Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

la mise à mort et l’humiliation valent mieux que de se prévaloir de la dispense, et mènent à séjourner au Demeure des Jardins. Une explication plus détaillée en sera donnée, si Allah – Très-Haut – le veut, dans la sourate « Al-Ukhdûd ».

Abou Bakr Muḥammad b. Muḥammad b. al-Faraj al-Baghdâdî rapporte : Shuraïḥ b. Yûnus nous a narré, d’après Ismâʿîl b. Ibrâhîm, d’après Yûnus b. ʿUbayd, d’après al-Ḥasan, que des espions de Musaylima saisirent deux compagnons du Prophète ﷺ et les amenèrent devant Musaylima.

Il demanda au premier :
– Attestes-tu que Muḥammad est le Messager d’Allah ?
Il répondit : Oui.
– Et attestes-tu que moi, je suis le messager d’Allah ?
Il répondit : Oui.
Musaylima le relâcha.

Puis il interrogea l’autre :
– Attestes-tu que Muḥammad est le Messager d’Allah ?
Il répondit : Oui.
– Et attestes-tu que je suis le messager d’Allah ?
Il dit : Je suis sourd, je n’entends pas.
Musaylima le fit alors avancer et lui trancha la tête.

Le premier se rendit auprès du Prophète ﷺ et dit : « Je suis perdu ! » –
« Et qu’est-ce qui t’a perdu ? », demanda le Prophète. Il lui raconta l’affaire.
Le Prophète ﷺ dit : « Ton compagnon, lui, a choisi la voie de la fermeté, tandis que toi, tu as pris la dispense, et tu demeures, pour l’heure, sur ce que tu as fait. » Il déclara alors : « J’atteste que tu es le Messager d’Allah. » Le Prophète répondit : « Tu restes tel que tu es. »

La dispense s’applique au cas d’un homme que gouverneur injuste contraint à prêter serment contre lui-même, ou à dénoncer un homme ou son bien. Al-Ḥasan a dit : « S’il craint pour lui-même et pour ses biens, qu’il jure et qu’il n’expie pas son serment. » C’est aussi l’avis de Qatâda lorsqu’il s’agit d’un serment portant sur sa personne ou sur ses propres biens. L’avis des savants à ce sujet a déjà été exposé.

Mûsâ b. Muʿâwiya rapporte qu’Abû Saʿîd b. Ashras – disciple de Mâlik – fut sommé par le gouverneur de Tunis de jurer, par triple divorce, qu’il n’avait pas hébergé un homme que le gouverneur voulait mettre à mort et qu’il n’en connaissait pas la cachette. Ibn Ashras prêta serment, bien qu’il sût l’endroit et qu’il eût hébergé l’homme. Puis il déclara à son épouse : « Éloigne-toi de moi », et elle s’écarta. Il monta ensuite à cheval jusqu’à Qayrawân et se présenta à al-Bahlûl b. Râshid, à qui il raconta l’affaire.
Al-Bahlûl lui dit : « Mâlik a jugé que tu es parjure (ḥânith). » Ibn Ashras répondit : « J’ai moi-même entendu Mâlik le dire, mais j’ai voulu me prévaloir de la dispense… »
Al-Bahlûl reprit : « Al-Ḥasan al-Baṣrî a dit : “Il n’y a pas de parjure contre toi.” » Ibn Ashras retourna alors auprès de son épouse et adopta l’avis d’al-Ḥasan.

ʿAbd al-Malik b. Ḥabîb rapporte : Maʿbad nous a transmis, d’après al-Musayyab b. Sharîk, d’après Abû Shayba, qu’il interrogea Anas b. Mâlik au sujet d’un homme saisi à cause d’un autre : « Penses-tu qu’il puisse prêter serment pour protéger l’autre par son serment ? » – « Oui, répondit-il, et il m’est préférable de prêter soixante-dix serments… »

وَالْقَتْلَ وَالْهَوَانَ عَلَى الرُّخْصَةِ وَالْمُقَامَ بِدَارِ الْجِنَانِ. وَسَيَأْتِي لِهَذَا مَزِيدُ بَيَانٍ فِي سُورَةِ " الْأُخْدُودِ «١» " إِنْ شَاءَ اللَّهُ تَعَالَى. وَذَكَرَ أَبُو بَكْرٍ مُحَمَّدُ بْنُ مُحَمَّدِ بْنِ الْفَرَجِ الْبَغْدَادِيُّ قَالَ: حَدَّثَنَا شُرَيْحُ بْنُ يُونُسَ عَنْ إِسْمَاعِيلَ بْنِ إِبْرَاهِيمَ عَنْ يُونُسَ بْنِ عُبَيْدٍ عَنِ الْحَسَنِ أَنَّ عُيُونًا لِمُسَيْلِمَةَ أَخَذُوا رَجُلَيْنِ مِنْ أَصْحَابِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَذَهَبُوا بِهِمَا إِلَى مُسَيْلِمَةَ، فَقَالَ لِأَحَدِهِمَا: أَتَشْهَدُ أَنَّ مُحَمَّدًا رَسُولُ اللَّهِ؟ قَالَ نَعَمْ. قَالَ.: أَتَشْهَدُ أَنِّي رَسُولُ اللَّهِ؟ قَالَ نَعَمْ. فَخَلَّى عَنْهُ. وَقَالَ الآخر: أَتَشْهَدُ أَنَّ مُحَمَّدًا رَسُولُ اللَّهِ؟ قَالَ نَعَمْ. قَالَ: وَتَشْهَدُ أَنِّي رَسُولُ اللَّهِ؟ قَالَ: أَنَا أَصَمُّ لَا أَسْمَعُ، فَقَدَّمَهُ وَضَرَبَ عُنُقَهُ. فَجَاءَ هَذَا إِلَى النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ: هَلَكْتُ! قَالَ: " وَمَا أَهْلَكَكَ" ؟ فَذَكَرَ الْحَدِيثَ، قَالَ: " أَمَّا صَاحِبُكَ فَأَخَذَ بِالثِّقَةِ «٢» وَأَمَّا أَنْتَ فَأَخَذْتَ بِالرُّخْصَةِ عَلَى مَا أَنْتَ عَلَيْهِ السَّاعَةَ" قَالَ: أَشْهَدُ أَنَّكَ رَسُولُ اللَّهِ. قَالَ " أَنْتَ عَلَى مَا أَنْتَ عَلَيْهِ" . الرُّخْصَةُ فِيمَنْ حَلَّفَهُ سُلْطَانٌ ظَالِمٌ عَلَى نَفْسِهِ أَوْ عَلَى أَنْ يَدُلَّهُ عَلَى رَجُلٍ أَوْ مَالِ رَجُلٍ، فَقَالَ الْحَسَنُ: إِذَا خَافَ عَلَيْهِ وَعَلَى مَالِهِ فَلْيَحْلِفْ وَلَا يُكَفِّرْ يَمِينَهُ، وَهُوَ قَوْلُ قَتَادَةَ إِذَا حَلَفَ عَلَى نَفْسِهِ أَوْ مَالِ نَفْسِهِ. وَقَدْ تَقَدَّمَ مَا لِلْعُلَمَاءِ فِي هَذَا. وَذَكَرَ مُوسَى بْنُ مُعَاوِيَةَ أَنَّ أَبَا سَعِيدِ بْنِ أَشْرَسَ صَاحِبَ مَالِكٍ اسْتَحْلَفَهُ السُّلْطَانُ بِتُونُسَ عَلَى رَجُلٍ أَرَادَ السُّلْطَانُ قَتْلَهُ أَنَّهُ مَا آوَاهُ، وَلَا يَعْلَمُ لَهُ مَوْضِعًا، قَالَ: فَحَلَفَ لَهُ ابْنُ أَشْرَسَ، وَابْنُ أَشْرَسَ يَوْمئِذٍ قَدْ عَلِمَ مَوْضِعَهُ وَآوَاهُ، فَحَلَّفَهُ بِالطَّلَاقِ ثَلَاثًا، فَحَلَفَ لَهُ ابْنُ أَشْرَسَ، ثُمَّ قَالَ لِامْرَأَتِهِ: اعْتَزِلِي فَاعْتَزَلَتْهُ، ثُمَّ رَكِبَ ابْنُ أَشْرَسَ حَتَّى قَدِمَ عَلَى الْبُهْلُولِ بْنِ رَاشِدٍ الْقَيْرَوَانَ، فَأَخْبَرَهُ بِالْخَبَرِ، فَقَالَ لَهُ الْبُهْلُولُ: قَالَ مَالِكٌ إِنَّكَ حَانِثٌ. فَقَالَ ابْنُ أَشْرَسَ: وَأَنَا سَمِعْتُ مَالِكًا يَقُولُ ذَلِكَ، وَإِنَّمَا أردت الرخصة أو كلام هذا معناه، فقال له البهلول ابن رَاشِدٍ: قَالَ الْحَسَنُ الْبَصْرِيُّ إِنَّهُ لَا حِنْثَ عَلَيْكَ. قَالَ: فَرَجَعَ ابْنُ أَشْرَسَ إِلَى زَوْجَتِهِ وَأَخَذَ بِقَوْلِ الْحَسَنِ. وَذَكَرَ عَبْدُ الْمَلِكِ بْنُ حَبِيبٍ قَالَ: حَدَّثَنِي مَعْبَدٌ عَنِ الْمُسَيَّبِ بْنِ شَرِيكٍ عَنْ أَبِي شَيْبَةَ قَالَ: سَأَلْتُ أَنَسَ بْنَ مَالِكٍ عَنِ الرَّجُلِ يُؤْخَذُ بِالرَّجُلِ، هَلْ تَرَى أَنْ يَحْلِفَ لِيَقِيَهُ بِيَمِينِهِ؟ فَقَالَ نَعَمْ، ولان أحلف سبعين يمينا
(١). راجع ج ١٩ ص ٢٨٤. (٢). عبارة الدر المنثور: (" أما صاحبك فمضى على إيمانه".)

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