Parole du Très-Haut :
« Et Il vous a accordé, issues de vos épouses, des fils et des hafada »
Ce passage comporte cinq points :
Premièrement –
La parole du Très-Haut :
« Et Il vous a accordé, issues de vos épouses, des fils »
Il s’agit, de manière évidente, d’une énumération du bienfait que constituent les enfants. Leur existence procède des deux parents à la fois ; toutefois, comme la formation de l’enfant s’opère dans la mère et que c’est d’elle qu’il se sépare, le verset l’a rattaché à celle-ci. C’est pourquoi l’enfant la suit dans l’esclavage ou la liberté et devient son égal quant au statut patrimonial.
Ibn al-ʿArabî rapporte : « J’ai entendu l’imâm des Hanbalites à Madīnat as-Salām, Abû al-Wafâ ʿAlî b. ʿUqayl, dire : L’enfant suit la mère quant à la possession et reçoit son jugement touchant l’esclavage ou la liberté, car il s’est séparé du père sous la forme d’une simple goutte de sperme dépourvue de toute valeur marchande ou utilité. Tout ce qu’il a acquis, il l’a acquis par elle et grâce à elle ; c’est pour cette raison qu’il la suit. De même, si un homme mange une datte sur la terre d’autrui et qu’un noyau échappe de sa main pour tomber en terre et devenir ensuite un palmier, celui-ci appartient, à l’unanimité de la communauté, au propriétaire du terrain et non au mangeur, parce qu’il s’est séparé de ce dernier sans aucune valeur propre. »
Deuxièmement –
La parole du Très-Haut : « … et des hafada »
Ibn al-Qâsim rapporte de Mâlik qu’il l’interrogea au sujet du verset : « des fils et des hafada ». Il répondit : « À mon avis, les hafada sont les serviteurs et les auxiliaires. »
Il a été rapporté d’Ibn ʿAbbâs, au sujet de la parole divine « des hafada », qu’il s’agit des auxiliaires ; quiconque te prête assistance t’a « hafada ».
On lui demanda : « Les Arabes emploient-elles ce terme ainsi ? » Il répondit : « Oui ; n’as-tu pas entendu le vers du poète :
Ḥafada l-walāʾidu ḥawlahunna wa-aslamat … bi-akuffihinna azimmata l-ajmāl
autrement dit : “les servantes se sont hâtées de servir”. »
Les walāʾid sont les servantes, au singulier walīdah.
Al-Aʿshâ a dit :
Kallaftu majhûlahā nûqan yamâniyata … idhâ l-ḥudâtu ʿalâ aksāʾihā ḥafadû
c’est-à-dire : « ils se sont dépêchés. »
Ibn ʿArafah déclare : « Chez les Arabes, al-ḥafada désigne les auxiliaires ; quiconque accomplit une tâche avec obéissance et empressement est un ḥāfid. » Il ajoute : « De là l’expression : “Vers Toi nous nous hâtons et nous “naḥfid””, et les mots al-ḥafadān signifient la rapidité. »
Abû ʿUbayd dit : « Al-ḥafd désigne l’action et le service. »
Al-Khalîl b. Aḥmad dit : « Chez les Arabes, al-ḥafada sont les serviteurs », et c’est également l’avis de Mujāhid.
Al-Azharî rapporte qu’il est dit que les ḥafada seraient les petits-enfants, propos attribués à Ibn ʿAbbâs. D’autres ont affirmé qu’il s’agit des gendres ; c’est l’opinion d’Ibn Masʿûd, ʿAlqamah, Abû Ḍaḥḥâ, Saʿîd b. Jubayr et Ibrâhîm.