Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Ils ont dit : « Dès lors qu’il sait qu’en commettant l’adultère il peut échapper à la mise à mort, il lui est permis de se prêter à l’acte*. Ibn al-Mundhir a jugé qu’aucune peine légale (ḥadd) ne s’applique contre lui et qu’il n’existe, à cet égard, aucune différence entre la contrainte exercée par l’autorité et celle exercée par d’autres.

Septièmement – Les savants ont divergé au sujet du divorce et de l’affranchissement prononcés sous la contrainte.
• Aš-Šâfiʿî et ses disciples estiment qu’aucune conséquence n’en découle.
• Ibn Wahb rapporte de ʿUmar, ʿAlî et Ibn ʿAbbâs qu’ils ne considéraient pas ce divorce comme valable.
• Ibn al-Mundhir le rapporte également de Ibn az-Zubayr, Ibn ʿUmar, Ibn ʿAbbâs, ʿAtâʾ, Ṭâwûs, al-Ḥasan, Šurayḥ, al-Qâsim, Sâlim, Mâlik, al-Awzâʿî, Aḥmad, Isḥâq et Abû Ṯawr.

Un autre groupe, toutefois, valide ce divorce ; cela est rapporté de aš-Šaʿbî, an-Naḫaʿî, Abû Qilâba, az-Zuhrî et Qatâda, et c’est l’avis des juristes de Kūfa.

Abû Ḥanîfa dit : « Le divorce du contraint est effectif, car seule la satisfaction intérieure fait défaut, et celle-ci n’est pas une condition de validité – comme dans le cas de celui qui plaisante. » – Cet analogisme est erroné : celui qui plaisante vise volontairement à prononcer le divorce et y consent, tandis que le contraint n’y consent pas et n’a aucune intention de divorcer. Or le Prophète – paix et bénédictions sur lui – a dit : « Les actes ne valent que par leurs intentions. »

Al-Bukhârî rapporte qu’Ibn ʿAbbâs, au sujet d’un homme que des brigands contraignent à divorcer, a dit : « Cela n’est rien. » Telle fut aussi l’opinion d’Ibn ʿUmar, Ibn az-Zubayr, aš-Šaʿbî et al-Ḥasan.
Aš-Šaʿbî précisa : « Si ce sont des brigands qui le contraignent, ce n’est pas un divorce ; si c’est l’autorité qui le contraint, c’en est un. » Ibn ʿUyayna a expliqué : « Le brigand est disposé à le tuer, tandis que l’autorité ne le tuera pas. »

Huitièmement – Quant à la vente réalisée sous contrainte ou sous pression, elle comporte deux cas :

  1. S’il vend son bien pour acquitter une dette exigible, la vente est valable et irrévocable d’après les juristes, car il lui incombait d’acquitter la dette avec d’autres biens que celui-ci ; s’il ne l’a pas fait, sa vente constitue un choix de sa part et s’impose à lui.
  2. Si la vente est imposée injustement ou par coercition, elle n’est pas valable à son encontre ; il a plus de droit sur son bien et le reprend sans contrepartie. L’acheteur se retourne alors contre l’oppresseur pour le prix versé ; si le bien a disparu, il récupère le prix ou la valeur – la plus élevée des deux – auprès de l’oppresseur, pourvu que l’acheteur ignorât l’injustice subie par le vendeur.

Muṭarrif a dit : « Si l’acheteur savait que le vendeur était contraint, il est garant – à l’instar d’un usurpateur – de ce qu’il a acquis, qu’il s’agisse d’esclaves ou de biens meubles. Tous les actes ultérieurs de l’acheteur – affranchissement, mandat d’affranchissement, donation en waqf – ne lient pas le vendeur contraint, lequel a le droit de récupérer son bien. »

Suhnûn a déclaré : « Nos compagnons et les gens d’Irak sont unanimes à considérer que la vente imposée sous injustice ou violence n’est pas licite. »
Al-Abharî a ajouté : « C’est un consensus. »

  • « Se prêter à l’acte » (jâz ʾan yantashir) : il lui est permis de se laisser aller à l’érection nécessaire à l’accomplissement du coït, condition que les juristes discutaient dans cette question.
وَقَالُوا: مَتَى عَلِمَ أَنَّهُ يَتَخَلَّصُ مِنَ الْقَتْلِ بفعل الزنى جَازَ أَنْ يَنْتَشِرَ. قَالَ ابْنُ الْمُنْذِرِ لَا حَدَّ عَلَيْهِ، وَلَا فَرْقَ بَيْنَ السُّلْطَانِ فِي ذَلِكَ وَغَيْرِ السُّلْطَانِ. السَّابِعَةُ- اخْتَلَفَ الْعُلَمَاءُ فِي طَلَاقِ الْمُكْرَهِ وَعَتَاقِهِ، فَقَالَ الشَّافِعِيُّ وَأَصْحَابُهُ: لَا يلزمه شي. وَذَكَرَ ابْنُ وَهْبٍ عَنْ عُمَرَ وَعَلِيٍّ وَابْنِ عَبَّاسٍ أَنَّهُمْ كَانُوا لَا يَرَوْنَ طَلَاقَهُ شَيْئًا. وَذَكَرَهُ ابْنُ الْمُنْذِرِ عَنِ ابْنِ الزُّبَيْرِ وَابْنِ عُمَرَ وَابْنِ عَبَّاسٍ وَعَطَاءٍ وَطَاوُسٍ وَالْحَسَنِ وَشُرَيْحٍ وَالْقَاسِمِ وَسَالِمٍ وَمَالِكٍ وَالْأَوْزَاعِيِّ وَأَحْمَدَ وَإِسْحَاقَ وَأَبِي ثَوْرٍ. وَأَجَازَتْ طَائِفَةٌ طَلَاقَهُ، رُوِيَ ذَلِكَ عَنِ الشَّعْبِيِّ وَالنَّخَعِيِّ وَأَبِي قِلَابَةَ وَالزَّهْرِيِّ وَقَتَادَةَ، وَهُوَ قَوْلُ الْكُوفِيِّينَ. قَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: طَلَاقُ الْمُكْرَهِ يَلْزَمُ، لِأَنَّهُ لَمْ يُعْدَمَ فِيهِ أَكْثَرُ مِنَ الرِّضَا، وَلَيْسَ وُجُودُهُ بِشَرْطٍ فِي الطَّلَاقِ كَالْهَازِلِ. وَهَذَا قِيَاسٌ بَاطِلٌ، فَإِنَّ الْهَازِلَ قَاصِدٌ إِلَى إِيقَاعِ الطَّلَاقِ رَاضٍ بِهِ، وَالْمُكْرَهُ غَيْرُ رَاضٍ وَلَا نِيَّةَ لَهُ فِي الطَّلَاقِ، وَقَدْ قَالَ عَلَيْهِ السَّلَامُ: " إِنَّمَا الْأَعْمَالُ بِالنِّيَّاتِ" . وَفِي الْبُخَارِيِّ: وَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ فِيمَنْ يُكْرِهُهُ اللُّصُوصُ فَيُطَلِّقُ: لَيْسَ بِشَيْءٍ، وَبِهِ قَالَ ابْنُ عُمَرَ وَابْنُ الزُّبَيْرِ وَالشَّعْبِيُّ وَالْحَسَنُ. وَقَالَ الشَّعْبِيُّ: إِنْ أَكْرَهَهُ اللُّصُوصُ فَلَيْسَ بِطَلَاقٍ، وَإِنْ أَكْرَهَهُ السُّلْطَانُ فَهُوَ طَلَاقٌ. وَفَسَّرَهُ ابْنُ عُيَيْنَةَ فَقَالَ: إِنَّ اللِّصَّ يُقْدِمُ عَلَى قَتْلِهِ وَالسُّلْطَانَ لَا يَقْتُلُهُ. الثَّامِنَةُ- وَأَمَّا بَيْعُ الْمُكْرَهِ وَالْمَضْغُوطِ فَلَهُ حَالَتَانِ. الْأُولَى- أَنْ يَبِيعَ مَالَهُ فِي حَقٍّ وَجَبَ عَلَيْهِ، فَذَلِكَ مَاضٍ سَائِغٌ لَا رُجُوعَ فِيهِ عِنْدَ الْفُقَهَاءِ، لِأَنَّهُ يَلْزَمُهُ أَدَاءُ الْحَقِّ إِلَى رَبِّهِ مِنْ غَيْرِ الْمَبِيعِ، فَلَمَّا لَمْ يَفْعَلْ ذَلِكَ كَانَ بَيْعُهُ اخْتِيَارًا مِنْهُ فَلَزِمَهُ. وَأَمَّا بَيْعُ الْمُكْرَهِ ظُلْمًا أَوْ قَهْرًا فَذَلِكَ بَيْعٌ لَا يَجُوزُ عَلَيْهِ. وَهُوَ أَوْلَى بِمَتَاعِهِ يَأْخُذُهُ بِلَا ثَمَنٍ، وَيَتْبَعُ الْمُشْتَرِي بِالثَّمَنِ ذَلِكَ الظَّالِمَ، فَإِنْ فَاتَ الْمَتَاعُ رَجَعَ بِثَمَنِهِ أَوْ بِقِيمَتِهِ بِالْأَكْثَرِ مِنْ ذَلِكَ عَلَى الظَّالِمِ إِذَا كَانَ الْمُشْتَرِي غَيْرَ عَالِمٍ بِظُلْمِهِ. قَالَ مُطَرِّفٌ: وَمَنْ كَانَ مِنَ الْمُشْتَرِينَ يَعْلَمُ حَالَ الْمُكْرَهِ فَإِنَّهُ ضَامِنٌ لِمَا ابْتَاعَ مِنْ رَقِيقِهِ وَعُرُوضِهِ كَالْغَاصِبِ، وَكُلَّمَا أَحْدَثَ الْمُبْتَاعُ فِي ذَلِكَ مِنْ عِتْقٍ أَوْ تَدْبِيرٍ أَوْ تَحْبِيسٍ فَلَا يَلْزَمُ الْمُكْرَهَ، وَلَهُ أَخْذُ مَتَاعِهِ. قَالَ سُحْنُونٌ: أَجْمَعَ أَصْحَابُنَا وَأَهْلُ الْعِرَاقِ عَلَى أَنَّ بَيْعَ الْمُكْرَهِ عَلَى الظُّلْمِ وَالْجَوْرِ لَا يَجُوزُ. وَقَالَ الْأَبْهَرِيُّ: إِنَّهُ إِجْمَاعٌ.

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