C’est-à-dire : la maladie, l’épreuve et la sécheresse. – «Vers Lui vous poussez alors des clameurs», c’est-à-dire que vous élevez la voix dans l’invocation.
On dit : jaʾara, yajʾaru, juʾāran ; le juʾār est semblable au mugissement. On dit : jaʾara ath-thawr yajʾaru, c’est-à-dire : il a poussé un cri. Certains ont récité : «ʿijlan jasadan lahu juʾār» – le terme est rapporté par al-Akhfash. L’expression «jaʾara l-rajulu ilā Allāh» signifie : il s’est humilé en implorant.
Al-Aʿshā a dit, décrivant une vache :
«Elle tourna trois fois entre un jour et une nuit …
la réprobation fut qu’elle rôdât et poussât des clameurs.»
«Puis, lorsque Il écarte de vous le mal», c’est-à-dire l’épreuve et la maladie,
«voilà qu’un groupe d’entre vous associe (des divinités) à leur Seigneur», après la disparition de l’épreuve et après leurs cris. Le propos vise à s’étonner de l’association après le salut de la perdition ; cette idée est répétée dans le Coran – elle a déjà été mentionnée dans al-Anʿâm et Yûnus, et reviendra dans Sûrat «Subḥâna» et ailleurs.
Az-Zajjâj affirme que ce verset concerne spécifiquement les mécréants.
«Afin qu’ils renient ce que Nous leur avons accordé» : pour qu’ils nient le bienfait d’Allâh, à savoir la levée du mal et de l’affliction. Autrement dit, ils ont commis l’association afin de mécroire ; la lâm est alors la lâm de finalité (lâm al-kay). D’autres y voient la lâm de conséquence.
On a dit aussi : «afin qu’ils renient ce que Nous leur avons accordé», c’est-à-dire pour faire du bienfait même un moyen de mécréance ; tout cela est un acte abject, comme l’a dit (le poète) :
«La mécréance est un fléau pour l’âme du bienfaiteur.»
«Jouissez donc !» – un ordre de menace. Ibn Masʿûd a récité : «Dis : jouissez !»
«Puis vous saurez» : c’est-à-dire, vous connaîtrez l’issue de votre conduite.
[Sourate an-Naḥl, 16 : 56]
«Ils assignent à ce qu’ils ne connaissent pas une part de ce que Nous leur avons attribué. Par Allâh, vous serez certes interrogés au sujet des mensonges que vous inventiez.»
Parole du Très-Haut :
«Ils assignent à ce qu’ils ne connaissent pas une part de ce que Nous leur avons attribué.» Il mentionne ici une autre forme de leur ignorance : ils réservent à ce dont ils ignorent la capacité de nuire ou de profiter – les idoles – une part de leurs biens pour s’en rapprocher, selon Mujâhid, Qatâda et d’autres. Le pronom «ils connaissent» se rapporte ici aux polythéistes. D’autres ont dit