« Et parmi eux, il en est à qui l’égarement a été décrété » : c’est-à-dire, par le décret divin antérieur le concernant, jusqu’à ce qu’il meure dans son impiété. Ce verset constitue un argument contre les Qadariyya, car ils prétendent qu’Allah a guidé tous les hommes et leur a accordé la réussite vers la bonne direction, alors qu’Allah – Très-Haut – dit : « Parmi eux, il en est qu’Allah a guidés, et parmi eux, il en est à qui l’égarement a été décrété. » Cette question a déjà été évoquée en plusieurs endroits.
« Parcourez donc la terre » : autrement dit, voyagez sur la terre en méditant.
« Puis voyez quelle fut la fin des négateurs » : voyez comment leur sort ultime a abouti à la ruine, au châtiment et à la destruction.
[Sourate an-Naḥl (16), verset 37]
« Même si tu convoites ardemment leur guidée, Allah ne guide pas celui qu’Il égare, et ils n’auront point de secoureurs. » (37)
Parole du Très-Haut :
« Même si tu convoites ardemment leur guidée » : c’est-à-dire, ô Muḥammad, même si tu t’emploies de toutes tes forces à les guider.
« Allah ne guide pas celui qu’Il égare » : Il ne mène pas à la droiture celui qu’Il a égaré, c’est-à-dire celui pour qui l’égarement a été arrêté par Allah ; jamais Il ne le guidera. Telle est la lecture d’Ibn Masʿūd et des gens de Koufa ; « yahdī » est un verbe au futur dont le passé est « hadā », et « man » y est objet direct. Il est aussi possible que « hadā yahdī » ait le sens de « ihtadā yahtadī » (se guider), ainsi que l’a rapporté Abū ʿUbayd d’après al-Farrā’, lequel cite la lecture : « amman lā yahiddī illā an yuhdā » avec le sens de « se guider ». Abū ʿUbayd précise ne connaître personne, hormis al-Farrā’, ayant transmis cette variante, et il n’est pas suspect dans ses transmissions.
An-Naḥḥās rapporte de Muḥammad ibn Yazīd que le sens de « Il ne guide pas celui qu’Il égare » est : celui dont Il sait l’égarement et l’a décrété auprès de Lui. Il ajoute que le verbe « yahdī » ne prend le sens de « se guider » que sous les formes « yahdī » ou « yuhdī ». Selon l’avis d’al-Farrā’ où « yahdī » signifie « se guider », « man » est alors sujet ; le pronom qui lui revient est le « hā’ » élidé de la relative, tandis que le pronom renvoyant au nom de « in » (dans « in taḥriṣ ») est le sujet implicite du verbe « yuḍill ».
Les autres lecteurs ont lu : « lā yuhdā », avec la yā en damma et le dāl en fatḥa. Cette lecture, préférée par Abū ʿUbayd et Abū Ḥātim, signifie : « Celui qu’Allah égare, nul guide ne pourra le diriger. » Preuve en est Sa parole : « Quiconque Allah égare, nul guide ne sera pour lui. » Dans cette lecture, « man » est sujet d’un verbe passif dont l’agent est omis ; elle a le sens de « al-ladhī ». Le pronom qui lui revient dans la relative est sous-entendu, et le pronom renvoyant au nom de « inna » dans « fa-inna Allāha » est le sujet implicite du verbe « yuḍill ».
« Et ils n’auront point de secoureurs » : son sens a déjà été expliqué.