« Sourate an-Naḥl (16), verset 90 »
Certes, Allah ordonne l’équité, la bienfaisance et la libéralité envers les proches, et Il proscrit la turpitude, le blâmable et l’injustice. Il vous exhorte – peut-être vous rappellerez-vous.
Il y a, dans ce verset, six questions :
Première question
Parole d’Allah – Très-Haut : « Certes, Allah ordonne l’équité et la bienfaisance… »
Il est rapporté d’‘Uthmân b. Maẓ‘ûn qu’il dit : « Lorsque ce verset fut révélé, je le récitai à ‘Alî b. Abî Ṭâlib – qu’Allah l’agrée. Il s’en étonna et déclara : “Ô gens des Banû Ghâlib ! Suivez-le et vous réussirez ; par Allah, Allah l’a envoyé pour vous commander les nobles caractères.” »
Dans un ḥadith, on rapporte que, lorsqu’on dit à Abû Ṭâlib : « Ton neveu prétend que Dieu a fait descendre sur lui : ‘Certes, Allah ordonne l’équité et la bienfaisance…’ », il répondit : « Suivez mon neveu ; par Allah, il ne commande que les vertus des bonnes mœurs. »
‘Ikrima rapporte : Le Prophète ﷺ récita à al-Walîd b. al-Mughîra : « Certes, Allah ordonne l’équité et la bienfaisance… » jusqu’à la fin du verset. Al-Walîd dit alors : « Ô fils de mon frère, répète ! » Il répéta, puis al-Walîd déclara : « Par Allah, ces paroles ont vraiment une douceur ; elles possèdent un éclat lumineux ; leurs racines sont verdoyantes et leur cime porte du fruit ; ce n’est pas la parole d’un mortel ! »
Al-Ghazznawî mentionne qu’‘Uthmân b. Maẓ‘ûn était le récitant.
‘Uthmân dit encore : « Je n’ai embrassé l’Islam, au début, que par pudeur à l’égard du Messager d’Allah ﷺ, jusqu’à ce que ce verset fût révélé alors que je me trouvais auprès de lui ; la foi s’établit alors fermement dans mon cœur. Je le récitai ensuite à al-Walîd b. al-Mughîra qui me dit : “Ô fils de mon frère, répète !”, ce que je fis. Il s’exclama : “Par Allah, ces paroles ont vraiment une douceur…” – et il rapporta le reste de l’anecdote. »
Ibn Mas‘ûd a dit : « C’est le verset le plus complet du Coran quant à tout bien qu’il faut accomplir et tout mal qu’il faut éviter. »
An-Naqqâsh rapporte l’adage suivant : « La zakât de l’équité est la bienfaisance ; la zakât de la puissance est le pardon ; la zakât de la richesse est la libéralité ; la zakât du prestige est que l’homme écrive à ses frères. »
Deuxième question
Les savants ont divergé sur la signification de l’équité (al-‘adl) et de la bienfaisance (al-iḥsân).
– Ibn ‘Abbâs dit : « Al-‘adl, c’est “Lâ ilâha illâ-Llâh” ; al-iḥsân, c’est l’accomplissement des obligations cultuelles. »
– D’autres ont dit : « Al-‘adl, ce sont les prescriptions obligatoires ; al-iḥsân, les œuvres surérogatoires. »
– Sufyân b. ‘Uyayna dit : « Ici, al-‘adl, c’est l’égalité entre le secret et l’apparent, et al-iḥsân, c’est que l’intime soit meilleur que l’apparent. »
– ‘Alî b. Abî Ṭâlib dit : « Al-‘adl, c’est la justice équitable ; al-iḥsân, c’est la générosité gratuite. »
Ibn ‘Aṭiyya dit :