Huitième point – L’imâm Mâlik et un groupe de ses disciples estiment qu’aucune zakât n’est due sur le miel, bien qu’il s’agisse d’un aliment consommé et susceptible d’être emmagasiné. Les propos d’ash-Shâfiʿî divergent sur cette question ; toutefois, dans sa position la plus récente (al-qawl al-jadîd) il tranche, lui aussi, qu’il n’y a pas de zakât à prélever.
Abû Ḥanîfa oblige, quant à lui, la zakât sur le miel, quelle qu’en soit la quantité, car l’existence d’un niṣâb n’est pas, selon lui, une condition dans ce cas. Muḥammad ibn al-Ḥasan considère qu’aucun prélèvement n’est dû tant que la quantité n’atteint pas huit afrâq, le farq correspondant à trente-six raṭl, d’après la mesure irakienne. Abû Yûsuf exige, pour sa part, un ziqq (outre de cuir) pour chaque dix azqâq, en se fondant sur le ḥadith rapporté par at-Tirmidhî, d’après Ibn ʿUmar : « Pour le miel, un ziqq est dû pour chaque dix azqâq. » Abû ʿÎsâ (at-Tirmidhî) précise : « Sa chaîne de transmission comporte une faiblesse et aucun ḥadith authentique n’est rapporté, dans ce chapitre, d’après le Prophète – que les bénédictions et le salut d’Allâh soient sur lui. » Malgré cela, la plupart des gens de science agissent selon cet avis, tout comme Aḥmad et Isḥâq. D’autres savants, toutefois, soutiennent qu’aucune zakât n’est due sur le miel.
Neuvième point – Parole du Très-Haut : « Certes, voilà bien un signe pour des gens qui réfléchissent. » Autrement dit, pour ceux qui tirent des enseignements. Parmi les leçons que l’on peut tirer en observant l’abeille, avec équité et finesse d’esprit, et en méditant sur l’extraordinaire ordre qui la régit, ressort la conviction que Celui qui lui a inspiré cet art subtil, malgré la faiblesse de sa constitution, et cette habileté ingénieuse dans la diversité de ses tâches, n’est autre qu’Allâh, – exalté soit-Il –, comme Il dit : « Ton Seigneur inspira l’abeille… »
Elle se nourrit du suret, de l’amer, du doux, du salé, ainsi que d’herbes nuisibles, et Allâh – Très-Haut – transforme tout cela en un miel doux et en un remède. Voilà là un preuve éclatante de Sa toute-puissance.
Puis vient la parole du Très-Haut (sourate an-Naḥl, 16 : 70) : « Allâh vous a créés, puis Il vous fait mourir, et il en est parmi vous qui sont ramenés au plus vil de l’âge, de sorte qu’après avoir su, ils ne sachent plus rien. Allâh est, certes, Omniscient, Omnipotent. »
Le Très-Haut dit : « Allâh vous a créés, puis Il vous fait mourir » : le sens en est explicite. Quant au passage « et il en est parmi vous qui sont ramenés au plus vil de l’âge », il signifie : la phase la plus dégradée et la plus basse. Il a également été dit : celle où ses forces et sa raison déclinent, jusqu’à sombrer dans la sénilité et ce qui s’y apparente. Ibn ʿAbbâs a déclaré : c’est-à-dire au terme extrême de la vie, où l’homme devient semblable à l’enfant dépourvu de discernement ; les deux explications se recoupent.
Dans le Ṣaḥîḥ d’al-Bukhârî, d’après Anas ibn Mâlik, il est rapporté que le Messager d’Allâh – que les bénédictions et la paix d’Allâh soient sur lui – avait coutume de chercher refuge (en disant)