Troisièmement – Certains savants ont déduit de ce verset que le droit de prononcer le divorce de l’esclave mâle appartient à son maître et que la vente d’une esclave équivaut pour elle à un divorce ; ils s’appuient pour cela sur la parole du Très-Haut : « … qui ne peut absolument rien ». Ils expliquent : le sens apparent indique qu’il ne dispose d’aucune capacité, ni sur la propriété ni sur autre chose ; l’énoncé reste donc général tant qu’aucune preuve n’en restreint la portée. Or ce que nous avons rapporté d’Ibn ʿUmar et d’Ibn ʿAbbâs constitue précisément une indication de restriction. – Allāh est plus Savant.
Quatrièmement – Abū Manṣūr a dit dans son ouvrage de croyance : « La subsistance (rizq) est tout ce dont on se nourrit effectivement. » Or ce verset réfute cette limitation, de même que la parole du Très-Haut : « … et ils dépensent de ce que Nous leur avons attribué comme subsistance », ainsi que : « Dépensez de ce que Nous vous avons pourvu », et d’autres textes, parmi lesquels la parole du Prophète ﷺ : « Ma subsistance a été placée sous l’ombre de ma lance », et sa parole : « Les subsistances de ma communauté se trouvent aux sabots de ses chevaux et aux pointes de ses lances. » Ainsi, tout butin est subsistance, et toute chose dont l’usage licite est avéré constitue une subsistance ; celle-ci comporte des degrés, le plus élevé étant ce qui nourrit réellement.
Le Messager d’Allāh ﷺ a circonscrit les formes d’utilité en disant : « Le fils d’Âdam dit : “Mon bien ! mon bien !” Or, de ton bien n’as-tu réellement que ce que tu as mangé et consommé, ou ce que tu as porté et usé, ou ce que tu as donné en aumône et fait parvenir. » Relèvent du « vêtement » le fait de se déplacer à cheval et autres usages similaires. Dans le vocabulaire des traditionnistes on dit aussi : « L’audition est une subsistance », c’est-à-dire l’audition du ḥadith ; et c’est exact.
Cinquièmement – Sa parole – Exalté soit-Il : « Et celui à qui Nous avons accordé de Notre part une bonne subsistance » désigne le croyant, qui obéit à Allāh par sa personne et par ses biens. Quant au mécréant, tant qu’il ne dépense pas dans l’obéissance, il demeure semblable à l’esclave qui ne possède rien.
« Sont-ils égaux ? » signifie : ils ne le sont pas. Le texte n’emploie pas la forme du duel « sont-ils deux égaux » en raison du terme man, vocable indéfini qui convient au singulier, au duel, au pluriel, au masculin comme au féminin. On a également dit que « un esclave appartenant » et « celui à qui Nous avons accordé » visent la généralité de l’espèce.
« Louange à Allāh ! Mais la plupart d’entre eux ne savent pas » : c’est-à-dire qu’Il est le seul digne de louange, à l’exclusion de ce qu’ils adorent en dehors de Lui, car les idoles ne leur ont dispensé ni bienfait ni faveur pour être louées. La louange parfaite revient exclusivement à Allāh, car Il est le Bienfaiteur, le Créateur.
« La plupart d’entre eux » renvoie à la majorité des polythéistes, « ne savent pas » que la louange M’appartient et que toute grâce provient de Moi. Il a mentionné « la plupart » tout en visant l’ensemble ; il s’agit d’un particulier voulu pour le général. On a aussi dit : la plupart des créatures ne savent pas, car la majorité d’entre elles sont associatrices.