«Pour chaque terme est inscrit un décret.» (Nous en avons déjà parlé dans la sourate ar-Raʿd.)
Lorsque ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzîz apprit que son fils avait acheté une bague pour mille dirhams, il lui écrivit : «Il m’est parvenu que tu as acquis une bague pour mille dirhams ; vends-la donc et, avec son prix, nourris mille affamés. Achète ensuite une bague de fer pour un dirham et fais-y graver : “Qu’Allah fasse miséricorde à l’homme qui connaît sa propre valeur.”»
Huitième point : Celui qui a juré de ne pas porter d’ornement et qui porte des perles n’encourt pas le parjure ; tel est l’avis d’Abû Ḥanîfa.
Ibn Khuwayz Mandâd explique : bien que, d’un point de vue linguistique, le terme «ornement» («ḥuliy») puisse englober les perles, le serment n’avait pas cette intention, car les serments sont régis par l’usage courant. Ne vois-tu pas que si quelqu’un jure de ne pas dormir sur un «matelas» et qu’il dort à même le sol, il ne perjure pas ? De même, s’il jure de ne pas s’éclairer d’une «lampe» et qu’il s’assied au soleil, il n’encourt aucun blâme, bien que Dieu – Très-haut – ait qualifié la terre de «couchage» et le soleil de «lampe».
Ach-Shâfiʿî, Abû Yûsuf et Muḥammad (ibn al-Ḥasan) soutiennent, pour leur part, que celui qui, après avoir juré de ne pas porter d’ornement, met des perles se rend coupable de parjure, invoquant la parole du Très-Haut : «… et vous en extrayez des bijoux que vous portez.» Or, ce qui est tiré de la mer, ce sont précisément les perles et le corail.
Neuvième point – parole du Très-Haut : «Et tu vois les vaisseaux fendre [les flots] en son sein.»
La mention du navire et de la navigation a déjà été traitée dans la sourate al-Baqarah et ailleurs.
Le terme «mawâkhir» :
– Ibn ʿAbbâs : «des bâtiments sillonnant la mer», c’est-à-dire avançant.
– Saʿîd ibn Jubayr : «voguant de travers».
– al-Ḥasan : «lourds, chargés».
– Qatâda et aḍ-Ḍaḥḥâk : «allant et venant, s’avançant puis revenant sous un même vent».
On a également dit : «mawâkhir» signifie qu’elles pénètrent profondément dans la mer. Le sens premier de «makhr» est de fendre l’eau à droite et à gauche ; on dit : «La nef a “makhra” (fendu) la mer» lorsqu’elle la sillonne en produisant un bruit. De là la parole du Très-Haut : «Et tu vois les vaisseaux mawâkhir en son sein», c’est-à-dire courant sur l’eau.
Al-Jawharî ajoute : «makhara» s’emploie aussi pour le nageur qui fend l’eau de sa poitrine ; «makhara la terre» signifie en labourer le sol, ou la retenir par l’eau jusqu’à ce qu’elle devienne propre à une récolte abondante.
Aṭ-Ṭabarî précise : dans la langue, le «makhr» désigne le bruit du vent lorsqu’il souffle, sans que ce son soit nécessairement lié à la mer. Il cite l’exemple de Wâṣil, affranchi d’Abû ʿUyayna : «Lorsque l’un de vous veut uriner, qu’il “tamakhkhar” le vent», c’est-à-dire qu’il observe d’où vient le souffle afin de ne pas se tenir face à lui, de peur que le vent ne lui renvoie son urine.
«… afin que vous recherchiez de Sa grâce» : c’est-à-dire que vous les utilisiez pour vos commerces et la quête du profit.
«… et afin que vous soyez reconnaissants.» – Tout cela a déjà été exposé dans la sourate al-Baqarah. Louange à Allah.