La majorité des savants. Il est rapporté qu’Ibn ʿUmar se fit cautériser pour soigner la paralysie faciale (al-laqwah) et qu’on récita sur lui une ruqya contre la piqûre de scorpion. Ibn Sîrîn mentionne, pour sa part, qu’Ibn ʿUmar faisait boire à son enfant du thériaque (antipoison).
Mâlik – qu’Allâh lui fasse miséricorde – a dit : « Il n’y a là aucun inconvénient. »
Ceux qui réprouvent ces pratiques s’appuient sur le hadith rapporté par Abû Hurayra : le Messager d’Allâh – paix et bénédictions d’Allâh sur lui – a dit :
« Une communauté est entrée tout entière – ses grands comme ses petits – au Paradis : ils ne volaient pas, ne se cautérisaient pas et ne se livraient pas au pessimisme (tatayyur) ; et c’est à leur Seigneur qu’ils plaçaient leur confiance. »
Ils en concluent qu’il incombe au croyant d’abandonner ces moyens médicaux, afin de s’attacher à Allâh, de mettre sa confiance en Lui, de s’en remettre entièrement à Lui et de se couper de toute autre cause. En effet, Allâh – Très-Haut – connaît les jours de maladie comme les jours de santé ; si les créatures s’efforçaient d’en diminuer ou d’en augmenter la durée, elles n’y parviendraient point. Le Très-Haut dit :
« Nulle calamité n’atteint la terre ni vos personnes sans qu’elle ne soit consignée dans un Livre avant que Nous ne la produisions. »
Plusieurs gens de vertu et de transmission ont adopté cette position ; c’est l’avis d’Ibn Masʿûd et d’Abû ad-Dardâ’ – qu’Allâh les agrée.
ʿUthmân b. ʿAffân entra auprès d’Ibn Masʿûd, malade de l’affection qui l’emporta, et lui dit :
– De quoi te plains-tu ?
– De mes péchés, répondit-il.
– Qu’aimerais-tu ?
– La miséricorde de mon Seigneur.
– Veux-tu que je fasse venir un médecin ?
– C’est le Médecin qui m’a rendu malade… (et il mentionna le reste du hadith, lequel sera rapporté intégralement, si Allâh le veut, dans le chapitre sur les mérites de la sûrat al-Wâqiʿa).
Wakîʿ rapporte : Abû Hilâl nous a transmis d’après Muʿâwiya b. Qurra qu’Abû ad-Dardâ’ tomba malade. On vint lui rendre visite et on lui dit : « Ne voulons-nous pas appeler un médecin pour toi ? » Il répondit : « C’est le Médecin qui m’a alité. » Cette opinion fut également celle de ar-Rabîʿ b. Khaytham.
Saʿîd b. Jubayr réprouvait les incantations (ruqya). Al-Hasan (al-Basrî) n’aimait aucun médicament, à l’exception du lait et du miel.
Les premiers savants ont répondu au hadith évoqué qu’il ne constitue pas une preuve absolue, car il se peut que le Prophète – paix et bénédictions sur lui – ait visé un type particulier de cautérisation blâmable. La preuve en est qu’il cautérisa ʿUbayy, le jour des Coalisés, à la veine médiane du bras (al-akhal) lorsqu’il fut blessé. Il a encore dit : « La guérison se trouve dans trois choses », comme cela a été cité précédemment.
Il se peut également qu’il ait fait allusion, concernant les ruqya, à celles qui ne reposent pas sur le Livre d’Allâh. Or le Très-Haut a dit : « Nous faisons descendre du Coran ce qui est guérison », comme cela sera expliqué. Le Prophète a lui-même pratiqué la ruqya sur ses Compagnons et leur a ordonné d’y recourir, comme cela sera détaillé ultérieurement.