Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Al-Zajjāj a dit – et al-Kisāʾī également – : « Le pronom se rapporte à ce que nous avons mentionné plus haut ; il renvoie donc à l’élément déjà évoqué. » Le Très-Haut a en effet déclaré : « Ce [Coran] n’est qu’un rappel ; que celui qui veut s’en souvienne. »

Le poète a dit :
« Tel un poussin dont le jabot a été entièrement plumé. »
Et bien d’autres vers vont dans le même sens.

Al-Kisāʾī a encore précisé : l’expression « … de ce qui est dans leurs ventres » signifie : « de ce qui se trouve dans les ventres d’une partie d’entre eux », car les mâles ne produisent pas de lait. C’est sur cette explication qu’Abū ʿUbaydah s’est appuyé.

Al-Farrāʾ, pour sa part, remarque que les deux termes al-anʿām et an-naʿam désignent la même réalité ; or an-naʿam est masculin. C’est pourquoi les Arabes disent : « hādhā naʿam wārid » (« voici du bétail arrivant au point d’eau »). Le pronom se rapporte donc au mot an-naʿam, lequel a le même sens qu’al-anʿām.

Ibn al-ʿArabī commente : le recours au masculin renvoie au sens de « collectif », tandis que le féminin renvoie à l’idée de « troupe ». Ainsi, dans notre verset, le pronom est mis au masculin parce qu’il considère le mot sous l’angle du pluriel collectif, alors que dans la sourate « Al-Muʾminūn » il est mis au féminin – « Nous vous abreuvons de ce qui se trouve dans leurs ventres » – parce qu’il y considère l’idée de troupeau. Par cette interprétation, le sens s’ordonne de façon harmonieuse. Employer le féminin pour l’idée de troupe, et le masculin pour l’idée de collectif, est plus fréquent que les grains de sable du désert de Yabrīn et que les étendues du Thih de Palestine.

Quatrième point : Quelques éminents savants, notamment le Qāḍī Ismāʿīl, ont déduit du retour de ce pronom que le lait du mâle entraîne l’interdiction (c’est-à-dire établit la parenté de lait). Il a dit : « Le pronom vient au masculin parce qu’il renvoie au mot an-naʿam ; le lait est en effet attribué aussi au mâle. » C’est pour cela que le Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui – statua que le « lait du géniteur » est interdicteur, lorsque ʿĀʾishah – qu’Allah l’agrée – s’en étonna dans le récit d’Aflah, frère d’Abī l-Quʿays : « La femme a la charge d’allaiter, et l’homme apporte la semence fécondante. » Ainsi, l’association s’établit entre eux deux. Nous avons déjà exposé la question de l’interdiction due au lait du mâle dans la sourate « An-Nisāʾ » – louange à Allah.

Cinquième point : Par Sa parole : « [Nous vous donnons à boire] un lait pur, issu d’entre les excréments et le sang », Allah – qu’Il soit exalté – attire l’attention sur l’immensité de Sa puissance : le lait sort pur, bien qu’il se situe entre les excréments et le sang.

Le farth est le fumier qui descend dans la panse ; une fois expulsé il ne s’appelle plus farth. On dit : « afrathtu l-karsha » lorsque j’ai vidé son contenu.

Le sens est que la nourriture devient ce qui se trouve dans la panse et qu’il en provient aussi le sang ; ensuite le lait est purifié du sang. Allah – qu’Il soit exalté – informe donc que ce lait sort d’entre cette matière et le sang qui circule dans les veines.

Ibn ʿAbbās a dit : « La bête mange le fourrage… »

وَقَالَ الزَّجَّاجُ، وَقَالَ الْكِسَائِيُّ: مَعْنَاهُ مِمَّا فِي بُطُونِ مَا ذَكَرْنَاهُ، فَهُوَ عَائِدٌ عَلَى الْمَذْكُورِ، وَقَدْ قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: " إِنَّها تَذْكِرَةٌ. فَمَنْ شاءَ ذَكَرَهُ «١» " وَقَالَ الشَّاعِرُ: مِثْلَ الْفِرَاخِ نُتِفَتْ حَوَاصِلُهُ وَمِثْلُهُ كَثِيرٌ. وَقَالَ الْكِسَائِيُّ: " مِمَّا فِي بُطُونِهِ" أَيْ مِمَّا فِي بُطُونِ بَعْضِهِ، إِذِ الذُّكُورُ لَا أَلْبَانَ لَهَا، وَهُوَ الَّذِي عَوَّلَ عَلَيْهِ أَبُو عُبَيْدَةَ. وَقَالَ الْفَرَّاءُ: الْأَنْعَامُ وَالنَّعَمُ وَاحِدٌ، وَالنَّعَمُ يُذَكَّرُ، وَلِهَذَا تَقُولُ الْعَرَبُ: هَذَا نَعَمٌ وَارِدٌ، فَرَجَعَ الضَّمِيرُ إِلَى لَفْظِ النَّعَمِ الَّذِي هُوَ بِمَعْنَى الْأَنْعَامِ. قَالَ ابْنُ الْعَرَبِيِّ: إِنَّمَا رَجَعَ التَّذْكِيرُ إِلَى مَعْنَى الْجَمْعِ، وَالتَّأْنِيثُ إِلَى مَعْنَى الْجَمَاعَةِ، فَذَكَرَهُ هُنَا بِاعْتِبَارِ لَفْظِ الْجَمْعِ، وَأَنَّثَهُ فِي سُورَةِ الْمُؤْمِنِينَ بِاعْتِبَارِ لَفْظِ الْجَمَاعَةِ فَقَالَ: " نُسْقِيكُمْ مِمَّا فِي بُطُونِها «٢» " وَبِهَذَا التَّأْوِيلِ يَنْتَظِمُ الْمَعْنَى انْتِظَامًا. حَسَنًا. وَالتَّأْنِيثُ بِاعْتِبَارِ لَفْظِ الْجَمَاعَةِ وَالتَّذْكِيرُ بِاعْتِبَارِ لَفْظِ الْجَمْعِ أَكْثَرَ من رمل «٣» يبرين وتيهاء فلسطين. الرابعة- لاستنبط بَعْضُ الْعُلَمَاءِ الْجِلَّةِ وَهُوَ الْقَاضِي إِسْمَاعِيلُ مِنْ عَوْدِ هَذَا الضَّمِيرِ، أَنَّ لَبَنَ الْفَحْلِ يُفِيدُ التحريم، وقال: إنما جئ بِهِ مُذَكَّرًا لِأَنَّهُ رَاجِعٌ إِلَى ذِكْرِ النَّعَمِ، لِأَنَّ اللَّبَنَ لِلذَّكَرِ مَحْسُوبٌ، وَلِذَلِكَ قَضَى النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِأَنَّ لَبَنَ الْفَحْلِ يحرم حين أنكرته عائشة [رضى الله عنها «٤» ] فِي حَدِيثِ أَفْلَحَ أَخِي أَبِي الْقُعَيْسِ " فَلِلْمَرْأَةِ السَّقْيُ وَلِلرَّجُلِ اللِّقَاحُ" فَجَرَى الِاشْتِرَاكُ فِيهِ بَيْنَهُمَا. وقد مضى قول فِي تَحْرِيمِ لَبَنِ الْفَحْلِ فِي " النِّسَاءِ «٥» " وَالْحَمْدُ لِلَّهِ. الْخَامِسَةُ- قَوْلُهُ تَعَالَى: (مِنْ بَيْنِ فَرْثٍ وَدَمٍ لَبَناً خالِصاً) نَبَّهَ سُبْحَانَهُ عَلَى عَظِيمِ قُدْرَتِهِ بِخُرُوجِ اللَّبَنِ خَالِصًا بَيْنَ الْفَرْثِ وَالدَّمِ. وَالْفَرْثُ: الزِّبْلُ الَّذِي يَنْزِلُ إِلَى الْكَرِشِ، فَإِذَا خَرَجَ لَمْ يُسَمَّ فَرْثًا. يُقَالُ: أَفْرَثْتُ الْكَرِشَ إِذَا أَخْرَجْتُ مَا فِيهَا. وَالْمَعْنَى: أَنَّ الطَّعَامَ يَكُونُ فِيهِ مَا فِي الْكَرِشِ وَيَكُونُ مِنْهُ الدَّمُ، ثُمَّ يُخَلَّصُ اللَّبَنُ مِنَ الدَّمِ، فَأَعْلَمَ اللَّهُ سُبْحَانَهُ أَنَّ هَذَا اللَّبَنَ يَخْرُجُ مِنْ بَيْنِ ذَلِكَ وَبَيْنَ الدَّمِ فِي الْعُرُوقِ. وَقَالَ ابن عباس: إن الدابة تأكل العلف
(١). راجع ج ٩١ ص ٢١٣. (٢). راجع ج ١٢ ص، ١١٨. (٣). رمل لا تدرك أطرافه عن يمين مطلع الشمس من الحجر اليمامة. (ياقوت). (٤). من ج. [ ..... ] (٥). راجع ج ٥ ص ١١١.

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