec ceux qui Le craignent et ceux qui excellent [dans le bien]. (128) »
Il y a ici une seule question :
Ibn Zayd a dit : « Elle est abrogée par [les versets du] combat. » La majorité estime cependant qu’elle demeure applicable : « Endure » signifie : supporte en pardonnant au lieu de punir par une mutilation équivalente.
« Ne t’afflige pas à leur sujet » : c’est-à-dire au sujet des martyrs d’Uḥud, car ils sont passés à la miséricorde d’Allāh.
« Ne sois pas à l’étroit » : ḍayq est le pluriel de ḍayqah. Le poète a dit :
« Il a levé la gêne de dessus nous et ouvert l’espace… »