Quant au mujtahid, il n’y a aucun inconvénient pour lui à employer cette formulation, de la même manière qu’il affirme que le ribâ (l’usure) est illicite en dehors des six denrées de base(1). L’imâm Mâlik – qu’Allah lui fasse miséricorde – emploie fréquemment l’expression : « Ceci est harâm », pour tout ce qui touche aux biens concernés par le ribâ, à ce qui contredit l’intérêt (maslaḥa) et s’écarte de la voie des objectifs de la Sharî‘a, eu égard à la force des preuves qui l’attestent.
[Sourate an-Naḥl (16), verset 118]
« Quant à ceux qui se sont judaïsés, Nous leur avons interdit ce que Nous t’avons déjà relaté auparavant ; Nous ne leur avons pas fait tort, mais ils se faisaient tort à eux-mêmes. » (118)
Commentaire :
Par cette parole : « Et quant à ceux qui se sont judaïsés », Allah indique que les bestiaux et les cultures sont licites pour cette communauté, alors que certains d’entre eux furent interdits aux Juifs. L’expression : « Nous leur avons interdit ce que Nous t’avons narré auparavant » renvoie à la sourate al-An‘âm(2). Le verset « Nous ne les avons pas lésés » signifie : Nous ne les avons pas injustement privés de ces choses, mais ils se sont lésés eux-mêmes ; c’est en punition de leur propre injustice que ces interdictions leur furent imposées, comme cela a déjà été expliqué dans la sourate an-Nisâ’(3).
[Sourate an-Naḥl (16), verset 119]
« Puis, ton Seigneur est certes pour ceux qui ont commis le mal par ignorance, puis se repentent après cela et se réforment ; ton Seigneur, après cela, est assurément Pardonneur, Très Miséricordieux. » (119)
Commentaire :
L’expression : « Ceux qui ont commis le mal » vise ici le shirk (l’association), selon Ibn ‘Abbâs, comme cela a déjà été exposé dans la sourate an-Nisâ’(4).
[Sourate an-Naḥl (16), verset 120]
« Ibrâhîm était, certes, une communauté à lui seul, dévoué à Allah, voué exclusivement à Lui, et il ne fut point parmi les associateurs. » (120)
Commentaire :
Par ce verset, le Très-Haut appelle les polythéistes arabes à la religion d’Ibrâhîm – paix sur lui –, lui qui est leur père et le bâtisseur de la Maison (la Ka‘ba) qui constitue leur fierté. Le terme « ummah » (communauté) désigne l’homme qui réunit en lui tout bien ; ses différentes acceptions ont déjà été abordées(5).
Ibn Wahb et Ibn al-Qâsim rapportent de l’imâm Mâlik qu’il a dit : « Il m’est parvenu qu’‘Abd Allâh b. Mas‘ûd… »