Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

La diarrhée consécutive aux excès alimentaires et aux « hayḍāt » (1) – c’est-à-dire les évacuations intestinales violentes – est, selon l’unanimité des médecins, une affection dont le traitement consiste à laisser la nature accomplir son œuvre. Si celle-ci a néanmoins besoin d’être secondée dans son action purgative, on l’y aide tant que les forces du malade demeurent intactes ; mais la retenir serait nuisible.

Partant de ce principe, nous disons : il est possible que l’homme en question eût été atteint d’une diarrhée due à une surcharge et à un « hayḍa ». Le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – lui prescrivit alors de boire du miel ; celui-ci accentua d’abord l’évacuation jusqu’à ce que la matière morbide fût totalement éliminée, puis la diarrhée cessa, et le breuvage au miel se révéla approprié. Si l’objection soulevée sort du cadre de l’art médical, cela dénote l’ignorance de celui qui la formule en cette matière.

Il (l’imâm) dit : « Nous n’avons nul besoin que les médecins corroborent la parole de notre Prophète. S’ils la démentaient, nous les démentirions, les déclarerions mécréants et tiendrions pour véridique le Messager – qu’Allah prie sur lui et le salue. Et si l’observation empirique venait confirmer la justesse de leurs propos, nous serions alors tenus de rechercher une interprétation du discours du Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – et de l’expliquer de façon recevable, car la preuve est établie qu’il ne ment pas. »

Septième point : La parole du Très-Haut : « En lui se trouve une guérison pour les gens » constitue une preuve de la licéité de se soigner, que ce soit par l’absorption de médicaments ou par d’autres moyens, contrairement à l’avis de certains éminents savants qui le répugnaient. Elle réfute également les soufis qui prétendent que la walāya (sainteté) n’est parfaite que si l’on accepte sans broncher toutes les épreuves qui s’abattent et qu’il est interdit de rechercher un remède. Aucune valeur, donc, à l’objection de celui qui rejette cela.

Le Ṣaḥīḥ rapporte, d’après Jâbir, que le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – a dit : « À tout mal existe un remède ; lorsque le remède atteint le mal, il guérit, par la permission d’Allah. »

Abû Dâwûd et at-Tirmidhî rapportent d’après Usâma b. Sharîk : Des bédouins dirent : « Ô Messager d’Allah, ne devons-nous pas nous soigner ? » – « Oui, ô serviteurs d’Allah, soignez-vous ! Car Allah n’a fait descendre aucun mal sans avoir placé pour lui une guérison – ou un remède – sauf une seule maladie. » Ils demandèrent : « Et quelle est-elle, ô Messager d’Allah ? » – « La sénilité (al-haram). » Version d’at-Tirmidhî, qui dit : « Hadith hasan ṣaḥîḥ. »

Il est également rapporté d’après Abû Khuẓâma, via son père : « J’ai interrogé le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – : “Ô Messager d’Allah, les incantations que nous prononçons, les remèdes dont nous nous soignons, les moyens de protection auxquels nous recourons, repoussent-ils quelque chose du décret d’Allah ?” – “Ils font partie du décret d’Allah”, répondit-il. » Hadith hasan, et l’on ne connaît d’Abû Khuẓâma aucun autre hadith.

Le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – a encore dit : « Si quelque bien se trouve dans vos médications, il est dans une saignée effectuée par le hijâma, une gorgée de miel ou une cautérisation au feu ; toutefois, je n’aime pas me faire cautériser. » Rapporté par le Ṣaḥīḥ. Les hadiths sur ce sujet sont trop nombreux pour être dénombrés, et ils établissent la licéité de la thérapie et de la ruqya.

(1) Pluriel de « hayḍa », évacuation intestinale abondante.

الْحَادِثُ عَنِ التُّخَمِ وَالْهَيْضَاتِ «١» ، وَالْأَطِبَّاءُ مُجْمِعُونَ فِي مِثْلِ هَذَا عَلَى أَنَّ عِلَاجَهُ بِأَنْ يُتْرَكَ لِلطَّبِيعَةِ وَفِعْلِهَا، وَإِنِ احْتَاجَتْ إِلَى مُعِينٍ عَلَى الْإِسْهَالِ أُعِينَتْ مَا دَامَتِ الْقُوَّةُ بَاقِيَةٌ، فَأَمَّا حَبْسُهَا فَضَرَرٌ، فَإِذَا وَضَحَ هَذَا قُلْنَا: فَيُمْكِنُ أَنْ يَكُونَ ذَلِكَ الرَّجُلُ أَصَابَهُ الْإِسْهَالُ عَنِ امْتِلَاءٍ وَهَيْضَةٍ فَأَمَرَهُ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِشُرْبِ الْعَسَلِ فَزَادَهُ إِلَى أَنْ فَنِيَتِ الْمَادَّةُ فَوَقَفَ الْإِسْهَالُ فَوَافَقَهُ شُرْبُ الْعَسَلِ. فَإِذَا خَرَجَ هَذَا عَنْ صِنَاعَةِ الطِّبِّ أَذِنَ ذَلِكَ بِجَهْلِ الْمُعْتَرِضِ بِتِلْكَ الصِّنَاعَةِ. قَالَ: وَلَسْنَا نَسْتَظْهِرُ عَلَى قَوْلِ نَبِيِّنَا بِأَنْ يُصَدِّقَهُ الْأَطِبَّاءُ بَلْ لَوْ كَذَّبُوهُ لَكَذَّبْنَاهُمْ وَلَكَفَّرْنَاهُمْ وَصَدَّقْنَاهُ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، فَإِنْ أَوْجَدُونَا بِالْمُشَاهَدَةِ صِحَّةَ مَا قَالُوهُ فَنَفْتَقِرُ حِينَئِذٍ إِلَى تَأْوِيلِ كَلَامِ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَتَخْرِيجِهِ عَلَى مَا يَصِحُّ إِذْ قَامَتِ الدَّلَالَةُ عَلَى أَنَّهُ لَا يَكْذِبُ. السَّابِعَةُ- فِي قَوْلِهِ تَعَالَى: (فِيهِ شِفاءٌ لِلنَّاسِ) دَلِيلٌ عَلَى جَوَازِ التَّعَالُجِ بِشُرْبِ الدَّوَاءِ وَغَيْرِ ذَلِكَ خِلَافًا لِمَنْ كَرِهَ ذَلِكَ مِنْ جِلَّةِ الْعُلَمَاءِ، وَهُوَ يَرُدُّ عَلَى الصُّوفِيَّةِ الَّذِينَ يَزْعُمُونَ أَنَّ الْوِلَايَةَ لَا تَتِمُّ إِلَّا إِذَا رَضِيَ بِجَمِيعِ مَا نَزَلَ بِهِ مِنَ الْبَلَاءِ، وَلَا يَجُوزُ لَهُ مُدَاوَاةً. وَلَا مَعْنَى لِمَنْ أَنْكَرَ ذَلِكَ، رَوَى الصَّحِيحُ عَنْ جَابِرٍ عَنْ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنَّهُ قَالَ: " لِكُلِّ دَاءٍ دَوَاءٌ فَإِذَا أُصِيبَ دَوَاءُ الدَّاءِ بَرَأَ بِإِذْنِ اللَّهِ" . وَرَوَى أَبُو دَاوُدَ وَالتِّرْمِذِيُّ عَنْ أُسَامَةَ بْنِ شَرِيكٍ قَالَ قَالَتِ الْأَعْرَابُ: أَلَا نَتَدَاوَى يَا رَسُولَ اللَّهِ؟ قَالَ: " نَعَمْ. يَا عِبَادَ اللَّهِ تَدَاوَوْا فَإِنَّ اللَّهَ لَمْ يَضَعْ دَاءً إِلَّا وَضَعَ لَهُ شفاء أو دواء إلا داء واحد" قَالُوا: يَا رَسُولَ اللَّهِ وَمَا هُوَ؟ قَالَ: " الْهَرَمُ" لَفْظُ التِّرْمِذِيِّ، وَقَالَ: حَدِيثٌ حَسَنٌ صَحِيحٌ. ورو ي عَنْ أَبِي خُزَامَةَ عَنْ أَبِيهِ قَالَ: سَأَلْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقُلْتُ: يَا رَسُولَ اللَّهِ، أَرَأَيْتَ رُقًى نَسْتَرْقِيهَا وَدَوَاءً نَتَدَاوَى بِهِ وَتُقَاةً نَتَّقِيهَا، هَلْ تَرُدُّ مِنْ قَدَرِ اللَّهِ شَيْئًا؟ قَالَ: " هِيَ مِنْ قَدَرِ اللَّهِ" قَالَ: حَدِيثٌ حَسَنٌ، وَلَا يُعْرَفُ لِأَبِي خُزَامَةَ غَيْرُ هَذَا الْحَدِيثِ. وَقَالَ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: " إن كان في شي مِنْ أَدْوِيَتِكُمْ خَيْرٌ فَفِي شَرْطَةِ مِحْجَمٍ أَوْ شَرْبَةٍ مِنْ عَسَلٍ أَوْ لَذْعَةٍ بِنَارٍ وَمَا أُحِبُّ أَنْ أَكْتَوِيَ" أَخْرَجَهُ الصَّحِيحُ. وَالْأَحَادِيثُ فِي هَذَا الْبَابِ أَكْثَرُ مِنْ أَنْ تُحْصَى. وَعَلَى إباحة التداوي والاسترقاء
(١). الهيضات: جمع هيضة، وهى انطلاق البطن.

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