Sa Parole – le Très-Haut – :
« Puis mange de tous les fruits. »
C’est-à-dire que l’abeille ne se nourrit en réalité que du pollen (nouâr) des arbres.
« Emprunte ensuite les voies de ton Seigneur »
autrement dit : les chemins de ton Seigneur.
Les « subul » désignent les routes, qu’Il a rapportées à Lui parce qu’Il en est le Créateur ; autrement dit : engage-toi dans les chemins que ton Seigneur t’a tracés pour rechercher ta subsistance dans les montagnes et au milieu des arbres.
« ðululan » est le pluriel de ðalûl, qui signifie « docile », c’est-à-dire : obéissante, soumise. Le mot « ðululan » est ici un état (ḥâl) se rapportant aux abeilles : elles se laissent conduire et vont où le souhaite leur propriétaire, puisqu’elles suivent leurs maîtres partout où ils se rendent, selon Ibn Zayd. D’aucuns ont dit que le terme « ðululan » se rapporte aux chemins eux-mêmes.
Le « yaʿsoub » est le chef des abeilles (1) : lorsqu’il s’arrête, elles s’arrêtent, et lorsqu’il se met en marche, elles se mettent en marche.
Sa Parole – le Très-Haut – :
« Il sort de leurs ventres une boisson de couleurs diverses ; en elle il y a une guérison pour les gens. »
Cette phrase comporte neuf questions.
Première question
Sa Parole – le Très-Haut – : « Il sort de leurs ventres… » Le discours revient ici à l’information, pour énumérer le bienfait et attirer l’attention sur la leçon, et Il dit : « … une boisson », c’est-à-dire le miel. La majorité des gens soutient que le miel sort de la bouche des abeilles. Il est rapporté de ʿAlî ibn Abî Tâlib – qu’Allâh l’agrée – qu’il a dit, pour rabaisser la vie d’ici-bas : « Le vêtement le plus noble du fils d’Adam ici-bas n’est que la salive d’un ver, et la boisson la plus noble qu’il consomme est l’excrétion d’une abeille. » L’apparence de cette parole laisse entendre qu’il sort d’un autre endroit que la bouche. En somme, le miel jaillit sans que l’on sache exactement si c’est de sa bouche ou de son abdomen, mais il n’acquiert sa perfection que grâce à la chaleur de leur haleine. Aristote confectionna même une ruche de verre pour observer la manière dont les abeilles œuvrent ; elles refusèrent de travailler jusqu’à ce qu’il enduisît l’intérieur du verre d’argile, comme le rapporte al-Ghaznawî.
Il a dit : « … de leurs ventres » car la transformation des aliments ne se fait que dans le ventre.
Deuxième question
Sa Parole – le Très-Haut – : « … de couleurs diverses ». Il vise par là leurs variétés : rouge, blanche, jaune, solide ou liquide ; bien qu’issues d’une seule et même mère, les productions diffèrent, preuve que la Puissance les a diversifiées selon la diversité de leur nourriture, tout comme leur goût varie en fonction de la variété des pâturages.
C’est dans ce sens que Zaynab dit au Prophète – qu’Allâh le bénisse et le salue – : « Son abeille a butiné l’arfaṭ (2) », lorsqu’elle assimila son odeur à celle du maghâfîr, gomme à l’odeur désagréable.