Je dis : Ce propos a, de plus, été rapporté avec une chaîne remontant au Prophète (marfouʿ).
Al-Tirmidhî al-Ḥakîm a rapporté : « Al-Ǧârûd b. Muʿâdh nous a transmis, disant : Al-Faḍl b. Mûsâ nous a transmis, d’après Šarîk, d’après Layth, d’après Bašîr b. Nahîk, d’après Anas b. Mâlik, que le Messager d’Allâh – que la prière et le salut d’Allâh soient sur lui – au sujet de la parole du Très-Haut :
« Par ton Seigneur ! Nous les interrogerons tous, au sujet de ce qu’ils œuvraient » (Qor. 15:92-93),
a dit : « au sujet de la parole : lâ ilâha illâ Allâh. »
Abû ʿAbd Allâh dit : Selon nous, son sens porte sur la sincérité de lâ ilâha illâ Allâh et sur le respect de ce qu’elle implique. En effet, Allâh – Très-haut – a mentionné dans Sa Révélation l’action, disant : « au sujet de ce qu’ils œuvraient », et Il n’a pas dit : « au sujet de ce qu’ils disaient ». Certes, l’on peut considérer que la parole est, elle aussi, une action de la langue ; toutefois, l’intention ici – comme le savent les gens de langue – est que la parole est parole et que l’action est action.
Ainsi, lorsque le Messager d’Allâh – que la prière et le salut d’Allâh soient sur lui – a dit : « au sujet de lâ ilâha illâ Allâh », il visait la fidélité à cette parole et la véracité de celui qui la prononce.
Al-Ḥasan al-Baṣrî a dit à ce propos : « La foi ne consiste pas en parures extérieures, ni la religion en de simples souhaits ; c’est plutôt ce qui s’implante dans les cœurs et que confirment les œuvres. »
De là, le Messager d’Allâh – paix et bénédictions d’Allâh sur lui – a dit : « Quiconque dit lâ ilâha illâ Allâh avec sincérité entrera au Paradis. » On demanda : « Ô Messager d’Allâh, qu’est-ce que sa sincérité ? » Il répondit : « Qu’elle l’empêche de transgresser les interdits d’Allâh. » (Hadith rapporté par Zayd b. Arqam.)
Il est rapporté également d’après Zayd b. Arqam que le Messager d’Allâh – paix et salut sur lui – a dit : « Allâh m’a fait la promesse qu’aucun membre de ma communauté ne viendra à moi avec lâ ilâha illâ Allâh, sans y mêler quoi que ce soit, sans que le Paradis ne lui soit garanti. » Ils dirent : « Ô Messager d’Allâh, qu’est-ce qui peut se mêler à lâ ilâha illâ Allâh ? » Il répondit : « L’avidité pour ce bas-monde, le souci de l’amasser et de le retenir. Ils tiennent le discours des Prophètes mais accomplissent les actes des tyrans. »
Anas b. Mâlik rapporte encore que le Messager d’Allâh – paix et salut sur lui – a dit : « Lâ ilâha illâ Allâh protège les serviteurs de la colère d’Allâh tant qu’ils ne préfèrent pas le commerce de leur vie d’ici-bas à leur religion ; mais lorsqu’ils préfèrent le commerce de leur vie d’ici-bas à leur religion puis continuent de dire lâ ilâha illâ Allâh, cette parole leur est renvoyée et Allâh leur dit : “Vous avez menti.” » Les chaînes de ces hadiths se trouvent dans Nawâdir al-Uṣûl.
Je dis : Le verset, pris dans sa généralité, indique que tous seront interrogés et soumis au jugement – mécréants comme croyants – à l’exception de ceux qui entreront au Paradis sans reddition de comptes, comme nous l’avons expliqué dans notre livre « At-Tadhkira ».
Si l’on dit : « Le mécréant sera-t-il interrogé et jugé ? », nous répondons qu’il existe une divergence sur ce point, exposée dans « At-Tadhkira ». Ce qui apparaît toutefois, c’est qu’il sera bel et bien interrogé, en raison du verset et de la parole du Très-haut : « Arrêtez-les ! Ils devront être interrogés » (Qor. 37:24), ainsi que Sa parole : « Certes, c’est à Nous qu’il leur revient, puis il Nous incombe de leur demander des comptes » (Qor. 88:25-26).
S’il est dit : Or le Très-haut a dit