On peut en tirer profit en toute circonstance, à condition de le laver par crainte qu’une souillure ne s’y soit fixée.
De même, Umm Salama rapporte du Prophète — paix et bénédiction d’Allah sur lui — qu’il a dit : « Il n’y a aucun mal à utiliser la peau d’une bête morte lorsqu’elle a été tannée, ainsi que sa laine et ses poils lorsqu’ils ont été lavés. »
En effet, la mort ne les atteint pas. Peu importe que ces poils proviennent d’un animal dont la chair est licite ou non — tels les cheveux de l’homme ou ceux du porc —, ils sont tous purs ; telle est également l’opinion d’Abû Hanîfa, qui a même ajouté : « La corne, la dent et l’os sont assimilés aux poils, car toutes ces choses sont dépourvues de vie et ne deviennent pas impures par la mort de l’animal. »
Al-Hasan al-Basrî, al-Layth ibn Saʿd et al-Awzâʿî ont quant à eux soutenu que tous les poils sont impurs mais qu’ils se purifient par le lavage.
De l’imâm ash-Shâfiʿî ont été rapportées trois positions :
- ils sont purs et ne sont pas souillés par la mort ;
- ils deviennent impurs ;
- distinction entre les cheveux de l’être humain — purs — et ceux des autres — impurs.
Notre preuve est la portée générale de la parole du Très-Haut : « …et de leurs toisons… » ; Il nous a octroyé le bénéfice d’en tirer profit et n’a pas distingué les poils de la bête morte de ceux de l’animal dûment égorgé. Cette généralité demeure sauf preuve contraire. De plus, leur état originel est la pureté avant la mort, selon l’unanimité ; que celui qui prétend qu’ils deviennent impurs en apporte donc la preuve.
S’il est objecté : « Il vous est interdit la bête morte » — expression englobant toutes ses parties —, nous disons : nous faisons l’exception mentionnée, car un texte explicite cite la laine, alors que votre verset ne la mentionne pas expressément ; notre preuve prévaut, et Allah sait mieux.
Le shaykh imâm Abû Isḥâq, chef de file des shaféites à Bagdad, a fait valoir que le poil est, de par la création, une partie intégrante de l’animal ; il croît avec lui et devient impur à sa mort comme le reste de ses membres. On lui a rétorqué que la croissance n’est pas un indice de vie : la plante croît mais n’est pas vivante. Et si l’on se fonde sur la croissance continue de ce qui est sur l’animal, nous nous référons, nous, à la séparation (du poil) qui indique l’absence de sensation, laquelle signale l’absence de vie.
Quant à ce qu’ont avancé les hanafites au sujet de l’os, de la dent et de la corne qu’ils assimilent au poil, l’avis le plus célèbre chez nous est qu’ils sont impurs comme la chair ; Ibn Wahb a exprimé la même opinion qu’Abû Hanîfa. Nous avons, pour notre part, une troisième position : faut-il rattacher les extrémités des cornes et des sabots à leurs bases ou aux poils ? Deux avis existent. De même, la partie filamenteuse de la plume suit la même règle que le poil, tandis que sa partie osseuse suit le même jugement que l’os.
Notre preuve est la parole du Prophète — paix et bénédiction d’Allah sur lui : « Ne tirez aucun profit d’une bête morte. » L’énoncé englobe l’animal et chacune de ses parties, sauf lorsqu’une preuve contraire se présente. Parmi les arguments décisifs figure la parole du Très-Haut : « Il a dit : Qui fera revivre les ossements quand ils seront poussière ? »