Il comporte dix questions :
Premièrement –
Parole du Très-Haut :
« Et certes, dans les bestiaux il y a pour vous un sujet de réflexion ».
Nous avons déjà évoqué le terme al-anʿâm (1), lequel, ici, désigne les quatre espèces : le chameau, le bovin, le mouton et la chèvre.
« Un sujet de réflexion » signifie : un signe attestant de la puissance d’Allâh, de Son unicité et de Sa grandeur.
Le mot ʿibra provient, à l’origine, de l’assimilation d’une chose à une autre afin que l’on en saisisse la réalité par voie de ressemblance ; de là l’expression : « Tirez-en donc une leçon » (2).
Abû Bakr al-Warrâq a dit :
La leçon à tirer des bestiaux est qu’ils sont mis au service de leurs propriétaires et leur obéissent, alors que toi tu te révoltes contre ton Seigneur et Le contredis en toute chose. Parmi les leçons les plus éloquentes : un être pur qui porte un pécheur.
Deuxièmement –
Parole du Très-Haut :
« Nusqîkum ».
Les habitants de Médine, Ibn ʿÂmir et ʿÂṣim dans la transmission d’Abû Bakr la lisent avec la nûn ouverte (nusqîkum), selon le verbe « saqâ – yasqî ».
Les autres récitants, ainsi que Ḥafṣ d’après ʿÂṣim, la prononcent avec la nûn fermée (nusqîkum), selon le verbe « asqâ – yusqî » ; c’est la lecture des gens de Kûfa et de La Mecque.
On dit qu’il s’agit de deux dialectes.
Le poète Labîd a dit :
« Saqâ mon peuple, les Banû Majd, et asqâ … Numayr et les clans de Hilâl. »
On a aussi expliqué : ce qui va directement de ta main à la bouche d’autrui se dit « saqaytahu » ; mais lorsque tu lui prépares une boisson, ou la lui présentes pour qu’il la boive, ou que tu irrigues, on dit « asqaytuhu » – ainsi l’a précisé Ibn ʿUzayz, comme cela a déjà été mentionné (3).
Un groupe a lu « tusqîkum » avec un tâ’, ce qui est faible, le sujet étant les bestiaux ; d’autres ont lu avec un yâ’ : « yusqîkum Allâh, le Puissant, le Majestueux ».
Les récitants retiennent toutefois les deux lectures précédentes : la nûn ouverte est le dialecte de Quraysh, la nûn fermée celui de Ḥimyar.
Troisièmement –
Parole du Très-Haut :
« Mimmâ fî buṭûnihâ ».
Les exégètes ont divergé au sujet du pronom contenu dans l’expression « ce qui est dans ses ventres » : à quoi renvoie-t-il ?
On a soutenu qu’il renvoie à ce qui précède, c’est-à-dire à un pluriel féminin.
Sîbawayh a dit : « Les Arabes parlent des bestiaux au singulier. »
Ibn al-ʿArabî a commenté : « Je ne pense pas qu’il se soit fondé là-dessus sinon sur ce verset ; cela ne sied ni à son rang ni à sa pénétration intellectuelle. »
D’autres ont dit : étant donné que le terme pluriel, en tant que nom de genre, peut être masculin ou féminin – on dit “huwa al-anʿâm” ou “hiya al-anʿâm” –, il est permis que le pronom revienne au masculin.