Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Les traces de Dhât al-Aṣâbiʿ puis d’al-Jiwâ se sont effacées
jusqu’à ʿAdhrâ, dont la demeure gît désormais à l’abandon.

Demeures des Banû al-Ḥasḥâs, aujourd’hui désertes,
affacées tour à tour par les vents soulevant la poussière et par la pluie du ciel.

Et pourtant, ces lieux vivaient autrefois d’une présence familière :
au milieu de leurs prairies paissaient chameaux et brebis.

Le terme naʿam désigne ici les seuls chameaux.

Al-Jawharî déclare : « Naʿam est le singulier du mot anʿâm ; il renvoie aux biens pâturant, mais le plus souvent ce nom vise les chameaux. »

Al-Farrâ ajoute : « C’est un nom masculin qui ne se féminise pas ; on dit : “hâdhâ naʿam wârid” – ce chameau vient boire –, et son pluriel est nuʿmân, comme ḥamal / ḥumlân. Quant au mot anʿâm, il s’emploie aussi bien au masculin qu’au féminin. »

Allâh – Très-Haut – dit : « … de ce qui se trouve dans leurs ventres » (16 : 66), et ailleurs : « … de ce qui se trouve dans leurs ventres » (23 : 21), en féminisant cette fois le pronom.

Dans le verset nos anʿâm sont à l’accusatif, coordonnés à al-insân, ou bien dépendant d’un verbe sous-entendu ; cette seconde analyse est préférable.

Deuxième point : au sujet de la parole divine : « … un difʾ pour vous. »

Le mot difʾ signifie la chaleur : ce dont on se réchauffe grâce à leur laine, leurs poils et leurs toisons, qu’il s’agisse de vêtements, de couvertures ou d’étoffes épaisses.

D’après Ibn ʿAbbâs, « leur difʾ » renverrait à leur progéniture – et Allâh est plus savant.

Al-Jawharî, dans le Ṣiḥâḥ, écrit : « Le terme difʾ englobe la mise bas des chamelles, leur lait et tout ce dont on tire avantage d’elles. » Le Très-Haut dit : « Pour vous, en elles, un difʾ » (16 : 5). Dans le ḥadîth on lit : « Nous bénéficions de leur difʾ tant qu’ils respectent le pacte. »

Difʾ signifie également la chaleur elle-même. On dira : “dafiʾa ar-rajulu dafâʾatan” comme “kariha karâhatan”, ou “dafiʾa dafʾan” à l’instar de “ẓamiʾa ẓamāʾan”. Le nom est difʾ (avec kasra), c’est-à-dire ce qui réchauffe, et son pluriel est adfâʾ.

On dit : « mâ ʿalayhi difʾ » – il n’a point de vêtement chaud –, car c’est un nom ; mais on ne dit pas « mâ ʿalayka dafâʾatan », car il s’agit alors d’un masdar.

On dira encore : « Assieds-toi dans le difʾ de ce mur », c’est-à-dire dans son abri. « Rajulun dafiʾ » (sur le modèle faʿil) qualifie celui qui porte un vêtement chaud ; de même « rajulun dafʾân » et « imraʾatun dafʾā ». « Adfaʾahu ath-thawb » signifie : le vêtement l’a réchauffé ; « tadaffaʾa bi-th-thawb », « istadfaʾa bih » ou encore « addafaʾa bih » expriment l’idée de se couvrir pour se réchauffer.

On dit : « dafiʾat laylatunâ » – notre nuit fut douce –, « yawm-un dafiʾ » (sur le modèle faʿîl), « laylat-un dafiʾa », et l’on emploie de même l’épithète pour un vêtement ou une maison.

Le mot « mudfiʾa » désigne un troupeau nombreux de chameaux, car certains se réchauffent de la haleine des autres ; on peut également le redoubler : « mudaffiʾa ». Quant à « al-madfiʾa », selon al-Aṣmaʿî, il s’agit d’un troupeau abondant de chameaux dotés d’un épais pelage et d’une graisse conséquente.

Ash-Shammâkh a dit :
« Comment l’homme qui possède de telles mudfiʾât pourrait-il se perdre,
quand leurs flancs le protègent du givre ? »

عَفَتْ ذَاتُ الْأَصَابِعِ فَالْجِوَاءُ ... إِلَى عَذْرَاءَ مَنْزِلُهَا خَلَاءُ «١» دِيَارٌ مِنْ بَنِي الْحَسْحَاسِ قَفْرٌ ... تُعَفِّيهَا الرَّوَامِسُ وَالسَّمَاءُ «٢» وَكَانَتْ لَا يَزَالُ بِهَا أَنِيسٌ ... خِلَالَ مُرُوجِهَا نَعَمٌ وَشَاءُ فَالنَّعَمُ هُنَا الْإِبِلُ خَاصَّةً. وَقَالَ الْجَوْهَرِيُّ: وَالنَّعَمُ وَاحِدُ الْأَنْعَامِ وَهِيَ الْمَالُ الرَّاعِيَةُ، وَأَكْثَرُ مَا يَقَعُ هَذَا الِاسْمُ عَلَى الْإِبِلِ. قَالَ الْفَرَّاءُ: هُوَ ذَكَرٌ لَا يُؤَنَّثُ، يَقُولُونَ: هَذَا نَعَمٌ وَارِدٌ، وَيُجْمَعُ عَلَى نُعْمَانِ مِثْلَ حَمَلٍ وَحُمْلَانٍ. وَالْأَنْعَامُ تُذَكَّرُ وَتُؤَنَّثُ، قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: " مِمَّا فِي بُطُونِهِ «٣» " . وَفِي مَوْضِعٍ " مِمَّا فِي بُطُونِها «٤» " . وَانْتَصَبَ الْأَنْعَامُ عَطْفًا على الإنسان، أو بفعل مقتدر، وهو أوجه. الثانية- قوله تعالى: (دِفْءٌ) الدِّفْءُ: السَّخَانَةُ، وَهُوَ مَا اسْتُدْفِئَ بِهِ مِنْ أَصْوَافِهَا وَأَوْبَارِهَا وَأَشْعَارِهَا، مَلَابِسُ وَلُحُفٌ وَقُطُفٌ «٥» . وَرُوِيَ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ: دِفْؤُهَا نَسْلُهَا، وَاللَّهُ أَعْلَمُ. قَالَ الْجَوْهَرِيُّ فِي الصِّحَاحِ: الدِّفْءُ نِتَاجُ الْإِبِلِ وَأَلْبَانُهَا وَمَا يُنْتَفَعُ بِهِ مِنْهَا، قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: " لَكُمْ فِيهَا دِفْءٌ" . وَفِي الْحَدِيثِ " لَنَا مِنْ دِفْئِهِمْ مَا سَلَّمُوا بِالْمِيثَاقِ" . وَالدِّفْءُ أَيْضًا: السُّخُونَةُ، تَقُولُ مِنْهُ: دَفِئَ الرَّجُلُ دَفَاءَةً مِثْلَ كَرِهَ كَرَاهَةً. وَكَذَلِكَ دَفِئَ دَفَأً مِثْلُ ظَمِئَ ظَمَأً. وَالِاسْمُ الدِّفْءُ (بِالْكَسْرِ) وَهُوَ الشَّيْءُ الَّذِي يُدْفِئُكَ، وَالْجَمْعُ الْأَدْفَاءُ. تَقُولُ: مَا عَلَيْهِ دِفْءٌ، لِأَنَّهُ اسْمٌ. وَلَا تَقُولُ: مَا عَلَيْكَ دَفَاءَةٌ، لِأَنَّهُ مَصْدَرٌ. وَتَقُولُ: اقْعُدْ فِي دِفْءِ هَذَا الْحَائِطِ أَيْ كِنِّهِ. وَرَجُلٌ دَفِئٌ عَلَى فَعِلٍ إِذَا لَبِسَ مَا يُدْفِئُهُ. وَكَذَلِكَ رَجُلٌ دَفْآنُ وَامْرَأَةٌ دَفْأَى. وَقَدْ أَدْفَأَهُ الثَّوْبُ وَتَدَفَّأَ هُوَ بِالثَّوْبِ وَاسْتَدْفَأَ بِهِ، وَأَدَّفَأَ بِهِ وَهُوَ افْتَعَلَ، أي ما لبس ما يدفئه. ودفؤت ليلتنا، ويوم دفئ عَلَى فَعِيلٍ وَلَيْلَةٌ دَفِيئَةٌ، وَكَذَلِكَ الثَّوْبُ وَالْبَيْتُ. وَالْمُدْفِئَةُ الْإِبِلُ الْكَثِيرَةُ، لِأَنَّ بَعْضَهَا يُدْفِئُ بَعْضًا بأنفاسها، وقد يشدد. والمدفئة الْإِبِلُ الْكَثِيرَةُ الْأَوْبَارُ وَالشُّحُومُ، عَنِ الْأَصْمَعِيِّ. وَأَنْشَدَ الشَّمَّاخُ: وَكَيْفَ يَضِيعُ صَاحِبُ مُدْفَآتٍ ... عَلَى أَثْبَاجِهِنَّ من الصقيع «٦»
(١). ذات الأصابع والجوزاء: موضعان بالشام. وعذراء: قرية بغوطة دمشق. (٢). الحساس: اسم رجل. والروامس: الرياح التي تثير التراب وتدفن الآثار. (٣). راجع ص ١٢٢ من هذا الجزء. (٤). راجع ج ١٢ ص ١١٧. (٥). القطف (جمع قطيفة) كساء له خمل، أي وبر. (٦). أثباج: جمع ثبج، وهو أوسطها. وقيل: ما بين كلها وظهرها.

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