Et Nous avons certes envoyé, dans chaque communauté, un Messager afin qu’il leur expose clairement ce sur quoi ils divergent.
Or, les points sur lesquels polythéistes et musulmans ont été en désaccord sont divers : il y a, entre autres, la résurrection ; il y a aussi le culte des idoles ; et il y a enfin le fait que certains reconnaissaient la véracité de Muḥammad, mais l’imitation aveugle les empêcha de le suivre, tel Abû Ṭâlib.
(40) « Notre seule parole, quand Nous voulons une chose, est de lui dire : “Sois !” et elle est. »
Par ce verset, Il leur fait comprendre la facilité qu’Il a à créer : lorsque Nous voulons ressusciter les morts, aucune fatigue ni peine ne Nous atteint pour les ramener à la vie, pas plus que pour toute autre chose que Nous faisons advenir, car il Nous suffit de dire : « Sois ! » et cela est.
Dans la lecture d’Ibn ʿÂmir et d’al-Kisâʾî, « fayakûna » est à l’accusatif, coordonné à « ’an naqûla » ; al-Zajjâj autorise également l’accusatif comme réponse à l’impératif « Kun ». Les autres lecteurs le mettent au nominatif avec le sens : « et il est ». Cette question a été traitée en détail dans la sourate al-Baqarah.
Ibn al-Anbârî dit : le mot « chose » s’applique à ce qui est déjà connu d’Allâh avant la création, car il est alors comme s’il existait et était observé.
Le verset constitue une preuve que le Coran n’est pas créé : si Sa parole « Kun » était créée, elle exigerait une parole seconde, puis une troisième, entraînant une régression à l’infini, ce qui est impossible.
Il démontre également qu’Allâh — exalté soit-Il — veut tous les événements, bons ou mauvais, utiles ou nuisibles. Car voir dans Son royaume ce qu’Il déteste sans l’avoir voulu supposerait qu’Il est soit ignorant, soit vaincu, ce qui est inconcevable à Son propos. La preuve est établie qu’Il est Créateur de l’acquisition des serviteurs ; il est impossible qu’Il accomplisse une action sans la vouloir, puisque nombre de nos actes se produisent à l’encontre de notre intention. Si la Vérité — exalté soit-Il — ne les voulait pas, ces actes surviendraient sans dessein ; c’est là l’opinion des naturalistes, unanimement rejetée par les monothéistes.
(41) « Quant à ceux qui ont émigré pour Allâh, après avoir subi l’injustice, Nous les installerons, certes, dans ce bas-monde, dans un lieu agréable ; et la récompense de l’au-delà est plus grande encore, s’ils savaient. »