Il la fit donc venir d’une perle « latamiyya » … Sur sa surface l’eau de l’Euphrate demeure sans se tarir, et il en fit ainsi une gemme provenant d’une eau douce.
Ainsi, la parure est une réalité ; elle constitue le don qu’Allah – Très-haut – a accordé à Âdam et à sa descendance. Âdam fut créé, puis couronné et ceint de la couronne du Paradis ; il fut en outre scellé du sceau qu’hérita de lui Sulaymân fils de Dâwûd – qu’Allah répande Ses bénédictions sur eux –, sceau que l’on appelait, dans certaines traditions, « le sceau de la gloire ».
Cinquièmement : Allah – glorifié soit-Il – a gratifié les hommes et les femmes, d’une grâce générale, de tout ce qui provient de la mer ; rien de ce qui en sort ne leur est interdit. Allah – Très-haut – n’a interdit aux hommes que l’or et la soie :
Dans le Sahîh il est rapporté d’après ʿUmar ibn al-Khaṭṭâb que le Messager d’Allah – paix et bénédictions d’Allah sur lui – a dit : « Ne portez pas la soie, car quiconque la porte en ce bas-monde ne la portera pas dans l’Au-delà. » Nous reviendrons, si Allah le veut, sur ce sujet dans la sourate « Al-Ḥajj ».
Al-Bukhârî rapporte également d’après Ibn ʿUmar que le Messager d’Allah – paix et bénédictions d’Allah sur lui – se fit fabriquer une bague en or, en plaçant sa pierre tournée vers l’intérieur de la paume, et que l’on y grava « Muḥammad, Messager d’Allah ». Les gens s’en procurèrent alors de semblables. Lorsqu’il vit qu’ils en avaient pris, il la jeta en disant : « Je ne la porterai jamais plus. » Il se fit ensuite une bague d’argent, et les gens adoptèrent alors des bagues d’argent.
Ibn ʿUmar rapporte : « Après le Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui –, la bague fut portée par Abû Bakr, puis par ʿUmar, puis par ʿUthmân, jusqu’à ce qu’elle tombât de ʿUthmân dans le puits d’Ariyss. »
Abû Dâwûd dit : « Les gens ne divergèrent au sujet de ʿUthmân qu’après la chute de la bague de sa main. »
Les savants sont tous d’accord, de manière globale, pour autoriser aux hommes le port de la bague d’argent. Al-Khaṭṭâbî mentionne qu’il est réprouvé pour les femmes de porter une bague d’argent, car cela fait partie de l’ornement masculin ; si elles ne trouvent pas d’or, qu’elles la teignent au safran ou à ce qui y ressemble.
La grande majorité des savants, anciens et contemporains, considère illicite pour les hommes de se faire fabriquer une bague en or, hormis ce qui a été rapporté d’Abû Bakr ibn ʿAbd ar-Raḥmân et de Khabbâb – avis isolé – et tous deux n’avaient pas eu connaissance de l’interdiction ni de l’abrogation. Allah sait mieux.
Quant au ḥadith rapporté par Anas ibn Mâlik, selon lequel il vit dans la main du Messager d’Allah – paix et bénédictions d’Allah sur lui – une bague d’argent un seul jour ; puis les gens fabriquèrent des bagues d’argent et les portèrent ; alors le Messager d’Allah – paix et bénédictions d’Allah sur lui – jeta sa bague et les gens jetèrent les leurs – ce récit est rapporté par les deux Ṣaḥîḥ, la formulation étant celle d’al-Bukhârî – les savants l’ont expliqué comme suit :