[Sourate an-Naḥl (16) : verset 93]
« Et si Allah avait voulu, Il aurait fait de vous une seule communauté ; mais Il égare qui Il veut et guide qui Il veut. Et vous serez certes interrogés au sujet de ce que vous faisiez. »
Paroles du Très-Haut :
« Et si Allah avait voulu, Il aurait fait de vous une communauté unique » : c’est-à-dire une même religion.
« Mais Il égare qui Il veut » en les abandonnant, par justice de Sa part à leur égard.
« Et Il guide qui Il veut » en les assistant, par grâce de Sa part sur eux. Il n’est point interrogé sur ce qu’Il fait ; c’est plutôt vous qui serez interrogés. Ce verset réfute les partisans du qadar, comme il a été précédemment exposé. La lâm dans « Il vous expliquera certainement » et « vous serez certainement interrogés », jointe à la nûn redoublée, indique un serment implicite ; autrement dit : « Par Allah ! Il vous expliquera… » et « Par Allah ! Vous serez interrogés… »
[Sourate an-Naḥl (16) : verset 94]
« Et ne prenez pas vos serments pour un moyen de tromperie entre vous, de peur qu’un pied ne dérape après s’être affermi, et que vous ne goûtiez le malheur pour avoir détourné [les gens] du sentier d’Allah ; et pour vous, un châtiment immense. »
Paroles du Très-Haut :
« Et ne prenez pas vos serments pour un moyen de tromperie entre vous » : l’injonction est répétée afin d’en renforcer l’effet.
« De peur qu’un pied ne dérape après s’être affermi » : hyperbole soulignant la gravité de cette attitude dans la religion et son impact sur les relations humaines. Autrement dit : ne contractez pas des serments tout en nourrissant dissimulation et corruption, de sorte qu’un pied ne vienne à trébucher après avoir tenu ferme – c’est-à-dire que l’on renie la foi après avoir reconnu Allah. L’image vise l’homme à la conduite droite qui tombe dans un grand malheur ; lorsque le pied dérape, il fait passer l’être humain d’un état de bien à un état de mal.
C’est dans ce sens que Kuthayyir a dit :
« Lorsque nous nous affrontâmes, je tins ferme tandis que l’autre chancela. »
Les Arabes disent, de quiconque est éprouvé après la santé ou plongé dans une impasse : « Son pied a glissé », à l’image de ce vers :
« On t’empêchera d’être le premier, même si tu l’étais,
Et l’on te tuera si tes deux pieds trébuchaient. »
On dit aussi, de celui qui se trompe dans une affaire : « Il y a trébuché. »
Le Très-Haut menace ensuite d’un châtiment dans ce bas-monde et d’un châtiment immense dans l’au-delà. Cette menace concerne celui qui rompt le pacte conclu avec le Messager d’Allah – qu’Allah le couvre d’éloges et le salue – ; quiconque lui fait allégeance puis la rompt sort du cercle de la foi.
C’est pourquoi Il dit :
« Et que vous ne goûtiez le malheur pour avoir détourné [les gens] du sentier d’Allah » – c’est-à-dire à cause de votre détournement. Le fait de « goûter le malheur » en ce monde correspond aux épreuves détestables qui s’abattront sur eux.