Certes, Allah – exalté soit-Il – n’a légiféré qu’une religion droite (ḥanîfiyya), indulgente, exempte de gêne, légère pour le fils d’Adam ; elle capte de l’humanité ses passions et ramène l’homme vers Allah avec un cœur sain.
Selon l’avis d’al-Farrâ’ et des sincères parmi les vertueux, se détourner aujourd’hui des plaisirs et se consacrer entièrement au Seigneur des cieux et de la terre est plus que jamais préférable ; car l’illicite domine désormais le monde, et le serviteur, pour gagner sa vie, se voit forcé de fréquenter ceux qu’il ne lui est pas permis de côtoyer et de complaire à ceux qu’il lui est interdit de flatter. Dès lors, la récitation (du Coran) est ce qu’il y a de meilleur, et la fuite loin de ce bas monde est pour le serviteur la voie la plus juste et la plus équitable.
Le Prophète – qu’Allah prie sur lui et lui accorde la paix – a dit : « Il viendra sur les gens un temps où le meilleur bien d’un musulman sera un troupeau de brebis qu’il conduira sur les sommets des montagnes et dans les lieux arrosés par la pluie, fuyant, avec sa religion, les tentations. »
Au sujet de Sa parole – exalté soit-Il – : « Ne t’attriste pas à leur sujet », c’est-à-dire : ne t’attriste pas pour les polythéistes s’ils ne croient pas. D’autres ont dit : cela signifie : ne te chagrine pas de ce dont ils jouissent ici-bas, car dans l’Au-delà tu auras mieux que cela. D’autres encore ont dit : ne t’attriste pas pour eux s’ils sont voués au châtiment, car ils en sont les gens.
« Et abaisse ton aile pour les croyants », c’est-à-dire montre-toi doux envers ceux qui ont cru en toi et fais preuve d’humilité à leur égard. L’image vient de l’oiseau qui, lorsqu’il serre son petit contre lui, déploie son aile puis la replie sur lui ; l’expression sert ainsi à décrire la manière dont un homme rapproche ses partisans. On dit : « Untel est d’aile abaissée », c’est-à-dire posé et tranquille. Les deux ailes de l’homme désignent ses deux flancs, comme dans la Parole divine : « Serre ta main contre ton flanc » ; quant à l’aile de l’oiseau, c’est sa « main ». Le poète a dit :
« Il te suffit de jeunes gens pour un chef de clan…
Il étend sur un frère souffrant une aile »,
c’est-à-dire avec humilité et douceur.
Quant à la Parole d’Allah – Très-Haut – : « Et dis : “Je suis, moi, l’avertisseur explicite” (v. 89), comme Nous avons fait descendre (le châtiment) sur les diviseurs (v. 90) », le discours comporte une ellipse : « Je suis l’avertisseur explicite d’un châtiment » ; le complément a été omis parce que l’avertissement l’implique déjà, tout comme Il dit ailleurs : « Je vous ai avertis d’une foudre semblable à celle de ‘Âd et de Thamûd. » On a dit que la particule kâf (« comme ») est ici surérogatoire : autrement dit : « Je vous ai avertis de ce que Nous avons fait descendre sur les diviseurs », à l’instar de Sa Parole : « Il n’y a rien qui Lui ressemble. »