Parole du Très-Haut : « Et adore ton Seigneur jusqu’à ce que te parvienne la Certitude » (v. 99).
Il s’y trouve une seule question : la « Certitude » (al-yaqîn) désigne la mort. Le Très-Haut enjoint à Son Prophète – que les bénédictions et la paix soient sur lui – de persévérer dans Son adoration, car Ses serviteurs ont manqué de zèle dans Son service, alors que lui, il lui incombe de s’y conformer.
Si l’on demande : « Quel est donc l’intérêt d’ajouter : “jusqu’à ce que te parvienne la Certitude”, alors que l’ordre “Adore ton Seigneur” suffisait à prescrire l’adoration ? »
Nous répondrons : si le texte s’était contenté de « Adore ton Seigneur » de façon absolue, l’homme aurait pu accomplir cette adoration une seule fois et se considérer quitte. Mais lorsqu’il est dit : « jusqu’à ce que te parvienne la Certitude », cela signifie : ne délaisse jamais cette adoration jusqu’à ta mort.
Si l’on objecte : « Pourquoi le verset ne dit-il pas “à jamais”, au lieu de “jusqu’à ce que te parvienne la Certitude” ? » — nous répondrons que le terme « Certitude » est plus éloquent que l’expression « à jamais », laquelle peut se limiter à un instant comme englober toute l’éternité, alors que la Certitude ne souffre aucune ambiguïté ; il s’agit bien de la mort. Il a déjà été question de ce sens. L’intention est donc la continuité de l’adoration tant que dure la vie, comme l’a dit le serviteur vertueux : « Il m’a recommandé la prière et la zakât tant que je vivrai. »
Il découle de là que si un homme dit à son épouse : « Tu es répudiée pour toujours (abadan) », puis déclare avoir eu l’intention d’un jour ou d’un mois, il conserve un droit de reprise. S’il dit : « Je t’ai répudiée pour toute ta vie », il ne peut plus la reprendre.
La preuve que la Certitude signifie la mort est le hadith rapporté par Umm al-‘Alâ’ al-Ansâriyya — qui faisait partie des femmes ayant prêté serment d’allégeance — où le Messager d’Allâh (paix et salut sur lui) dit : « Quant à ‘Uthmân — c’est-à-dire ‘Uthmân ibn Maẓ‘ûn — la Certitude lui est venue, et j’espère le bien pour lui ; par Allâh, je ne sais pas, bien que je sois le Messager d’Allâh, ce qu’il adviendra de lui. » Le hadith est relaté en entier ; l’imâm al-Bukhârî, qu’Allâh lui fasse miséricorde, l’a rapporté en exclusivité.
‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azîz disait : « Je n’ai jamais vu une certitude qui ressemble davantage au doute que la certitude qu’ont les gens de la mort, puis ils ne s’y préparent pas ; c’est comme s’ils en doutaient. »
Il a été dit aussi que la Certitude désigne ici la Vérité indubitable consistant en la victoire promise sur tes ennemis — avis rapporté d’Ibn Shajara ; pourtant, l’opinion première est la plus juste et c’est celle de Mujâhid, Qatâda et al-Ḥasan. Allâh est plus savant.
D’autre part, Jubeir ibn Nufayr rapporte d’Abû Muslim al-Khawlânî qu’il l’entendit dire : le Prophète (paix et salut sur lui) a déclaré : « Il ne m’a pas été révélé de rassembler des richesses ni d’être parmi les négociants ; il m’a été révélé plutôt : “Glorifie par la louange de ton Seigneur, sois du nombre des prosternés, et adore ton Seigneur jusqu’à ce que te parvienne la Certitude.” »