Dans le premier sens, non dans le second ; car le premier renvoie à la parfaite exécution du culte, à l’attention portée à son accomplissement correct et complet, à la vigilance vis-à-vis du Vrai durant celui-ci, ainsi qu’à l’évocation constante de Sa grandeur et de Sa majesté, aussi bien au moment d’y entrer qu’au cours de sa continuité. C’est là ce qu’exprime la parole : « Adore Allah comme si tu Le voyais ; car, si tu ne Le vois pas, certes, Lui te voit. »
Les gens du cœur se trouvent, dans cette vigilance, sur deux états. Chez les uns prédomine la contemplation du Vrai, au point qu’ils sont comme s’ils Le voyaient. Le Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — a peut-être fait allusion à cet état en disant : « La fraîcheur de mes yeux a été placée dans la prière. » Chez les autres — qui n’atteignent pas ce degré — domine la certitude que le Vrai, exalté soit-Il, les observe et les voit. C’est à cet état que renvoient Ses paroles, exalté soit-Il : « Lui qui te voit lorsque tu te lèves, et [voit] ton va-et-vient parmi ceux qui se prosternent » (Cor. 26 : 218-219), ainsi que Sa parole : « Nous étions certes témoins de vous lorsque vous vous livriez à cela » (Cor. 10 : 61).
Troisièmement : Sa parole, exalté soit-Il : « … et donner à l’ayant-droit parmi les proches », c’est-à-dire aux parents. Autrement dit, leur verser des biens, comme Il a dit : « Accorde au proche parent son droit » (Cor. 17 : 26), c’est-à-dire le lien qui lui est dû. Il s’agit ici d’associer ce qui est recommandé à ce qui est obligatoire, et c’est sur ce verset que l’imâm ash-Shâfiʿî s’est appuyé pour imposer le versement dû au mukâtab, comme cela sera expliqué. Allah a désigné spécialement le parent proche parce que ses droits sont plus affirmés et le lien avec lui plus impératif, afin de renforcer le droit de la parenté (raḥim) dont Allah a tiré le nom de Son propre Nom et dont Il a fait que celui qui la maintient mérite Son lien. Dans le Ṣaḥîḥ, Il dit : « Ne te réjouis-tu pas que Je maintienne le lien avec celui qui t’a maintenue et que Je rompe avec celui qui t’a rompue ? » — et plus encore lorsqu’ils sont nécessiteux.
Quatrièmement : Sa parole, exalté soit-Il : « Il interdit la turpitude, le blâmable et la transgression. » La turpitude (al-faḥshâʾ) est toute parole ou acte abominable ; Ibn ʿAbbâs a dit : c’est la fornication. Le blâmable (al-munkar) est ce que la Loi réprouve en l’interdisant ; il englobe toutes les désobéissances, vices et bassesses, de toutes sortes. D’aucuns ont dit qu’il désigne l’association (shirk). Quant à la transgression (al-baghy), c’est l’orgueil, l’injustice, la rancœur et l’excès ; en essence, c’est le dépassement de la limite. Elle est incluse dans le blâmable, mais Allah — exalté soit-Il — l’a mentionnée particulièrement pour souligner la gravité de ses méfaits.
Il est rapporté du Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — : « Il n’est point de péché dont la punition soit plus rapide que la transgression. » Il a encore dit : « Le transgresseur sera terrassé. » Allah a promis la victoire à celui qui subit la transgression. Et il est mentionné dans certains Livres révélés : « Si une montagne transgressait contre une autre montagne, celle qui transgresserait serait réduite en poussière. »