Telle est l’opinion de la majorité. — Deuxième point : au sujet de la qibla.
Ibn ʿAbbâs rapporte : « J’ai interrogé le Messager d’Allâh — que la prière et la paix d’Allâh soient sur lui — à propos de la parole du Très-Haut :
« وَبِالنَّجْمِ هُمْ يَهْتَدُونَ »
— « et grâce à l’étoile ils se dirigent ».
Il dit : « Il s’agit de l’étoile polaire, ô Ibn ʿAbbâs ; c’est sur elle que se règle votre qibla et par elle que vous vous orientez sur terre comme sur mer. » Ce hadith est rapporté par al-Mâwardî.
Deuxième remarque : Ibn al-ʿArabî dit :
« Pour ce qui est de l’ensemble des étoiles, nul ne s’en dirige si ce n’est celui qui connaît leurs levers et leurs couchers, et sait distinguer celles de l’hémisphère sud de celles de l’hémisphère nord ; et ces connaisseurs sont rares. Quant aux Pléiades, nul ne s’en oriente sauf celui qui se sert de toutes les étoiles. L’orientation accessible à tout un chacun se fait plutôt par l’étoile polaire et les deux “Oursons” (al-Farqadayn), car elles font partie des étoiles dont le lever est circonscrit, dont la direction est apparente et dont la position demeure fixe ; elles tournent autour du pôle immobile d’une rotation complète. Elles sont donc, en permanence, un guide pour les créatures :
— sur terre, lorsque les chemins deviennent confus ;
— en mer, quand voguent les navires ;
— et pour la qibla, quand la direction est inconnue. En résumé, place le pôle dans le prolongement de ton épaule gauche ; tout ce qui se trouve alors devant toi indique la direction recherchée. »
Je (l’auteur) dis : Ibn ʿAbbâs interrogea le Messager d’Allâh — que la prière et la paix d’Allâh soient sur lui — au sujet de l’étoile, et il répondit : « Il s’agit de l’étoile polaire ; c’est sur elle que se règle votre qibla et par elle que vous vous orientez sur terre comme sur mer. » En effet, l’extrémité de la constellation de la Petite Ourse (Banât Naʿsh al-sughrâ) aboutit au Pôle autour duquel s’égalise la direction de la qibla.
Troisième point : Nos savants disent :
L’obligation de se tourner vers la qibla comporte deux cas de figure :
- Celui qui voit la Kaʿba et la contemple est tenu de la viser, de l’atteindre exactement et de la prendre pour direction avec l’ensemble de son corps.
- Celui qui ne la voit pas est tenu de se tourner vers elle et en sa direction en se fondant sur les indices : soleil, lune, étoiles, vents, et tout ce qui permet d’en connaître l’orientation. Celui à qui elle est cachée et qui prie en se trompant de direction, alors qu’il lui est possible de faire l’effort de recherche (ijtihâd), sa prière n’est pas valable. S’il a prié après avoir déployé ses efforts et s’être appuyé sur ces indices, puis découvre, une fois sa prière achevée, qu’il n’était pas tourné vers la qibla, il la recommence s’il est encore dans le temps prescrit ; toutefois cela ne lui est pas obligatoire, car il s’est acquitté de son devoir tel qu’il lui avait été ordonné.
Ce principe a déjà été exposé en détail dans le commentaire de la sourate al-Baqarah, et louange à Allâh.