Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Ibn Abî Waqqâs – qu’Allâh l’agrée – se contentait de frotter le sperme de son vêtement.

Ibn ‘Abbâs – qu’Allâh l’agrée – a dit : « Il est semblable à une glaire ; écarte-le de toi à l’aide d’une touffe d’idhkhir et essuie-le avec un tissu. »

Objection : Il est pourtant authentiquement rapporté d’après ‘Â’isha – qu’Allâh l’agrée – qu’elle a dit : « Je lavais la semence du vêtement du Messager d’Allâh ﷺ, puis il sortait pour la prière vêtu de ce même habit, alors que je voyais encore la trace du lavage. »

Réponse : Il se peut qu’elle ne l’ait lavé que par dégoût, comme on retire d’un vêtement toute chose répugnante, non pas par considération d’impureté rituelle ; ainsi les hadiths se concilient. Allâh sait mieux.

Mâlik, ses compagnons et al-Awzâ‘î soutiennent qu’il est impur. Mâlik a déclaré : « Le lavage de ce qui résulte d’un rêve érotique sur l’habit est un devoir unanimement reconnu chez nous » ; telle est aussi l’opinion des savants de Koufa. Il est rapporté de ‘Umar ibn al-Khattâb, Ibn Mas‘ûd et Jâbir ibn Samura – qu’Allâh les agrée – qu’ils le lavaient de leurs vêtements. Le propos diverge au sujet d’Ibn ‘Umar et de ‘Â’isha. Les Successeurs (at-Tâbi‘ûn) se sont partagés entre ces deux avis quant à l’impureté ou la pureté du sperme.

Septième point : Ce verset prouve la licéité de tirer profit du lait, tant pour la boisson que pour d’autres usages. Quant au lait d’une bête morte, il n’est pas permis d’en faire usage : c’est un liquide pur contenu dans un récipient impur, car la mamelle de la bête morte est impure alors que le lait est pur ; une fois trait, il provient donc d’un contenant souillé.

S’agissant du lait d’une femme décédée, nos condisciples ont divergé : celui qui considère que l’être humain est pur, vivant ou mort, le tient pour pur ; celui qui estime que le corps devient impur par la mort, le juge impur. Selon les deux opinions, l’interdiction de mariage par l’allaitement demeure, car le nourrisson peut s’en alimenter comme il s’alimente du lait d’une vivante. En effet, le Messager d’Allâh ﷺ a dit : « L’allaitement qui entraîne l’interdiction est celui qui fait croître la chair et fortifier l’os. » Il n’a fait aucune distinction, comme cela a déjà été exposé dans la sourate an-Nisâ’.

Huitième point : La parole du Très-Haut : « sâ’ighan li-sh-shâribîn » – « agréable à avaler pour ceux qui le boivent » – signifie : savoureux, facile, qui ne fait pas suffoquer celui qui le boit. On dit : sāgha ash-sharâbu yasūghu sawghan, c’est-à-dire la boisson passe aisément dans la gorge ; asāghahu son buveur ; sughtuhu, je l’ai fait avaler ; la forme transitive la meilleure étant asaghtuhu isâghatan. On dit encore : « Asigh lī ghuṣṣatī » – « laisse-moi reprendre mon souffle, ne me presse pas. »

Le Très-Haut dit : « Il l’avalera péniblement sans pouvoir le faire passer. » Le « siwâgh » (avec kasra sur le sīn) est ce par quoi l’on fait descendre ce qui obstrue la gorge ; on dit : « L’eau est le siwâgh des étranglements. » Al-Kumayt a dit :
« Cela fut pour moi un siwâgh lorsque je traversai un étranglement. »

Il est rapporté que nul n’a jamais été pris de suffocation en buvant du lait ; on le rapporte également du Prophète ﷺ.

ابن أَبِي وَقَّاصٍ يَفْرُكُ الْمَنِيَّ مِنْ ثَوْبِهِ. وَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: هُوَ كَالنُّخَامَةِ أَمِطْهُ عَنْكَ بِإِذْخِرَةٍ وَامْسَحْهُ بِخِرْقَةٍ. فَإِنْ قِيلَ: فَقَدْ ثَبَتَ عَنْ عَائِشَةَ أَنَّهَا قَالَتْ: كُنْتُ أَغْسِلُ الْمَنِيَّ مِنْ ثَوْبِ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ ثُمَّ يَخْرُجُ إِلَى الصَّلَاةِ فِي ذَلِكَ الثَّوْبِ وَأَنَا أَنْظُرُ إِلَى أَثَرِ الْغَسْلِ فِيهِ. قُلْنَا: يَحْتَمِلُ أَنْ تَكُونَ غَسَلَتْهُ اسْتِقْذَارًا كَالْأَشْيَاءِ الَّتِي تزال من الثوب لا لنجاسة، وَيَكُونُ هَذَا جَمْعًا بَيْنَ الْأَحَادِيثِ. وَاللَّهُ أَعْلَمُ. وَقَالَ مَالِكٌ وَأَصْحَابُهُ وَالْأَوْزَاعِيُّ: هُوَ نَجِسٌ. قَالَ مَالِكٌ: غَسْلُ الِاحْتِلَامِ مِنَ الثَّوْبِ أَمْرٌ وَاجِبٌ مُجْتَمَعٌ عَلَيْهِ عِنْدَنَا، وَهُوَ قَوْلُ الْكُوفِيِّينَ. وَيُرْوَى عَنْ عُمَرَ بْنِ الْخَطَّابِ وَابْنِ مَسْعُودٍ وَجَابِرِ بْنِ سَمُرَةَ أَنَّهُمْ غَسَلُوهُ مِنْ ثِيَابِهِمْ. وَاخْتُلِفَ فِيهِ عَنِ ابْنِ عُمَرَ وَعَائِشَةَ. وَعَلَى هَذَيْنِ الْقَوْلَيْنِ فِي نَجَاسَةِ الْمَنِيِّ وَطَهَارَتِهِ التَّابِعُونَ. السَّابِعَةُ- فِي هَذِهِ الْآيَةِ دَلِيلٌ عَلَى جَوَازِ الِانْتِفَاعِ بِالْأَلْبَانِ مِنَ الشُّرْبِ وَغَيْرِهِ، فَأَمَّا لَبَنُ الْمَيْتَةِ فَلَا يَجُوزُ الِانْتِفَاعُ بِهِ، لِأَنَّهُ مَائِعٌ طَاهِرٌ حَصَلَ فِي وِعَاءٍ نَجِسٍ، وَذَلِكَ أَنَّ ضَرْعَ الْمَيْتَةِ نَجِسٌ وَاللَّبَنَ طَاهِرٌ فَإِذَا حُلِبَ صَارَ مَأْخُوذًا مِنْ وِعَاءٍ نَجِسٍ. فَأَمَّا لَبَنُ الْمَرْأَةِ الْمَيِّتَةِ فَاخْتَلَفَ أَصْحَابُنَا فِيهِ، فَمَنْ قَالَ: إِنَّ الْإِنْسَانَ «١» طَاهِرٌ حَيًّا وَمَيِّتًا فَهُوَ طَاهِرٌ. وَمَنْ قَالَ: يَنْجُسُ بِالْمَوْتِ فَهُوَ نَجِسٌ. وَعَلَى الْقَوْلَيْنِ جَمِيعًا تَثْبُتُ الْحُرْمَةُ، لِأَنَّ الصَّبِيَّ قَدْ يَغْتَذِي بِهِ كَمَا يَغْتَذِي مِنَ الْحَيَّةِ، وَذَلِكَ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قال: " الرَّضَاعُ مَا أَنْبَتَ اللَّحْمَ وَأَنْشَزَ الْعَظْمَ" . وَلَمْ يَخُصَّ، وَقَدْ مَضَى فِي: " النِّسَاءِ «٢» " . الثَّامِنَةُ- قَوْلُهُ تَعَالَى: (سائِغاً لِلشَّارِبِينَ) أَيْ لَذِيذًا هَيِّنًا لَا يُغَصُّ بِهِ مَنْ شَرِبَهُ. يُقَالُ: سَاغَ الشَّرَابُ يَسُوغُ سَوْغًا أَيْ سَهُلَ مَدْخَلُهُ فِي الْحَلْقِ، وَأَسَاغَهُ شَارَبُهُ، وَسُغْتُهُ أَنَا أُسِيغُهُ وَأَسُوغُهُ، يَتَعَدَّى، وَالْأَجْوَدُ أَسَغْتُهُ إِسَاغَةً. يُقَالُ: أَسِغْ لِي غُصَّتِي أَيْ أَمْهِلْنِي وَلَا تُعْجِلْنِي، وَقَالَ تَعَالَى: " يَتَجَرَّعُهُ وَلا يَكادُ يُسِيغُهُ «٣» " . وَالسِّوَاغُ (بِكَسْرِ السِّينِ) مَا أَسَغْتَ بِهِ غُصَّتَكَ. يُقَالُ: الْمَاءُ سِوَاغُ الْغُصَصِ، ومنه قول الكميت: فكانت سواغا أن جيزت بِغُصَّةٍ وَرُوِيَ: أَنَّ اللَّبَنَ لَمْ يَشْرَقْ بِهِ أَحَدٌ قَطُّ، وَرُوِيَ ذَلِكَ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ.
(١). أي المسلم. (٢). راجع ج ٥ ص ١١١. (٣). راجع ج ٩ ص ٣٤٩.

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