Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Il s’y trouve deux questions :

Premièrement – Au sujet de la parole du Très-Haut :

« Lima taṣif »

Ici, « mâ » est considérée comme « maṣdariyya », c’est-à-dire qu’elle équivaut à : « pour la description ». D’aucuns ont dit que la lâm est une lâm de cause et de finalité ; autrement dit : « Ne dites pas, du fait que vous décrivez… ». Quant au mot « al-kaḏib », il est prononcé (dans une des lectures) avec la kâf, le ḏâl et le bāʼ voyelles, au nominatif ; il sert alors d’épithète aux langues, comme il a été expliqué précédemment. Al-Ḥasan, pour ce passage précisément, l’a lu « al-kaḏibi » avec ouverture de la kâf et kasra sur le ḏâl et le bāʼ ; il constitue alors l’épithète de « mâ ». Le sens est : « Ne dites pas au sujet du mensonge que vos langues forgent : ceci est licite et cela est illicite, ayant ainsi l’audace de forger le mensonge contre Allah. »

Ce verset s’adresse aux mécréants qui déclaraient illicites les baḥîra, les sâʾiba et similaires, tout en rendant licite ce qui se trouve dans le ventre des bestiaux, même lorsqu’il s’agissait de bêtes mortes. Ainsi, l’expression : « Ceci est licite » fait allusion aux cadavres contenus dans le ventre des animaux et, d’une manière générale, à tout ce qu’ils avaient rendu licite ; quant à « Cela est illicite », elle renvoie aux baḥîra, aux sâʾiba et à tout ce qu’ils avaient interdit.

« En vérité, ceux qui forgent le mensonge contre Allah ne réussiront pas. Jouissance éphémère… »

Leur confort mondain, aussi agréable soit-il, disparaîtra bientôt. Az-Zajjâj dit : c’est-à-dire que leur jouissance n’est qu’un maigre profit. D’autres ont expliqué : ils jouiront un temps très court, puis seront ramenés à un châtiment douloureux.

Deuxièmement – Al-Dârimî Abû Muḥammad rapporte dans son Musnad :

« Hârun nous a rapporté, d’après Ḥafṣ, d’après Al-Aʿmash : je n’ai jamais entendu Ibrâhîm (An-Naḫaʿî) dire : “licite” ou “illicite” ; il disait plutôt : “Ils réprouvaient” ou : “Ils appréciaient”. »

Ibn Wahb rapporte que Mâlik a dit : « Les gens de science ne formulaient pas de fatwâ en disant : “Ceci est licite, cela est illicite”. Ils disaient plutôt : “Écartez-vous de telle ou telle chose ; pour ma part, je ne le ferais pas”. » Le sens est que la déclaration de licéité ou d’interdiction absolue appartient exclusivement à Allah, le Très-Glorieux ; nul n’a le droit de l’énoncer à propos d’un objet déterminé, sauf si le Seigneur – exalté soit-Il – l’a clairement fait savoir. Là où l’effort d’interprétation conduit à penser qu’une chose est interdite, on dit : « Je la réprouve. » C’est ainsi que procédait l’imâm Mâlik, à l’exemple de ses pieux prédécesseurs.

Si l’on objecte : « Mais Mâlik a bien dit, à propos de celui qui s’adresse à son épouse en ces termes : “Tu m’es interdite”, qu’elle devient interdite et que cela compte pour un triple divorce », nous répondrons : Mâlik, lorsqu’il entendit ʿAlî ibn Abî Ṭâlib statuer ainsi, s’est conformé à son avis. Il peut arriver, en effet, que la preuve de l’interdiction soit particulièrement forte.

فِيهِ مَسْأَلَتَانِ: الْأُولَى- قَوْلُهُ تَعَالَى: (لِما تَصِفُ) ما هاهنا مَصْدَرِيَّةٌ، أَيْ لِوَصْفِ. وَقِيلَ: اللَّامُ لَامُ سَبَبٍ وأجل، أي لا تقولوا لِأَجْلِ وَصْفِكُمُ " الْكَذِبَ" بِنَزْعِ الْخَافِضِ، أَيْ لِمَا تصف ألسنتكم من الكذب. وقرى. " الكذب" بضم الكاف والذال والياء، نَعْتًا لِلْأَلْسِنَةِ، وَقَدْ تَقَدَّمَ «١» . وَقَرَأَ الْحَسَنُ هُنَا خَاصَّةً «الْكَذِبَ» بِفَتْحِ الْكَافِ وَخَفْضِ الذَّالِ وَالْبَاءِ، نعتا " لما" ، التقدير: وَلَا تَقُولُوا لِلْكَذِبِ الَّذِي تَصِفُهُ أَلْسِنَتُكُمْ، (هَذَا حَلالٌ وَهذا حَرامٌ لِتَفْتَرُوا عَلَى اللَّهِ الْكَذِبَ) . الْآيَةُ خِطَابٌ لِلْكُفَّارِ الَّذِينَ حَرَّمُوا الْبَحَائِرَ وَالسَّوَائِبَ وَأَحَلُّوا مَا فِي بُطُونِ الْأَنْعَامِ وَإِنْ كَانَ ميتة. فقوله: " هَذَا حَلالٌ" إِشَارَةً إِلَى مَيْتَةِ بُطُونِ الْأَنْعَامِ، وكل ما أحلوه. وقوله: " وَهذا حَرامٌ" إِشَارَةً إِلَى الْبَحَائِرِ وَالسَّوَائِبِ وَكُلِّ مَا حَرَّمُوهُ. (إِنَّ الَّذِينَ يَفْتَرُونَ عَلَى اللَّهِ الْكَذِبَ لَا يُفْلِحُونَ. مَتاعٌ قَلِيلٌ) أَيْ مَا هُمْ فِيهِ مِنْ نَعِيمِ الدُّنْيَا يَزُولُ عَنْ قَرِيبٍ. وَقَالَ الزَّجَّاجُ: أَيْ مَتَاعُهُمْ مَتَاعٌ قَلِيلٌ. وَقِيلَ: لَهُمْ مَتَاعٌ قَلِيلٌ ثُمَّ يُرَدُّونَ إِلَى عذاب أليم. الثانية- أسند الدرامى أبو محمد في مسنده: أخبارنا هَارُونُ عَنْ حَفْصٍ عَنِ الْأَعْمَشِ قَالَ: مَا سَمِعْتُ إِبْرَاهِيمَ قَطُّ يَقُولُ حَلَالٌ وَلَا حَرَامٌ، وَلَكِنْ كَانَ يَقُولُ: كَانُوا يَكْرَهُونَ وَكَانُوا يَسْتَحِبُّونَ. قال ابْنُ وَهْبٍ قَالَ مَالِكٌ: لَمْ يَكُنْ مِنْ فُتْيَا النَّاسِ أَنْ يَقُولُوا هَذَا حَلَالٌ وَهَذَا حرام، ولكن يقولون إِيَّاكُمْ كَذَا وَكَذَا، وَلَمْ أَكُنْ لِأَصْنَعَ هَذَا. ومعنى هذا: ان التحليل وتحريم إِنَّمَا هُوَ لِلَّهِ عَزَّ وَجَلَّ، وَلَيْسَ لِأَحَدٍ أَنْ يَقُولَ أَوْ يُصَرِّحَ بِهَذَا فِي عَيْنٍ من الأعيان، الا ان يكون الباري تَعَالَى يُخْبِرُ بِذَلِكَ عَنْهُ. وَمَا يُؤَدِّي إِلَيْهِ الِاجْتِهَادُ فِي أَنَّهُ حَرَامٌ يَقُولُ: إِنِّي أَكْرَهُ [كَذَا] . وَكَذَلِكَ كَانَ مَالِكٌ يَفْعَلُ اقْتِدَاءً بِمَنْ تقدم من اهل التقوى. فَإِنْ قِيلَ: فَقَدْ قَالَ فِيمَنْ قَالَ لِزَوْجَتِهِ أَنْتِ عَلَيَّ حَرَامٌ إِنَّهَا حَرَامٌ وَيَكُونُ ثَلَاثًا. فَالْجَوَابُ أَنَّ مَالِكًا لَمَّا سَمِعَ عَلِيَّ بْنَ ابى طالب يقول انها اقْتَدَى بِهِ. وَقَدْ يَقْوَى الدَّلِيلُ عَلَى التَّحْرِيمِ
(١). راجع ص ١٢٠ من هذا الجزء.

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