Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

« Celui qui a créé pour vous les troupeaux, afin que vous montiez sur certains d’entre eux et que de certains vous mangiez ».
Et, au sujet des chevaux, Il dit : « afin que vous les montiez et qu’ils soient parure ».
Ainsi, le Très-Haut a également évoqué la plus grande partie de leurs utilités et l’objectif principal qui en est recherché, sans mentionner le transport de charges, bien qu’il soit observé qu’ils y servent parfois ; c’est pourquoi l’alimentation n’est pas mentionnée ici. Or, c’est le Messager – que les bénédictions et la paix d’Allâh soient sur lui –, à qui incombe d’expliquer ce qui lui a été révélé, qui a éclairci la question, comme il va être exposé. Il ne découle donc nullement du fait qu’ils aient été créés pour la monte et l’ornement qu’il ne soit pas permis d’en consommer la chair.
De même, la vache, que son Créateur – Qui a fait parler toute chose – fit parler, déclara : « Je n’ai été créée que pour labourer. » Il s’ensuit que celui qui prétend que la chair du cheval est illicite parce qu’il a été créé pour la monte devrait logiquement interdire aussi la consommation de la vache, puisqu’elle serait créée pour le labour. Or, les musulmans sont unanimes sur la licéité de la chair bovine ; de même, la viande de cheval est permise, attestée par la Sunna authentique.
Muslim rapporte, d’après Jâbir : « Le Messager d’Allâh – paix et bénédiction d’Allâh sur lui –, le jour de Khaybar, interdit la chair des ânes domestiques et autorisa celle du cheval. »
An-Nasâ’î rapporte, toujours d’après Jâbir : « Le Messager d’Allâh – paix et bénédiction d’Allâh sur lui – nous fit manger, le jour de Khaybar, de la viande de cheval et nous interdit la viande d’âne. »
Et, dans une autre version, Jâbir dit : « Nous mangions la chair du cheval à l’époque du Messager d’Allâh – paix et bénédiction d’Allâh sur lui. »
S’il est objecté que ce récit rapporté par Jâbir concernant leur consommation à Khaybar n’est qu’un fait circonstanciel, lié à un cas particulier, et qu’on pourrait supposer qu’ils l’auraient sacrifié par nécessité, les faits circonstanciels ne faisant pas argument, nous répondons : le témoignage de Jâbir affirmant qu’ils mangeaient la viande de cheval du vivant du Messager d’Allâh – paix et bénédiction d’Allâh sur lui – lève cette éventualité. Et, à supposer qu’on la maintienne, nous avons le hadith d’Asmâ’ qui déclare : « Nous avons abattu un cheval à l’époque du Messager d’Allâh – paix et bénédiction d’Allâh sur lui – alors que nous étions à Médine, puis nous l’avons mangé. » (rapporté par Muslim). Toute interprétation non étayée qui s’oppose à un texte explicite n’est qu’une prétention à laquelle on ne prête pas attention.
Ad-Dâraqutnî a rapporté un complément précieux qui dissipe toute tentative d’interprétation concernant le hadith d’Asmâ’ ; elle dit : « Nous possédions un cheval du temps du Messager d’Allâh – paix et bénédiction d’Allâh sur lui – qui était sur le point de mourir ; nous l’abattîmes donc et le consommâmes. » Son abattage n’était motivé que par la crainte qu’il ne meure, et non par d’autres considérations. Et c’est par Allâh que vient le succès.
S’il est objecté : « Un animal doté de sabots ne se consomme pas, tout comme l’âne », nous répondons : il s’agit là d’un qiyâs de ressemblance, sur la validité duquel les usûliyûn sont partagés ; et, quand bien même on l’accepterait, il est invalidé par le porc : bien qu’il possède un sabot fendu, il diffère des bêtes à sabots permises. De plus, lorsque le raisonnement analogique contredit un texte explicite, il est caduc et l’on n’en tient aucun compte.
At-Tabarî a dit : « Leur consensus sur le fait qu’il est permis de monter ce qui est mentionné pour l’alimentation constitue une preuve de la licéité de manger ce qui est mentionné pour la monte. »

" الَّذِي جَعَلَ لَكُمُ الْأَنْعامَ لِتَرْكَبُوا مِنْها وَمِنْها تَأْكُلُونَ «١» " . وَقَالَ فِي الْخَيْلِ: " لِتَرْكَبُوها وَزِينَةً" فَذَكَرَ أَيْضًا أَغْلَبَ مَنَافِعِهَا وَالْمَقْصُودُ مِنْهَا، وَلَمْ يَذْكُرْ حَمْلَ الْأَثْقَالِ عَلَيْهَا، وَقَدْ تُحْمَلُ كَمَا هُوَ مُشَاهَدٌ فَلِذَلِكَ لَمْ يَذْكُرِ الْأَكْلَ. وَقَدْ بَيَّنَهُ عَلَيْهِ السَّلَامُ الَّذِي جَعَلَ إِلَيْهِ بَيَانَ مَا أَنْزَلَ عَلَيْهِ مَا يَأْتِي، وَلَا يَلْزَمُ مِنْ كَوْنِهَا خُلِقَتْ لِلرُّكُوبِ وَالزِّينَةِ أَلَّا تُؤْكَلَ، فَهَذِهِ الْبَقَرَةُ قَدْ أَنْطَقَهَا خَالِقُهَا الَّذِي أَنْطَقَ كُلَّ شي فَقَالَتْ: إِنَّمَا خُلِقَتْ لِلْحَرْثِ. فَيَلْزَمُ مِنْ عَلَّلَ أَنَّ الْخَيْلَ لَا تُؤْكَلُ لِأَنَّهَا خُلِقَتْ لِلرُّكُوبِ وألا تُؤْكَلَ الْبَقَرُ لِأَنَّهَا خُلِقَتْ لِلْحَرْثِ. وَقَدْ أَجْمَعَ الْمُسْلِمُونَ عَلَى جَوَازِ أَكْلِهَا، فَكَذَلِكَ الْخَيْلُ بِالسُّنَّةِ الثَّابِتَةِ فِيهَا. رَوَى مُسْلِمٌ مِنْ حَدِيثِ جَابِرٌ قَالَ: نَهَى رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَوْمَ خَيْبَرَ عَنْ لُحُومِ الْحُمُرِ الْأَهْلِيَّةِ وَأَذِنَ فِي لُحُومِ الْخَيْلِ. وَقَالَ النَّسَائِيُّ عَنْ جَابِرٍ: أَطْعَمَنَا رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَوْمَ خَيْبَرَ لُحُومَ الْخَيْلِ وَنَهَانَا عَنْ لُحُومِ الْحُمُرِ. وَفِي رِوَايَةٍ عَنْ جَابِرٍ قَالَ: كُنَّا نَأْكُلُ لُحُومَ الْخَيْلِ عَلَى عَهْدِ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ. فَإِنْ قِيلَ: الرِّوَايَةُ عَنْ جَابِرٍ بِأَنَّهُمْ أَكَلُوهَا فِي خَيْبَرَ حِكَايَةُ حَالٍ وَقَضِيَّةٌ فِي عَيْنٍ، فَيُحْتَمَلُ أَنْ يَكُونُوا ذَبَحُوا لِضَرُورَةٍ، وَلَا يُحْتَجُّ بِقَضَايَا الْأَحْوَالِ. قُلْنَا: الرِّوَايَةُ عَنْ جَابِرٍ وَإِخْبَارِهِ بِأَنَّهُمْ كَانُوا يَأْكُلُونَ لُحُومَ الْخَيْلِ عَلَى عَهْدِ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يُزِيلُ ذَلِكَ الِاحْتِمَالَ، ولين سَلَّمْنَاهُ فَمَعَنَا حَدِيثُ أَسْمَاءَ قَالَتْ: نَحَرْنَا فَرَسًا عَلَى عَهْدِ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَنَحْنُ بِالْمَدِينَةِ فَأَكَلْنَاهُ، رَوَاهُ مُسْلِمٌ. وَكُلُّ تَأْوِيلٍ مِنْ غَيْرِ تَرْجِيحٍ فِي مُقَابَلَةِ النَّصِّ فَإِنَّمَا هُوَ دَعْوًى، لَا يُلْتَفَتُ إِلَيْهِ وَلَا يُعَرَّجُ عَلَيْهِ. وَقَدْ رَوَى الدَّارَقُطْنِيُّ زِيَادَةً حَسَنَةً تَرْفَعُ كُلَّ تَأْوِيلٍ فِي حَدِيثِ أَسْمَاءَ، قَالَتْ أَسْمَاءُ: كَانَ لَنَا فَرَسٌ عَلَى عَهْدِ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَرَادَتْ أَنْ تَمُوتَ فَذَبَحْنَاهَا فَأَكَلْنَاهَا. فَذَبْحُهَا إِنَّمَا كَانَ لِخَوْفِ الْمَوْتِ عَلَيْهَا لَا لِغَيْرِ ذَلِكَ مِنَ الْأَحْوَالِ. وَبِاللَّهِ التَّوْفِيقُ. فَإِنْ قِيلَ: حَيَوَانٌ مِنْ ذَوَاتِ الْحَوَافِرِ فَلَا يُؤْكَلُ كَالْحِمَارِ؟ قُلْنَا: هَذَا قِيَاسُ الشَّبَهِ وَقَدِ اخْتَلَفَ أَرْبَابُ الْأُصُولِ فِي الْقَوْلِ به، ولين سَلَّمْنَاهُ فَهُوَ مُنْتَقِضٌ بِالْخِنْزِيرِ، فَإِنَّهُ ذُو ظِلْفٍ وَقَدْ بَايَنَ ذَوَاتَ الْأَظْلَافِ، وَعَلَى أَنَّ الْقِيَاسَ إِذَا كَانَ فِي مُقَابَلَةِ النَّصِّ فَهُوَ فَاسِدُ الْوَضْعِ لَا الْتِفَاتَ إِلَيْهِ. قَالَ الطَّبَرِيُّ: وَفِي إِجْمَاعِهِمْ عَلَى جَوَازِ رُكُوبِ مَا ذُكِرَ لِلْأَكْلِ دَلِيلٌ عَلَى جَوَازِ أَكْلِ مَا ذُكِرَ لِلرُّكُوبِ.
(١). راجع ج ١٥ ص ٣٣٤.

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