Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

un homme, et le nom verbal – comme dans l’expression : « affranchir un esclave ». Ainsi, quiconque affranchit n’importe quel homme est libéré de l’obligation contenue dans l’injonction, et l’exception y demeure valide.

Qatâda a dit : ce parangon concerne le croyant et le mécréant. Il estime en effet que « l’esclave asservi » figure le mécréant, parce qu’il ne retire aucun profit dans l’Au-delà de son culte ; tandis que l’expression : « Et celui à qui Nous avons accordé de Notre part une subsistance excellente », désigne le croyant. Cependant, l’opinion première est celle de la majorité des savants et des commentateurs.

Al-Aṣamm a précisé : l’esclave asservi visé est parfois plus robuste que son maître et plus avenant d’apparence, mais il demeure humble envers son seigneur et n’a de compétence que pour ce que celui-ci lui autorise. Allâh – Exalté soit-Il – en a fait un exemple : si telle est votre relation avec vos esclaves, comment donc avez-vous pu ériger des pierres inertes en associés d’Allâh dans Sa création et dans Son adoration, alors qu’elles n’ont ni raison ni ouïe ?

Deuxièmement, les musulmans ont tiré de ce verset et de ce qui le précède l’infériorité du rang de l’esclave par rapport à l’homme libre en matière de propriété : il ne possède rien en propre, quand bien même on dirait qu’il possède.

Les savants d’Irak soutiennent que l’esclavage contredit la propriété ; l’esclave ne possède absolument rien en aucune circonstance. C’est l’opinion de l’Imâm ach-Shâfiʿî dans son école nouvelle, ainsi que de al-Ḥasan et Ibn Sîrîn.

D’autres affirment qu’il possède, mais d’une propriété diminuée, car son maître peut lui reprendre à tout moment ce qu’il lui a donné. C’est l’avis de Mâlik et de ceux qui le suivent, ainsi que l’avis ancien d’ach-Shâfiʿî et celui des gens de la lettre (Ahl Ẓâhir).

Aussi nos condisciples déclarent-ils que ne sont pas obligatoires pour lui les actes cultuels liés aux biens – telle la Zakât ou les expiations – ni les cultes corporels qui l’éloigneraient du service de son maître, comme le Ḥajj, le Jihâd, etc. De cette question découle que si le maître remet à son esclave une concubine, celui-ci est autorisé à avoir des rapports avec elle au titre de la possession de la main droite. De même, si le maître lui confie quarante têtes de moutons et qu’une année lunaire s’écoule, la Zakât ne sera pas due par le maître puisque ces bêtes appartiennent à un autre, ni par l’esclave parce que sa propriété n’est pas stable.

Les Irakiens, quant à eux, jugent qu’il n’est pas licite à l’esclave d’avoir des rapports avec la concubine, et que la Zakât due pour ce cheptel demeure obligatoire pour le maître comme auparavant. Les arguments des deux camps sont exposés dans les ouvrages de divergence juridique.

La preuve la plus explicite en notre faveur est la parole du Très-Haut : « Allâh est Celui qui vous a créés puis vous a pourvus de subsistance. » Il a ainsi égalisé, pour la création et la subsistance, l’esclave et l’homme libre.

Le Prophète – paix et bénédiction sur lui – a dit : « Quiconque affranchit un esclave qui possède des biens… », attribuant ainsi explicitement les biens à l’esclave. Ibn ʿUmar voyait son esclave s’octroyer une compagne parmi ses biens sans le lui reprocher. Il est rapporté d’Ibn ʿAbbâs qu’un de ses esclaves ayant prononcé deux répudiations à l’encontre de son épouse, il lui ordonna de la reprendre au titre de la possession de la main droite. Cela prouve qu’il possède ce qu’il tient en main et en dispose comme le fait un propriétaire de son bien, tant que son maître ne le lui retire pas. Et Allâh est plus savant.

رَجُلًا، وَالْمَصْدَرُ كَإِعْتَاقِ رَقَبَةٍ، فَأَيُّ رَجُلٍ أَعْتَقَ فَقَدْ خَرَجَ عَنْ عُهْدَةِ الْخِطَابِ، وَيَصِحُّ مِنْهُ الِاسْتِثْنَاءُ. وَقَالَ قَتَادَةُ: هَذَا الْمَثَلُ لِلْمُؤْمِنِ وَالْكَافِرِ، فَذَهَبَ قَتَادَةُ إِلَى أَنَّ الْعَبْدَ الْمَمْلُوكَ هُوَ الْكَافِرُ، لِأَنَّهُ لَا يَنْتَفِعُ فِي الْآخِرَةِ بِشَيْءٍ مِنْ عِبَادَتِهِ، وَإِلَى أَنَّ مَعْنَى " وَمَنْ رَزَقْناهُ مِنَّا رِزْقاً حَسَناً" الْمُؤْمِنُ. وَالْأَوَّلُ عَلَيْهِ الْجُمْهُورُ من أهل (العلم «١» والتأويل. قَالَ الْأَصَمُّ: الْمُرَادُ بِالْعَبْدِ الْمَمْلُوكِ الَّذِي رُبَّمَا يَكُونُ أَشَدَّ مِنْ مَوْلَاهُ أَسْرًا «٢» وَأَنْضَرَ وَجْهًا، وَهُوَ لِسَيِّدِهِ ذَلِيلٌ لَا يَقْدِرُ إِلَّا عَلَى مَا أَذِنَ لَهُ فِيهِ، فَقَالَ اللَّهُ تَعَالَى ضَرْبًا لِلْمِثَالِ. أَيْ فَإِذَا كَانَ هَذَا شَأْنُكُمْ وَشَأْنُ عَبِيدِكُمْ فَكَيْفَ جَعَلْتُمْ أَحْجَارًا مَوَاتًا شُرَكَاءَ لِلَّهِ تَعَالَى فِي خَلْقِهِ وَعِبَادَتِهِ، وَهِيَ لَا تَعْقِلُ وَلَا تَسْمَعُ. الثَّانِيَةُ- فَهِمَ الْمُسْلِمُونَ مِنْ هَذِهِ الْآيَةِ وَمِمَّا قَبْلَهَا نُقْصَانَ رُتْبَةِ الْعَبْدِ عَنِ الْحُرِّ فِي الْمِلْكِ، وَأَنَّهُ لَا يَمْلِكُ شَيْئًا وَإِنْ مَلَكَ. قَالَ أَهْلُ الْعِرَاقِ: الرِّقُّ يُنَافِي الْمِلْكَ، فَلَا يَمْلِكُ شَيْئًا أَلْبَتَّةَ بِحَالٍ، وَهُوَ قَوْلُ الشَّافِعِيِّ فِي الْجَدِيدِ، وَبِهِ قَالَ الْحَسَنُ وَابْنُ سِيرِينَ. وَمِنْهُمْ مَنْ قَالَ: يَمْلِكُ إِلَّا أَنَّهُ نَاقِصُ الْمِلْكِ، لِأَنَّ لِسَيِّدِهِ أَنْ يَنْتَزِعَهُ مِنْهُ أَيَّ وَقْتٍ شَاءَ، وَهُوَ قَوْلُ مَالِكٍ وَمَنِ اتَّبَعَهُ، وَبِهِ قَالَ الشَّافِعِيُّ فِي الْقَدِيمِ. وَهُوَ قَوْلُ أَهْلِ الظَّاهِرِ، وَلِهَذَا قَالَ أَصْحَابُنَا: لَا تَجِبُ عَلَيْهِ عِبَادَةُ الْأَمْوَالِ مِنْ زَكَاةٍ وَكَفَّارَاتٍ، وَلَا مِنْ عِبَادَاتِ الْأَبْدَانِ مَا يَقْطَعُهُ عَنْ خِدْمَةِ سَيِّدِهِ كَالْحَجِّ وَالْجِهَادِ وَغَيْرِ ذَلِكَ. وَفَائِدَةُ هَذِهِ الْمَسْأَلَةِ أَنَّ سَيِّدَهُ لَوْ مَلَّكَهُ جَارِيَةً جَازَ لَهُ أَنْ يَطَأَهَا بِمِلْكِ الْيَمِينِ، وَلَوْ مَلَّكَهُ أَرْبَعِينَ مِنَ الْغَنَمِ فَحَالَ عَلَيْهَا الْحَوْلُ لَمْ تَجِبْ عَلَى السَّيِّدِ زَكَاتُهَا لِأَنَّهَا مِلْكُ غَيْرِهِ، وَلَا عَلَى الْعَبْدِ لِأَنَّ مِلْكَهُ غَيْرُ مُسْتَقِرٍّ. وَالْعِرَاقِيُّ يَقُولُ: لَا يَجُوزُ لَهُ أَنْ يَطَأَ الْجَارِيَةَ، وَالزَّكَاةُ فِي النِّصَابِ وَاجِبَةٌ عَلَى السَّيِّدِ كَمَا كَانَتْ. وَدَلَائِلُ هَذِهِ الْمَسْأَلَةِ لِلْفَرِيقَيْنِ فِي كُتُبِ الْخِلَافِ. وَأَدَلُّ دَلِيلٍ لَنَا قَوْلُهُ تَعَالَى: " اللَّهُ الَّذِي خَلَقَكُمْ ثُمَّ رَزَقَكُمْ «٣» " فَسَوَّى بَيْنَ الْعَبْدِ وَالْحُرِّ فِي الرِّزْقِ وَالْخَلْقِ. وَقَالَ عَلَيْهِ السَّلَامُ: مَنْ أَعْتَقَ عَبْدًا وَلَهُ مَالٌ ... " فَأَضَافَ الْمَالَ إِلَيْهِ. وَكَانَ ابْنُ عُمَرَ يَرَى عَبْدَهُ يَتَسَرَّى فِي مَالِهِ فَلَا يَعِيبُ عَلَيْهِ ذَلِكَ. وَرُوِيَ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ أَنَّ عَبْدًا لَهُ طَلَّقَ امْرَأَتَهُ طَلْقَتَيْنِ فَأَمَرَهُ أَنْ يَرْتَجِعَهَا بِمِلْكِ الْيَمِينِ، فَهَذَا دَلِيلٌ عَلَى أَنَّهُ يَمْلِكُ مَا بِيَدِهِ وَيَفْعَلُ فِيهِ مَا يَفْعَلُ الْمَالِكُ فِي مِلْكِهِ مَا لَمْ يَنْتَزِعْهُ سيده. والله أعلم.
(١). من ى. (٢). الأسر: الخلق. (٣). راجع ج ١٤ ص ٤٠.

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