« Et les criminels ne seront pas interrogés au sujet de leurs péchés ».
Il dit encore : « En ce Jour-là, nul homme ni nul djinn ne sera interrogé au sujet de son péché ».
Et Il dit : « Allah ne leur adressera pas la parole ».
Et Il dit : « Ils seront, ce Jour-là, tenus à l’écart de leur Seigneur ».
Nous disons : le Jour de la Résurrection comporte plusieurs stations ; dans l’une il y aura interrogation et parole, dans l’autre il n’y en aura pas.
‘Ikramah a dit : « La Résurrection est faite de stations ; on y interroge à certains moments et l’on n’interroge pas à d’autres. »
Ibn ‘Abbâs a dit : « Il ne les interrogera pas pour s’informer ou pour apprendre — “Avez-vous accompli ceci ou cela ?” — car Allah sait toute chose ; mais Il les interrogera par voie de blâme et de réprobation, en leur disant : “Pourquoi avez-vous désobéi au Coran ? Quel argument pouvez-vous lui opposer ?” » Qutrub a adopté cet avis.
On a dit également que « Nous les interrogerons certes tous » vise les croyants responsables, ce qu’explicite la parole du Très-Haut : « Puis, ce Jour-là, vous serez interrogés au sujet des bienfaits ». Toutefois, maintenir le verset dans sa portée générale est préférable, comme il a été mentionné. Allah sait mieux.
Sourate al-Hijr (15) — versets 94-95
« Proclame hautement ce qui t’est ordonné et détourne-toi des polythéistes ; Nous te suffirons contre les railleurs. »
Le Très-Haut dit :
« Proclame hautement (faṣda‘) ce qui t’est commandé » : c’est-à-dire ce dont tu as reçu l’ordre ; autrement dit, transmets le message d’Allah à l’ensemble des créatures afin que la preuve soit établie contre elles, car Allah t’y a enjoint.
as-Ṣad‘ (le “fendillement”) désigne la fente ; « taṣadda‘a l-qawm » signifie « le groupe s’est dispersé ». De là le verset : « Ce Jour-là ils se sépareront (yaṣṣadda‘ûn) », c’est-à-dire se diviseront. « Je l’ai fendu, il s’est fendu » : le sens premier de ṣad‘ est la division et la fissure.
Abû Dhû’ayb, décrivant l’âne et ses femelles, a dit :
« On eût dit un carquois, et lui tel le joueur de flèches
qui verse les flèches et les disperse. »
— c’est-à-dire qu’il les sépare et les fractionne.
Au sujet de « Proclame hautement ce qui t’est ordonné », al-Farrâ’ dit : il entend « Proclame l’ordre », c’est-à-dire rends manifeste ta religion ; le mot « mâ », joint au verbe, tient ici lieu de masdar (nom verbal).
Ibn al-A‘râbî dit : le sens de « faṣda‘ bimâ tu’mar » est « vise clairement (ce qui t’est ordonné) ».
On a dit aussi : « Proclame hautement ce qui t’est ordonné », c’est-à-dire divise leur rassemblement et brise leur unité en les appelant à l’Unicité ; certains d’entre eux répondront, et le « fendillement » (ṣad‘) s’entend alors de la rupture de la cohésion des polythéistes.