Dixième question – la parole du Très-Haut : « athâthan ».
Le mot « athâth » désigne l’ameublement de la maison ; son singulier est « athâtha », selon Abû Zayd al-Anṣârî. L’Umawî dit : « athâth » signifie le mobilier domestique, et son pluriel est « âththa» ou « uthuth». D’autres ont affirmé que « athâth » englobe toutes les sortes de biens matériels, sans qu’il ait de singulier dérivé de sa forme. Al-Khalîl rapporte que l’origine du terme renvoie à l’idée d’abondance : diverses pièces de mobilier se rassemblent jusqu’à devenir nombreuses ; de là l’expression « chevelure athîth », c’est-à-dire épaisse. On dit « athshaʿara fulânun ya’ththu aththan » lorsque la chevelure d’Untel devient dense et emmêlée.
Imru’ l-Qays a dit :
« Et une chevelure qui orne le haut du dos, noire d’un noir profond,
abondante, pareille à une grappe chargée d’un palmier touffu. »
On a également soutenu que « athâth » se rapporte à tout ce qui se porte ou s’étend sur le sol. Le verbe « ta-aththathu » signifie : se doter d’un mobilier. D’après Ibn ʿAbbâs – qu’Allâh soit satisfait de lui – : « athâthan » veut dire « biens, fortune ».
L’explication du terme « ḥîn » a déjà été donnée auparavant ; ici, il désigne un moment indéterminé qui varie selon chaque personne : soit sa mort, soit la disparition des biens que l’on appelle « athâth ».
Le poète a dit :
« Les caravaniers que leur élégante parure de biens a mis en branle
ont réveillé en toi la nostalgie, le jour où ils se sont éloignés. »
(Sourate an-Naḥl, 16 : 81)
« Et Allâh vous a accordé, de ce qu’Il a créé, des ombrages ; Il vous a procuré dans les montagnes des abris sûrs ; Il vous a donné des tuniques qui vous protègent de la chaleur et des cuirasses qui vous protègent lors de vos combats. Ainsi parachève-t-Il Sa grâce envers vous, afin que vous vous soumettiez [à Lui]. »
Ce verset renferme six questions.
Première question – Sa parole, exalté soit-Il : « ẓilâlan » (des ombrages). Le mot « ẓilâl » englobe tout ce dont on se couvre pour chercher l’ombre : maisons, arbres, etc. L’expression « mimmâ khalaqa » (« de ce qu’Il a créé ») embrasse toutes les sortes d’éléments pouvant procurer de l’ombre.
Deuxième question – Sa parole, exalté soit-Il : « aknânan » (des abris). « Aknân » est le pluriel de « kinn », qui désigne ce qui protège de la pluie, du vent, etc. Dans le présent passage, il s’agit des grottes dans les montagnes ; Allâh en a fait des refuges pour les créatures : elles s’y retirent, s’y mettent à l’abri et s’y tiennent à l’écart des gens. Dans le Ṣaḥîḥ, il est rapporté que le Prophète – paix et bénédictions sur lui – se consacrait, au début de sa mission, à l’adoration dans la grotte de Ḥirâ’ et y demeurait des nuits entières… (le ḥadîth). Et, dans le Ṣaḥîḥ de al-Bukhârî, on lit : « Le Messager d’Allâh – paix et bénédictions sur lui – sortit… »