[Sourate an-Nahl (16) : verset 26]
« Ceux qui les ont précédés avaient déjà ourdi des complots ; alors Allah atteignit leur édifice par les fondations, si bien que le toit s’écroula sur eux d’au-dessus, et le châtiment vint à eux de là où ils ne s’y attendaient pas. »
Paroles du Très-Haut :
« Ceux qui les ont précédés avaient déjà ourdi des complots » : c’est-à-dire que d’autres peuples s’étaient auparavant engagés dans la mécréance face aux anciens messagers ; or, l’issue louable fut finalement pour les messagers.
« Alors Allah atteignit leur édifice par les fondations, si bien que le toit s’écroula sur eux d’au-dessus » : Ibn ‘Abbâs, Zayd ibn Aslam et d’autres ont dit qu’il s’agit de Nemrod fils de Kanan et de son peuple ; ils voulurent monter au ciel et combattre ses habitants. Ils bâtirent donc la tour afin d’y accéder, après avoir fait avec des aigles ce qu’ils firent ; puis elle s’effondra, comme cela a été exposé à la fin de la sourate Ibrâhîm.
Le sens de « Allah atteignit leur édifice » est que l’ordre d’Allah toucha la construction – par un tremblement de terre ou par un vent – et la détruisit.
Ibn ‘Abbâs et Wahb rapportent que la tour mesurait dans le ciel cinq mille coudées de hauteur et trois mille de largeur.
Ka‘b et Muqâtil disent : sa hauteur équivalait à deux parasanges ; un vent souffla, en projeta la partie supérieure dans la mer et le reste s’abattit sur eux. Lorsque la tour s’écroula, les langues des hommes furent confondues, saisis d’effroi ; ils se mirent alors à parler soixante-treize langues, d’où son nom de « Bâbil ». Auparavant, on ne parlait qu’une seule langue : le syriaque. Ce point a déjà été évoqué dans la sourate al-Baqarah.
Ibn Hurmuz et Ibn Muḥayṣin ont lu « as-suqûfu » (avec la voyelle ḍamma sur le s et le q). Mujâhid a lu avec ḍamma sur le s et la quiescence du q, par allègement, comme il a été rapporté dans la lecture de « wa-b-n-najmi ». L’avis le plus plausible est qu’il s’agit du pluriel de saqf (toit).
Quant aux « fondations » (al-qawâ‘id), ce sont les bases de la construction ; lorsque les fondations cèdent, l’édifice s’écroule.
À propos de « d’au-dessus d’eux », Ibn al-A‘râbî a dit : Allah a insisté sur cette précision pour montrer qu’ils se trouvaient réellement en dessous. Les Arabes disent : « Un toit s’est effondré sur nous », « Un mur nous est tombé dessus », que l’on soit dessous ou non. L’expression « d’au-dessus d’eux » lève donc l’ambiguïté : le toit est bel et bien tombé sur eux alors qu’ils étaient en dessous, et ils périrent, nul ne s’en échappa.
Il a aussi été dit que le « toit » désigne le ciel ; autrement dit, le châtiment leur est venu du ciel qui se trouve au-dessus d’eux, selon Ibn ‘Abbâs.
Il a également été dit que la parole divine : « Allah atteignit leur édifice par les fondations »