« Il fait descendre les anges avec l’Esprit, par Son ordre, sur qui Il veut parmi Ses serviteurs : “Avertissez qu’il n’est point de divinité en dehors de Moi ; craignez-Moi donc.” » (sourate an-Naḥl, 16 : 2)
Al-Mufaḍḍal, d’après ʿĀṣim, l’a récitée ainsi : « tanazzalu l-malāʾikatu », le verbe étant originellement « tatanzzal », l’action se rapportant alors aux anges. Al-Kisāʾī, par la voie d’Abū Bakr d’après ʿĀṣim, ainsi que l’Aʿmash, l’ont lue : « tunazzalu l-malāʾikatu » au passif. Al-Juʿfī, par Abū Bakr d’après ʿĀṣim, l’a lue : « tanazzilu l-malāʾikata » avec la lettre nūn, le sujet étant exprimé. Tous les autres récitants lisent : « yunazzilu » avec le yāʾ, le sujet (sous-entendu) étant Allāh — exalté soit-Il. Il est également rapporté de Qatāda : « tunzilu l-malāʾikata » avec le nūn et sous forme allégée. L’Aʿmash a encore récité : « tanzilu » en ouvrant le tāʾ et en cassant le zāy, dérivé de « nuzūl ». L’expression « al-malāʾikatu » y est alors au nominatif comme dans « tanazzala l-malāʾikatu ».
« bi-r-rūḥi » : c’est-à-dire avec la Révélation, c’est-à-dire la prophétie, selon Ibn ʿAbbās ; semblable à Sa Parole : « Il inspire l’Esprit, par Son ordre, à qui Il veut parmi Ses serviteurs » (s. 40 : 15).
Al-Rabīʿ b. Anas dit : il s’agit de la Parole d’Allāh, autrement dit le Coran. D’autres ont dit : c’est l’exposé de la vérité qu’il faut suivre. Selon une autre interprétation, rapportée par Mujāhid, il s’agit des âmes des créatures : aucun ange ne descend sans avoir avec lui une âme ; Ibn ʿAbbās a tenu un propos similaire, affirmant que l’« Esprit » est une créature d’Allāh – exalté soit-Il – à la forme des fils d’Adam, aucun ange ne descendant du ciel sans être accompagné de l’un d’eux. D’autres ont expliqué qu’il s’agit de la miséricorde (al-Ḥasan et Qatāda) ; d’autres encore ont parlé de la guidance, car les cœurs vivent grâce à elle comme les corps vivent grâce aux âmes : c’est l’opinion d’az-Zajjāj, lequel dit : « L’Esprit est tout ce qu’Allāh ordonne et qui confère la vie par l’orientation vers Son commandement. » Abū ʿUbayda, quant à lui, dit que l’« Esprit » désigne ici Jibrīl.
La préposition « bi- » dans « bi-r-rūḥi » a le sens de « maʿa » (avec), comme lorsque l’on dit : « Il sortit avec (bi-) ses vêtements », c’est-à-dire accompagné de ses vêtements. « min amrihi » signifie : « par Son ordre ». « ʿalā man yashāʾu min ʿibādihi » : sur ceux qu’Allāh – qu’Il soit exalté – choisit pour la prophétie. C’est une réfutation de leur parole : « Pourquoi ce Coran n’a-t-il pas été révélé à un grand personnage de l’une des deux cités ? » (s. 43 : 31).
« An andhirū annahu lā ilāha illā anā fattaqūn(i) » pose un avertissement contre l’adoration des idoles ; d’où l’emploi du verbe « andhirū » (avertissez), car l’avertissement vise originellement à prévenir contre ce que l’on craint. La suite de la phrase : « fattaqūn(i) » (« craignez-Moi donc ») l’indique clairement.
La particule « an » est à l’accusatif en raison de l’omission de la préposition sous-entendue ; autrement dit : « par le fait d’avertir (bi-an andhirū) les mécréants qu’il n’est de divinité qu’Allāh ». Ainsi « an » se trouve à la place de l’accusatif soit par chute de la préposition, soit parce que l’action d’avertir porte directement sur elle.