Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

‘Umar – qu’Allâh l’agrée – déclara :
« Ô gens ! Tenez-vous à votre recueil, la poésie de la Jâhiliyyah, car elle contient l’explication de votre Livre et l’intelligence de votre langue. »

« Tamaka s-sanâm, yatmiku tamkan » signifie : la bosse du chameau s’est allongée et s’est élevée ; on dit alors : « tâmik ». Quant à « as-safan » et « al-misfan », ce sont les rabots avec lesquels on tire et on dresse le bois.

Al-Layth ibn Sa‘d a dit au sujet de l’expression « ‘alâ takhawwuf » : « sur la hâte ». Il a encore expliqué : « sur un ton de réprobation pour les péchés qu’ils ont commis » ; cette interprétation est également rapportée d’Ibn ‘Abbâs.

Qatâdah a dit : « ‘alâ takhawwuf » signifie : qu’Il punisse ou qu’Il passe outre.

La parole du Très-Haut : « Car votre Seigneur est bien Compatissant, Très Miséricordieux » – c’est-à-dire qu’Il ne châtie pas sur-le-champ, mais Il diffère et accorde un délai.

[Coran, sourate an-Naḥl (16), verset 48]
« N’ont-ils donc pas considéré toute chose qu’Allâh a créée, — elle dont l’ombre se retourne à droite et à gauche, se prosternant pour Allâh, humblement soumis ? » (48)

Hamzah, al-Kisâ’î, Khalaf, Yaḥyâ et al-A‘mach ont lu « taraw » avec le tâ’ (« t »), adressant l’appel à l’ensemble des gens ; les autres l’ont lu avec le yâ’ (« y »), en continuité du discours concernant « ceux qui ourdissent les mauvaises actions », et c’est la lecture retenue.

« Min shay’ » : c’est-à-dire tout corps dressé doté d’une ombre – qu’il s’agisse d’un arbre ou d’une montagne – ainsi l’a expliqué Ibn ‘Abbâs ; bien que toutes les créatures, au fond, entendent et obéissent au Seigneur exalté.

« Yatafayya’u ẓilâluhu » : Abû ‘Amr, Ya‘qûb et d’autres ont lu avec le tâ’ pour l’accord avec le pluriel « ẓilâl » ; les autres avec le yâ’, et Abû ‘Ubayd l’a préférée. Cela signifie : l’ombre penche d’un côté à l’autre ; elle se trouve, au début du jour, dans un état, se rétracte, puis revient en fin de journée dans un autre ; le fait qu’elle tourne et se déplace d’un endroit à l’autre constitue sa prosternation.

De là on appelle l’ombre, au déclin de l’après-midi, « fay’ », car elle est revenue (fâ’a) du couchant vers le levant ; « al-fay’ » désigne le retour, comme dans le verset : « jusqu’à ce qu’elle revienne (‘ḥattâ tafî’a) à l’ordre d’Allâh ».

Ce sens est rapporté d’al-Ḍaḥḥâk, de Qatâdah et d’autres, et il a déjà été mentionné dans la sourate « ar-Ra‘d ».

Az-Zajjâj a dit : il s’agit de la prosternation du corps lui-même ; sa prosternation consiste en sa soumission et en ce que l’on y voit des traces de la fabrication divine ; cela est valable pour tout corps. L’expression « wa-hum dâkhirûn » signifie : humbles, abaissés.

Ad-dakhûr renvoie à l’abaissement et à l’humiliation. On dit : « dakhara ar-rajul » (avec fatḥa) : l’homme fut rabaissé ; « adkharahu-llâh » : Allâh l’a réduit.

Dhû ar-Rummah a dit :
« Il ne resta plus qu’un humilié dans al-Mukhayss…
et un être blotti, hors de ta contrée, dans un rocher. »

فَقَالَ عُمَرُ: يَا أَيُّهَا النَّاسُ، عَلَيْكُمْ بِدِيوَانِكُمْ شِعْرِ الْجَاهِلِيَّةِ فَإِنَّ فِيهِ تَفْسِيرَ كِتَابِكُمْ وَمَعَانِيَ كَلَامِكُمْ. تَمَكَ السَّنَامُ يَتْمِكُ تَمْكًا، أَيْ طَالَ وَارْتَفَعَ، فَهُوَ تَامِكٌ. وَالسَّفَنُ وَالْمِسْفَنُ مَا يُنْجَرُّ بِهِ الْخَشَبُ. وَقَالَ اللَّيْثُ بْنُ سَعْدٍ: " عَلى تَخَوُّفٍ" عَلَى عَجَلٍ. وَقَالَ: عَلَى تَقْرِيعٍ بِمَا قَدَّمُوهُ مِنْ ذُنُوبِهِمْ، وَهَذَا مَرْوِيٌّ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ أَيْضًا. وَقَالَ قَتَادَةُ: " عَلى تَخَوُّفٍ" أَنْ يعاقب أو يتجاوز. (فَإِنَّ رَبَّكُمْ لَرَؤُفٌ رَحِيمٌ) أي لا يعاجل بل يمهل. [[سورة النحل (١٦) : آية ٤٨]] أَوَلَمْ يَرَوْا إِلى مَا خَلَقَ اللَّهُ مِنْ شَيْءٍ يَتَفَيَّؤُا ظِلالُهُ عَنِ الْيَمِينِ وَالشَّمائِلِ سُجَّداً لِلَّهِ وَهُمْ داخِرُونَ (٤٨) قَرَأَ حَمْزَةُ وَالْكِسَائِيُّ وَخَلَفٌ وَيَحْيَى وَالْأَعْمَشُ " تَرَوْا" بِالتَّاءِ، عَلَى أَنَّ الْخِطَابَ لِجَمِيعِ النَّاسِ. الْبَاقُونَ بِالْيَاءِ خَبَرًا عَنِ الَّذِينَ يَمْكُرُونَ السَّيِّئَاتِ، وهو الاختيار. (مِنْ شَيْءٍ) يَعْنِي مِنْ جِسْمٍ قَائِمٍ لَهُ ظِلٌّ مِنْ شَجَرَةٍ أَوْ جَبَلٍ، قَالَهُ ابْنُ عَبَّاسٍ. وَإِنْ كَانَتِ الْأَشْيَاءُ كُلُّهَا سَمِيعَةً مُطِيعَةً لله تعالى. (يَتَفَيَّؤُا ظِلالُهُ) قَرَأَ أَبُو عَمْرٍو وَيَعْقُوبُ وَغَيْرُهُمَا بِالتَّاءِ لِتَأْنِيثِ الظِّلَالِ. الْبَاقُونَ بِالْيَاءِ، وَاخْتَارَهُ أَبُو عُبَيْدٍ. أَيْ يَمِيلُ مِنْ جَانِبٍ إِلَى جَانِبٍ، وَيَكُونُ أَوَّلَ النَّهَارِ عَلَى حَالٍ وَيَتَقَلَّصُ ثُمَّ يَعُودُ فِي آخِرِ النَّهَارِ عَلَى حَالَةٍ أُخْرَى، فَدَوَرَانُهَا وَمَيَلَانُهَا مِنْ مَوْضِعٍ إِلَى مَوْضِعِ سُجُودُهَا، وَمِنْهُ قيل للظل بالعشي: في، لِأَنَّهُ فَاءَ مِنَ الْمَغْرِبِ إِلَى الْمَشْرِقِ، أَيْ رجع. والفيء الرجوع، ومنه " حَتَّى تَفِيءَ إِلى أَمْرِ اللَّهِ «١» " . رُوِيَ مَعْنَى هَذَا الْقَوْلِ عَنِ الضَّحَّاكِ وَقَتَادَةَ وَغَيْرِهِمَا، وَقَدْ مَضَى هَذَا الْمَعْنَى فِي سُورَةِ " الرَّعْدِ" «٢» . وَقَالَ الزَّجَّاجُ: يَعْنِي سُجُودَ الْجِسْمِ، وَسُجُودُهُ انْقِيَادُهُ وَمَا يُرَى فِيهِ مِنْ أَثَرِ الصَّنْعَةِ، وَهَذَا عَامٌّ فِي كُلِّ جسم. ومعنى (وَهُمْ داخِرُونَ) أَيْ خَاضِعُونَ صَاغِرُونَ. وَالدُّخُورُ: الصَّغَارُ والذل. يقال: دحر الرَّجُلُ (بِالْفَتْحِ) فَهُوَ دَاخِرٌ، وَأَدْخَرَهُ اللَّهُ. وَقَالَ ذُو الرُّمَّةِ: فَلَمْ يَبْقَ إِلَّا دَاخِرٌ فِي مخيس ... ومنحخر «٣» في غير أرضك في حجر
(١). راجع ج ١٦ ص ٣١٥. (٢). راجع ج ٩ ص ٣٠٢. (٣). كذا في كتب اللغة. يقال: انجحر الضب إذا دخل الحجر. والذي في الأصول وديوان ذى والبرمة:" متحجر في غير أرضك في حجر" بتقديم الحاء على الجيم في الكلمتين، وكذا في ج.

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