Parole du Très-Haut :
« Ceux que les anges recueillent alors qu’ils se font du tort à eux-mêmes ».
Il s’agit là de l’une des descriptions propres aux mécréants. L’expression « se faisant du tort à eux-mêmes » est à l’accusatif en fonction adverbiale (ḥâl), c’est-à-dire : alors qu’ils se nuisent à eux-mêmes en exposant leurs âmes aux causes de perdition.
« Ils se soumirent » : c’est-à-dire qu’ils capitulèrent. Autrement dit, ils reconnurent la seigneurie d’Allah, se rendirent au moment de la mort et dirent :
« Nous n’accomplissions aucun mal », c’est-à-dire : aucune association (shirk).
Les anges leur répondirent :
« Bien au contraire ! » — vous commettiez bel et bien les pires œuvres. — « Allah est, certes, Parfaitement Connaisseur de ce que vous faisiez. »
‘Ikrima rapporte que ce verset fut révélé à Médine à propos de personnes qui avaient embrassé l’islam à La Mecque sans toutefois émigrer. Les Quraychites les contraignirent alors à participer à Badr, où ils furent tués. La Parole divine dit donc :
« Ceux que les anges recueillent », c’est-à-dire en saisissant leurs âmes,
« se faisant du tort à eux-mêmes » pour être restés à La Mecque et avoir délaissé l’Hégire,
« ils se soumirent » — lors de leur sortie aux côtés des polythéistes.
À ce sujet, trois explications ont été avancées :
- la conciliation (al-ṣulḥ), selon al-Akhfash ;
- la capitulation (al-istislām), selon Qutrub ;
- l’humiliation (al-khuḍû‘), d’après Muqâtal.
« Nous n’accomplissions aucun mal » : c’est-à-dire, aucune mécréance.
« Bien au contraire ! Allah est Parfaitement Connaisseur de ce que vous faisiez » : autrement dit, vos œuvres étaient celles des mécréants.
On a aussi rapporté que, voyant le peu de croyants, certains musulmans retournèrent parmi les polythéistes ; le verset fut révélé à leur sujet. Selon la première opinion, nul mécréant ni hypocrite ne quitte ce monde sans avoir dû se plier, se soumettre, s’humilier et se rabaisser ; mais alors son repentir et sa foi ne lui sont d’aucun profit, comme Allah l’a dit : « Leur foi ne leur servit à rien, lorsqu’ils virent Notre rigueur ».
Ce sens a déjà été exposé, de même que, dans la sourate Al-Anfâl, il est indiqué que les mécréants sont saisis à la mort sous les coups et l’humiliation, tout comme dans Al-An‘âm ; cela a été mentionné dans le livre At-Tadhkira.
Parole du Très-Haut :
« Entrez donc par les portes de l’Enfer pour y demeurer éternellement ; quelle déplorable demeure pour les orgueilleux ! »
Il leur est dit cela au moment de la mort. D’autres y voient l’annonce du châtiment de la tombe, celle-ci constituant pour le mécréant une des portes de l’Enfer. On a encore avancé que les occupants du second degré de la Géhenne n’y parviennent qu’en franchissant d’abord le premier, puis le deuxième, ensuite le troisième, et ainsi de suite. Et l’on a dit également : à chaque degré