Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Quant à l’authenticité de la transmission, ‑ et ‘Abd al-Malik ne saurait en aucun cas se substituer à l’un d’eux, quand bien même serait-il épaulé par un groupe de ses semblables ‑, et c’est d’Allâh que vient la réussite.

S’agissant du troisième (récit), bien qu’il soit authentique, le Prophète – paix et bénédictions d’Allâh sur lui – ne le faisait pas boire à son serviteur parce qu’il aurait été enivrant, mais uniquement parce que la boisson avait changé d’odeur. Or le Messager d’Allâh – صلى الله عليه وسلم – répugnait que l’on sente pareille odeur émaner de lui ; c’est pourquoi il ne la but point.

C’est pour cette raison, d’ailleurs, que ses épouses recoururent à un subterfuge au sujet d’un miel parfumé au raisin sec, en lui disant : « Nous sentons chez toi une odeur de maghâfîr » – c’est-à-dire une odeur désagréable –, et il s’abstint alors d’en boire. Nous y reviendrons dans le chapitre du ḥarâm (1).

Quant au ḥadîth attribué à Ibn ‘Abbâs, il a été rapporté de lui, par ‘Atâ’, Ṭâwûs et Mudjâhid, qu’il a dit : « Tout ce dont la grande quantité enivre, la moindre quantité en est illicite. » Ce propos est également transmis de lui par Qays b. Dînâr, et telle est sa fatwâ concernant toute boisson enivrante, ainsi que l’a relaté ad-Dâraquṭnî. Le premier récit, en revanche, est rapporté par ‘Abd Allâh b. Shaddâd, mais l’ensemble (des transmetteurs) se sont opposés à lui ; dès lors, son opinion est caduque, d’autant qu’un texte établi du Prophète – صلى الله عليه وسلم – s’y oppose.

On rapporte de ‘Umar qu’il aurait dit : « Rien ne la fait se couper dans nos ventres sinon le nabîdh. » Il voulait par là parler d’un nabîdh non enivrant, comme nous l’avons montré.

An-Nasâ’î rapporte, d’après ‘Utbah b. Farqad : « Le nabîdh que but ‘Umar b. al-Khaṭṭâb avait déjà été transformé en vinaigre. » An-Nasâ’î ajoute : « Parmi les preuves de l’authenticité de cette version figure le ḥadîth d’as-Sâ’ib. »

Al-Hârith b. Miskîn, lisant devant moi et je l’entendais, rapporte d’après Ibn al-Qâsim : Malik nous a rapporté d’après Ibn Shihâb, d’après as-Sâ’ib b. Yazîd, que celui-ci lui raconta : ‘Umar b. al-Khaṭṭâb sortit vers nous et dit : « J’ai senti chez un tel l’odeur d’une boisson ; il prétend qu’il s’agit de sharb aṭ-ṭilâ’. Je vais l’interroger sur ce qu’il a bu ; si c’est enivrant, je le ferai fouetter. » Puis ‘Umar – qu’Allâh l’agrée – le fit fouetter intégralement la peine légale.

De même, dans son sermon prononcé sur la chaire du Messager d’Allâh – صلى الله عليه وسلم –, il déclara : « Ceci dit, ô gens ! L’interdiction du vin est descendue, et il peut être extrait de cinq choses : du raisin, du miel, des dattes, du blé et de l’orge. Le vin est tout ce qui voile la raison. » (Il en a déjà été question dans la sourate al-Mâ’idah) (2).

Objection : « Mais Ibrâhîm an-Nakha‘î, Abû Ja‘far aṭ-Ṭaḥâwî – l’imam de son époque –, ainsi que Sufyân ath-Thawrî en auraient permis la consommation. »

Réponse : An-Nasâ’î rapporte dans son ouvrage que le premier à avoir déclaré licite l’enivrant tiré des diverses nabîdh fut Ibrâhîm an-Nakha‘î ; c’est là une chute (zalla) de savant, et nous avons mis en garde contre les erreurs des savants. Aucune parole ne saurait prévaloir contre la Sunnah (3).

An-Nasâ’î rapporte encore d’après Ibn al-Mubârak : « Je n’ai trouvé aucun avis authentique permettant l’enivrant, si ce n’est chez Ibrâhîm. »

Abû Usâmah dit : « Je n’ai jamais vu… »

بِصِحَّةِ النَّقْلِ، وَعَبْدُ الْمَلِكِ لَا يَقُومُ مَقَامَ وَاحِدٍ مِنْهُمْ وَلَوْ عَاضَدَهُ مِنْ أَشْكَالِهِ جَمَاعَةٌ، وَبِاللَّهِ التَّوْفِيقُ. وَأَمَّا الثَّالِثُ وَإِنْ كَانَ صَحِيحًا فَإِنَّهُ مَا كَانَ يَسْقِيهِ لِلْخَادِمِ عَلَى أَنَّهُ مُسْكِرٌ، وَإِنَّمَا كَانَ يَسْقِيهِ لِأَنَّهُ مُتَغَيِّرُ الرَّائِحَةِ. وَكَانَ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَكْرَهُ أَنْ تُوجَدَ مِنْهُ الرَّائِحَةُ، فَلِذَلِكَ لَمْ يَشْرَبْهُ، وَلِذَلِكَ تحيل عليه أزواجه في عسل زبيب بِأَنْ قِيلَ لَهُ: إِنَّا نَجِدُ مِنْكَ رِيحَ مَغَافِيرَ، يَعْنِي رِيحًا مُنْكَرَةً، فَلَمْ يَشْرَبْهُ بَعْدُ. وَسَيَأْتِي فِي التَّحْرِيمِ «١» . وَأَمَّا حَدِيثُ ابْنِ عَبَّاسٍ فَقَدْ رُوِيَ عَنْهُ خِلَافُ ذَلِكَ مِنْ رِوَايَةِ عَطَاءٍ وَطَاوُسٍ وَمُجَاهِدٍ أَنَّهُ قَالَ: " مَا أَسْكَرَ كَثِيرُهُ فَقَلِيلُهُ حَرَامٌ" ، وَرَوَاهُ عَنْهُ قَيْسُ بْنُ دِينَارٍ. وَكَذَلِكَ فُتْيَاهُ فِي الْمُسْكِرِ، قَالَهُ الدَّارَقُطْنِيُّ. والحديث الأول رواه عنه عبد الله ابن شَدَّادٍ وَقَدْ خَالَفَهُ الْجَمَاعَةُ، فَسَقَطَ الْقَوْلُ بِهِ مَعَ مَا ثَبَتَ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ. وَأَمَّا مَا رُوِيَ عَنْ عُمَرَ مِنْ قَوْلِهِ: لَيْسَ يُقَطِّعُهُ فِي بُطُونِنَا إِلَّا النَّبِيذُ، فَإِنَّهُ يُرِيدُ غَيْرَ الْمُسْكِرِ بِدَلِيلِ مَا ذَكَرْنَا. وَقَدْ رَوَى النَّسَائِيُّ عَنْ عُتْبَةَ بْنِ فَرْقَدٍ قَالَ: كَانَ النَّبِيذُ الَّذِي شَرِبَهُ عُمَرُ بْنُ الْخَطَّابِ قَدْ خُلِّلَ. قَالَ النَّسَائِيُّ: وَمِمَّا يَدُلُّ عَلَى صِحَّةِ هَذَا حَدِيثُ السَّائِبِ، قَالَ الْحَارِثُ بْنُ مِسْكِينٍ قِرَاءَةً عَلَيْهِ وَأَنَا أَسْمَعُ عَنِ ابْنِ الْقَاسِمِ: حَدَّثَنِي مَالِكٌ عَنِ ابْنِ شِهَابٍ عَنِ السَّائِبِ بْنِ يَزِيدَ، أَنَّهُ أَخْبَرَهُ أَنَّ عُمَرَ بْنَ الْخَطَّابِ خَرَجَ عَلَيْهِمْ فَقَالَ: إِنِّي وَجَدْتُ مِنْ فُلَانٍ رِيحَ شَرَابٍ، فَزَعَمَ أَنَّهُ شَرَابَ الطِّلَاءِ، وَأَنَا سَائِلٌ عَمَّا شَرِبَ، فَإِنْ كَانَ مُسْكِرًا جَلَدْتُهُ، فَجَلَدَهُ عُمَرُ بْنُ الْخَطَّابِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ الْحَدَّ تَامًّا. وَقَدْ قَالَ فِي خُطْبَتِهِ عَلَى مِنْبَرِ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: أَمَّا بَعْدُ، أَيُّهَا النَّاسُ فَإِنَّهُ نَزَلَ تَحْرِيمُ الْخَمْرِ وَهِيَ مِنْ خَمْسَةٍ: مِنَ الْعِنَبِ وَالْعَسَلِ وَالتَّمْرِ وَالْحِنْطَةِ وَالشَّعِيرِ. وَالْخَمْرُ مَا خَامَرَ الْعَقْلَ. وَقَدْ تَقَدَّمَ فِي " الْمَائِدَةِ «٢» " . فَإِنْ قِيلَ: فَقَدْ أَحَلَّ شُرْبَهُ إِبْرَاهِيمُ النَّخَعِيُّ وَأَبُو جَعْفَرٍ الطَّحَاوِيُّ وَكَانَ إِمَامَ أَهْلِ زَمَانِهِ، وَكَانَ سُفْيَانُ الثَّوْرِيُّ يَشْرَبُهُ. قُلْنَا: ذَكَرَ النَّسَائِيُّ فِي كِتَابِهِ أَنَّ أَوَّلَ مَنْ أَحَلَّ الْمُسْكِرَ مِنَ الْأَنْبِذَةِ إِبْرَاهِيمُ النَّخَعِيُّ، وَهَذِهِ زَلَّةٌ مِنْ عَالِمٍ وَقَدْ حَذَّرْنَا مِنْ زَلَّةِ الْعَالِمِ، وَلَا حُجَّةَ فِي قَوْلِ أَحَدٍ مَعَ السُّنَّةِ «٣» . وَذَكَرَ النَّسَائِيُّ أَيْضًا عَنِ ابْنِ الْمُبَارَكِ قَالَ: مَا وَجَدْتُ الرُّخْصَةَ فِي الْمُسْكِرِ عَنْ أَحَدٍ صَحِيحًا إِلَّا عَنْ إِبْرَاهِيمَ. قَالَ أَبُو أُسَامَةَ: ما رأيت
(١). راجع ج ١٨ ص ١٧٧. (٢). راجع ج ٢٨٥. (٣). لعل ما يشربه النخعي وهو إمام- ليس من النبيذ المسكر فإن منه ما لم يبلغ حد الإسكار.

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