[Sourate an-Naḥl (16), versets 73-74]
« Ils adorent, en dehors d’Allah, ce qui ne possède pour eux aucune subsistance venue des cieux ni de la terre, pas même la plus petite part, et ces idoles n’en sont d’ailleurs pas capables.
Ne proposez donc pas à Allah des comparaisons ; certes, Allah sait, tandis que vous, vous ne savez pas. »
Parole du Très-Haut : « Ils adorent, en dehors d’Allah, ce qui ne possède pour eux aucune subsistance venue des cieux… »
– « des cieux » : c’est-à-dire la pluie ;
– « et de la terre » : c’est-à-dire la végétation.
– « quoi que ce soit » (shay’an) : selon al-Akhfash, c’est un substitut (badal) du mot « subsistance » (rizq).
Al-Farrâ’ dit : ce terme est à l’accusatif parce que le verbe « accorder la subsistance » s’y rapporte ; autrement dit : « Ils adorent ce qui est incapable de leur procurer la moindre subsistance. »
– « ils ne le peuvent pas » : c’est-à-dire qu’ils n’ont aucun pouvoir, allusion aux idoles.
– « Ne proposez donc pas à Allah des comparaisons » : ne Lui assimilez pas ces êtres inanimés, car Il est l’Unique, le Tout-Puissant, sans pareil – comme il a déjà été expliqué.
[Sourate an-Naḥl (16), verset 75]
« Allah propose une parabole : un esclave, propriété d’autrui, incapable de rien, et un homme à qui Nous avons octroyé de Notre part une belle subsistance et qui en dépense, en secret comme au grand jour. Sont-ils égaux ? Louange à Allah ! Mais la plupart d’entre eux ne savent pas. »
Ce verset comporte cinq questions.
Première question :
Parole du Très-Haut : « Allah propose une parabole ».
Par cette parabole, Allah attire l’attention sur l’égarement des polythéistes. Elle s’inscrit dans le prolongement de ce qui précède, où sont évoqués les bienfaits d’Allah à leur égard et l’incapacité de leurs divinités à leur accorder quoi que ce soit.
« Allah propose une parabole » : c’est-à-dire qu’Il expose une comparaison claire, puis Il l’explique ainsi : « un esclave propriété d’autrui… » Autrement dit : de même qu’à vos yeux il n’y a aucune parité entre, d’une part, un esclave asservi, dénué de toute maîtrise sur ses affaires, et, d’autre part, un homme libre à qui il a été accordé une généreuse subsistance, de même il n’existe aucune parité entre Moi et ces idoles.
L’élément pris comme exemple dans ce verset est donc un esclave de cette nature : propriété d’autrui, ne possédant rien ni de ses biens ni de ses propres affaires, totalement soumis à la volonté de son maître.
Il ne découle pas de ce verset que tous les esclaves soient nécessairement de cette condition ; en effet, selon les spécialistes de la langue, le nom indéfini employé de façon affirmative n’implique pas la généralité : il ne désigne qu’un seul individu. Ce n’est que lorsqu’il suit un ordre, une interdiction ou qu’il est annexé à un nom d’action qu’il revêt un caractère d’universalité, comme dans la parole : « Affranchis un esclave et ne l’humilie pas. »