Ali ibn Hujr nous a rapporté – Sharîk nous en a informés, d’après Abû Isḥâq, d’après Saʿîd ibn Jubayr – de la part d’Ibn ʿAbbâs, au sujet de la parole du Très-Haut :
« … sept parmi les Mathânî… »
Il dit : Il s’agit des « sept longues » (as-sabʿu ṭ-ṭiwâl) ; on les a qualifiées de Mathânî parce que les exhortations, les prescriptions et les limites légales y sont répétées.
Certaines personnes ont contesté cette opinion en disant : Ce verset a été révélé à La Mecque, or aucune des longues sourates n’y avait encore été révélée à ce moment-là. On leur a répondu que Dieu – qu’Il soit exalté – a fait descendre tout le Coran jusqu’au ciel inférieur, puis l’a fait descendre de là progressivement. Ainsi, tout ce qu’Il avait déjà déposé dans le ciel inférieur revient à dire qu’Il l’avait accordé à Muḥammad – que les bénédictions et la paix soient sur lui – même si cela ne lui avait pas encore été révélé point par point.
Parmi ceux qui ont soutenu qu’il s’agit bien des « sept longues » figurent ʿAbd Allâh ibn Masʿûd, ʿAbd Allâh ibn ʿUmar, Saʿîd ibn Jubayr et Mujâhid.
Le poète Jarîr a dit :
« Qu’Allâh récompense al-Farazdaq, lorsqu’au soir
il néglige le Mufaṣṣal et les Mathânî. »
D’autres ont affirmé que les Mathânî désignent l’ensemble du Coran ; le Très-Haut a dit en effet : « Un Livre homogène, (dont les versets) se répètent (Mathâniy). » Tel est l’avis de Ḍaḥḥâk, Ṭâwûs, Abû Mâlik, et il est également rapporté d’Ibn ʿAbbâs.
On a encore dit qu’on l’a appelé Mathânî parce que les récits et les histoires y sont repris à deux reprises.
Safiyya bint ʿAbd al-Muṭṭalib, dans son élégie au Messager d’Allâh – que les bénédictions et la paix soient sur lui –, a dit :
« Il fut une lumière éclatante par laquelle on se guidait,
réservé pour la révélation des vénérables Mathânî. »
C’est-à-dire : le Coran.
On a également avancé que l’expression « sept Mathânî » renvoie aux catégories du Coran : commandement, interdiction, annonce de la bonne nouvelle, avertissement, paraboles, énumération des bienfaits et récits des générations passées ; c’est l’avis de Ziyâd ibn Abî Maryam. Toutefois, l’avis correct est le premier, car il est fondé sur un texte explicite (naṣṣ). Nous avons déjà mentionné, à propos de la Fâtiḥa, que le fait de la qualifier de Mathânî n’empêche pas qu’un autre passage le soit également ; mais lorsque survient un texte authentique du Prophète – que les bénédictions et la paix soient sur lui – qui ne souffre aucune interprétation, il convient de s’y tenir strictement.
Sa parole – qu’Il soit exalté – : « … et le sublime Coran » contient une ellipse dont le sens est : « Il s’agit de la Fâtiḥa, le sublime Coran », car elle englobe tout ce qui a trait aux fondements de l’islam. Cela a déjà été exposé dans le commentaire de la Fâtiḥa.
On a aussi dit que la conjonction « waw » est ici superfétatoire ; le sens serait alors : « Nous t’avons certes accordé les sept Mathânî, le sublime Coran. »
Le poète a dit :
« Vers le roi valeureux, fils de l’homme généreux,
le lion de la troupe dans la mêlée… »
Le même point a déjà été traité au verset : « Soyez assidus aux prières, et surtout à la prière médiane. »