C’est-à-dire : la récompense paradisiaque qu’ils recevront dans l’Au-delà est meilleure et plus grandiose que la demeure de ce bas-monde, lequel est voué à disparaître, tandis que l’Au-delà demeure.
« Et quelle excellente demeure pour les pieux ! »
Cette formule se comprend de deux manières :
- Al-Ḥasan a dit : le sens est « et quelle excellente demeure pour les pieux que la vie d’ici-bas », car c’est grâce à leurs œuvres en ce monde qu’ils obtiennent la récompense de l’Au-delà et l’entrée au Paradis.
- Selon l’avis majoritaire, le sens est : « et quelle excellente demeure pour les pieux que l’Au-delà ». Dans ce cas, l’expression « Jardins d’Éden » vient en apposition à « la demeure », d’où son élévation au nominatif.
On a aussi dit qu’elle est au nominatif par l’estimation implicite : « Ce sont des Jardins d’Éden », lesquels explicitent l’expression « demeure des pieux ». Elle peut encore former le sujet d’une phrase dont le sens estimé est : « Les Jardins d’Éden sont une excellente demeure pour les pieux. »
« Ils y entreront » se trouve à la place de l’attribut, c’est-à-dire : un lieu où l’on entre. D’autres ont dit que « Jardins » est sujet et que son prédicat est « ils y entreront » ; c’est sur cette lecture que se fonde la parole d’al-Ḥasan. Allah est plus savant.
« Sous lesquels coulent les rivières » : nous en avons déjà expliqué le sens dans la sourate al-Baqarah.
« Ils y auront tout ce qu’ils désirent » : tout ce qu’ils souhaiteront et voudront.
« Ainsi Allah récompense les pieux » : c’est de cette manière qu’Allah rétribue les gens pieux.
« Ceux que les anges recueillent alors qu’ils sont tayyibûn » :
Al-Aʽmash et Ḥamzah ont lu « yatawaffâhum » (avec yâ’) dans les deux occurrences, et Abû ʽUbayd a préféré cette lecture, se fondant sur la parole d’Ibn Masʽûd : « Les Quraysh ont prétendu que les anges sont féminins ; employez donc le masculin pour les rappeler à l’ordre. » Les autres lecteurs ont opté pour le tâ’, parce qu’il s’agit d’une pluralité d’anges.
« Tayyibûn » signifie : 1) purs de toute association (shirk) ; 2) vertueux ; 3) leurs actes et leurs paroles sont empreints de pureté ; 4) leurs âmes sont sereines, confiantes dans la récompense d’Allah ; 5) leurs cœurs se réjouissent de retourner à Allah ; 6) leur décès se déroule de façon douce et facile, sans peine ni souffrance, contrairement à la prise d’âme du mécréant ou du croyant mêlé de fautes. Allah est plus savant.
« Ils disent : “Salâm ʿalaykum” » comporte deux interprétations :
- le salâm constitue l’annonce de leur mort ;
- il est la bonne nouvelle de leur entrée au Paradis, car le salâm est signe d’assurance et de sécurité.
Ibn al-Mubârak rapporte : Ḥaywah m’a transmis d’Abû Ṣakhr, d’après Muḥammad b. Kaʽb al-Quraẓî, qu’il a dit : « Lorsque l’âme du serviteur croyant se rassemble dans sa gorge, l’Ange de la mort vient à lui et dit : “Paix sur toi, ami d’Allah ; Allah te transmet Son salut.” » Puis il récita ce verset.