Les médicaments n’agissent qu’en certaines circonstances et non en d’autres. L’utilité du verset consiste donc à nous informer que le miel est un remède, car les guérisons obtenues par son intermédiaire sont nombreuses et il est devenu un composant et un adjuvant essentiel aux traitements, qu’ils soient sous forme de breuvages ou d’électuaires. Ce n’est pas la première fois qu’un terme reçoit une portée particulière ; le Coran en est rempli, et, dans la langue arabe, il arrive fréquemment qu’un mot d’apparence générale ait un sens particulier, et qu’un mot particulier ait un sens général.
Parmi les indices démontrant qu’il ne s’agit pas d’une généralité absolue, il y a le fait que le mot « guérison » est au singulier indéterminé dans une phrase affirmative ; or, selon l’unanimité des linguistes, des savants rigoureux et des spécialistes des fondements, une telle construction n’emporte pas l’idée de généralité. Cependant, un groupe de personnes véridiques et résolues l’ont compris dans un sens général ; ils se soignaient donc par le miel pour toutes sortes de douleurs et de maladies, et ils guérissaient de leurs maux par la bénédiction du Coran et grâce à la fermeté de leur foi et de leur certitude.
Ibn al-ʿArabî dit : « Celui dont l’intention est faible et dont les habitudes l’emportent sur la religion comprendra le verset selon l’avis des médecins. Tout cela relève néanmoins de la sagesse de Celui qui agit comme Il veut. »
Cinquième point : Si quelqu’un objecte : « Nous avons vu des personnes à qui le miel profite et d’autres qu’il nuit ; comment peut-il alors être une guérison pour les gens ? », on lui répondra : l’eau est la vie de toute chose, et pourtant il arrive qu’elle tue lorsqu’elle est absorbée à contre-indication d’un état pathologique. De même, nous avons observé l’efficacité curative du miel dans la plupart de ces breuvages, comme l’a expliqué az-Zajjâj. Tous les médecins, sans exception, célèbrent l’utilité générale du sirop sikanjabîn pour toute maladie, et son ingrédient de base est le miel, tout comme dans les autres électuaires. De plus, le Prophète — paix et bénédiction d’Allâh sur lui — a levé toute ambiguïté, dissipant toute hésitation, lorsqu’il ordonna à l’homme qui se plaignait de douleurs abdominales de boire du miel. Lorsque son frère l’informa que cela n’avait fait qu’augmenter la diarrhée, il lui enjoignit de reprendre le breuvage ; l’homme guérit alors, et il déclara : « Allâh a dit vrai et le ventre de ton frère a menti. »
Sixième point : Certains médecins zindiqs ont critiqué ce hadith et ont dit : « Les médecins sont unanimes à reconnaître l’effet laxatif du miel ; comment peut-on donc le prescrire à celui qui souffre de diarrhée ? » La réponse est que cette parole est recevable à condition que l’on ait foi en la parole du Prophète — sur lui la paix —, que l’on emploie le miel de la manière qu’il a indiquée et dans le cas qu’il a précisé, animés d’une intention sincère et d’une disposition intérieure saine ; on en constatera alors l’utilité et l’on percevra sa bénédiction, comme il arriva à l’homme mentionné, et à d’autres, ainsi qu’on l’a rapporté. Quant au prétendu « consensus », il témoigne de l’ignorance de son auteur en matière de transmission, puisqu’il n’a ni circonscrit ni qualifié ses propos.
L’imâm Abû ʿAbd Allâh al-Mâzirî dit : « Il convient de savoir que la diarrhée se produit pour de multiples causes, parmi lesquelles la diarrhée… »