Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Ibn Muʿāwiyah, à l’époque où il exerçait la fonction de qâḍî, rendait ses jugements de cette manière. Notre maître, Fakhru l-Islām Abû Bakr al-Shâshî, composa à son sujet un fascicule pour le réfuter ; il me l’écrivit de sa propre main et me le remit. Son argumentation est fondée : en effet, les sources qui permettent d’établir les règles juridiques sont connues selon la Loi révélée et perçues avec certitude ; la physiognomonie (al-firâsa) n’en fait pas partie.

[Sourate al-Ḥijr (15), versets 76 à 79]

« Elle se trouve certes sur une route bien établie » (76) ; « Il y a là assurément un signe pour les croyants » (77) ; « Et les gens d’al-Aykah étaient, certes, des injustes » (78) ; « Nous Nous vengeâmes donc d’eux, et ces deux localités se dressent, en vérité, sur une voie clairement manifeste » (79).

Paroles du Très-Haut :

(« Et elle ») : il s’agit des cités du peuple de Lôt.
(« sur une route bien établie ») : c’est-à-dire situées sur le passage de ton peuple, ô Muḥammad, en direction de la Syrie.
(« Il y a là assurément un signe pour les croyants ») : une leçon pour ceux qui tiennent la foi pour véridique.
(« Et les gens d’al-Aykah étaient, certes, des injustes ») : il s’agit du peuple de Shuʿayb ; ils vivaient au milieu de bosquets, de jardins et d’arbres fruitiers.

Al-Aykah désigne la « forêt dense », c’est-à-dire un groupe d’arbres ; son pluriel est al-ayk. On rapporte que leurs arbres étaient des gommiers (al-dawm), c’est-à-dire le côté (mouql).
Le poète al-Nâbigha a dit :
« Avec les deux extrémités d’une colombe des bosquets elle polit…
Une fraîcheur que je tamise de khôl sur ses lèvres ».

D’aucuns ont dit : al-Aykah est le nom du village ; d’autres : le nom de la contrée.
Abû ʿUbayda a déclaré : al-Aykah et Laykah étaient leurs deux cités, tout comme Bakka l’est pour Makka. L’histoire de Shuʿayb et de son peuple a déjà été mentionnée.

(« Et ces deux localités se dressent, en vérité, sur une voie clairement manifeste ») : c’est-à-dire qu’elles se trouvent elles-mêmes sur un chemin parfaitement visible ; il s’agit de la cité du peuple de Lôt et de la région des gens d’al-Aykah ; quiconque y passe en tire un enseignement.

[Sourate al-Ḥijr (15), verset 80]

« Les habitants d’al-Ḥijr ont, certes, traité les messagers de menteurs » (80).

Le terme al-Ḥijr recouvre plusieurs significations :
– il désigne le Ḥijr de la Kaʿba ;
– il peut signifier « le sacré », selon la parole d’Allah : « ḥijran maḥjûran » (« protection inviolable »), c’est-à-dire un lieu sacré et interdit ;
– il signifie aussi « l’intelligence », comme dans : « li-dhî ḥijr » (pour celui qui est doué de raison) ;
– al-ḥijr désigne encore l’encolure de la tunique, la prononciation avec voyelle brève étant plus éloquente ;
– al-ḥijr est également le nom de la jument ;
– enfin, al-Ḥijr renvoie aux demeures de Thamûd, et c’est ce sens qui est visé ici.

ابن مُعَاوِيَةَ أَيَّامَ كَانَ قَاضِيًا، وَكَانَ شَيْخُنَا فَخْرُ الْإِسْلَامِ أَبُو بَكْرٍ الشَّاشِيُّ صَنَّفَ جُزْءًا فِي الرَّدِّ عَلَيْهِ، كَتَبَهُ لِي بِخَطِّهِ وَأَعْطَانِيهِ، وَذَلِكَ صَحِيحٌ، فَإِنَّ مَدَاركَ الْأَحْكَامِ مَعْلُومَةٌ شَرْعًا مُدْرَكَةٌ قطعا وليست الفراسة منها. [سورة الحجر (١٥) : الآيات ٧٦ الى ٧٩] وَإِنَّها لَبِسَبِيلٍ مُقِيمٍ (٧٦) إِنَّ فِي ذلِكَ لَآيَةً لِلْمُؤْمِنِينَ (٧٧) وَإِنْ كانَ أَصْحابُ الْأَيْكَةِ لَظالِمِينَ (٧٨) فَانْتَقَمْنا مِنْهُمْ وَإِنَّهُما لَبِإِمامٍ مُبِينٍ (٧٩) قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَإِنَّها) يَعْنِي قُرَى قَوْمِ لُوطٍ. (لَبِسَبِيلٍ مُقِيمٍ) أَيْ عَلَى طَرِيقِ قَوْمِكَ يَا مُحَمَّدُ إِلَى الشَّامِ. (إِنَّ فِي ذلِكَ لَآيَةً لِلْمُؤْمِنِينَ) أَيْ لَعِبْرَةٌ لِلْمُصَدِّقِينَ. (وَإِنْ كانَ أَصْحابُ الْأَيْكَةِ لَظالِمِينَ) يُرِيدُ قَوْمَ شُعَيْبٍ، كَانُوا أَصْحَابَ غِيَاضٍ وَرِيَاضٍ وَشَجَرٍ مُثْمِرٍ. وَالْأَيْكَةُ: الْغَيْضَةُ، وَهِيَ جَمَاعَةُ الشَّجَرِ، وَالْجَمْعُ الْأَيْكُ. وَيُرْوَى أَنَّ شَجَرَهُمْ كَانَ دَوْمًا وَهُوَ الْمُقْلُ. قَالَ النَّابِغَةُ: تَجْلُو بِقَادِمَتَيْ حَمَامَةِ أَيْكَةٍ ... بَرَدًا أُسِفُّ لِثَاتُهُ بِالْإِثْمِدِ وَقِيلَ: الْأَيْكَةُ اسْمُ الْقَرْيَةِ. وَقِيلَ اسْمُ الْبَلْدَةِ. وَقَالَ أَبُو عُبَيْدَةَ: الْأَيْكَةُ وَلَيْكَةُ مَدِينَتُهُمْ، بِمَنْزِلَةِ بَكَّةَ مِنْ مَكَّةَ. وَتَقَدَّمَ خَبَرُ شُعَيْبٍ وَقَوْمِهِ «١» . (وَإِنَّهُما لَبِإِمامٍ مُبِينٍ) أَيْ بِطَرِيقٍ وَاضِحٍ فِي نَفْسِهِ، يَعْنِي مَدِينَةَ قَوْمِ لُوطٍ وَبُقْعَةَ أَصْحَابِ الْأَيْكَةِ يَعْتَبِرُ بِهِمَا من يمر عليهما. [[سورة الحجر (١٥) : آية ٨٠]] وَلَقَدْ كَذَّبَ أَصْحابُ الْحِجْرِ الْمُرْسَلِينَ (٨٠) الْحِجْرُ يَنْطَلِقُ عَلَى مَعَانٍ: مِنْهَا حِجْرُ الْكَعْبَةِ. وَمِنْهَا الْحَرَامُ، قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: " وَحِجْراً مَحْجُوراً" «٢» أَيْ حَرَامًا مُحَرَّمًا. وَالْحِجْرُ الْعَقْلُ، قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: " لِذِي حِجْرٍ «٣» " وَالْحِجْرُ حِجْرُ الْقَمِيصِ، وَالْفَتْحُ أَفْصَحُ. وَالْحِجْرُ الْفَرَسُ الْأُنْثَى. وَالْحِجْرُ دِيَارُ ثَمُودَ، وَهُوَ الْمُرَادُ هنا،
(١). راجع ج ٧ ص ٢٤٧. (٢). راجع ج ١٣ ص ٥٨. (٣). راجع ج ٢٠ ص ٤٢.

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