«Par vos pères…» Il (l’auteur) dit : l’interdiction ne vise que le fait de jurer par des pères mécréants ; ne vois-tu pas qu’au moment où ils prêtèrent serment par leurs pères, il leur déclara : «Auprès d’Allah, cette montagne est plus noble que vos pères morts dans l’époque d’Ignorance.» Mâlik, quant à lui, a pris le ḥadith dans son sens littéral.
Ibn Ḫuwayz Mandād dit : Ceux qui autorisent cela se sont encore appuyés sur le fait que, depuis l’époque du Prophète – paix et bénédiction d’Allah sur lui – et jusqu’à ce jour, les musulmans ont l’habitude de jurer par le Prophète – paix et bénédiction d’Allah sur lui. Ainsi, les habitants de Médine, jusqu’à aujourd’hui, lorsqu’ils se présentent en justice, l’un dit à son adversaire : «Jure-moi par le droit de ce que renferme cette tombe, par le droit de Celui qui repose dans cette tombe», entendant par là le Prophète – paix et bénédiction d’Allah sur lui ; de même (ils jurent) par le Ḥaram, par les hauts lieux sacrés (al-mašāʿir al-ʿiẓām), par le Rukn, le Maqām, le Miḥrāb et ce qui y est récité.
[Coran, 15 : 73-74] «Le Cri les saisit au lever du jour ; Nous renversâmes la cité de haut en bas et fîmes pleuvoir sur eux des pierres d’argile pétrifiée.»
Parole d’Allah : «Le Cri les saisit (fa-aḫaḏathum al-ṣayḥatu) au moment où le soleil se levait (mušriqīn).» – «mušriqīn» est à l’accusatif de circonstance ; c’est-à-dire : au temps du lever du soleil. On dit : «ašraqat al-šams» quand le soleil illumine, et «šaraqat» lorsqu’il apparaît ; d’autres considèrent les deux formes comme équivalentes. «Ašraqa al-qawm» signifie : ils sont entrés dans le moment où le soleil se lève, comme on dit «aṣbaḥū» ou «amsaw», et c’est le sens voulu dans le verset. D’aucuns ont dit : il s’agit du lever de l’aube. D’autres ont estimé que le début du châtiment se produisit à l’aube et se prolongea jusqu’au lever du soleil, l’extermination complète étant alors consommée – et Allah sait mieux. Le terme «al-ṣayḥa» désigne le châtiment. On a déjà évoqué «sijjīl».
[Coran, 15 : 75] «Il y a certes en cela des signes pour les mutawassimīn.»
Il y a ici deux questions.
Premièrement : la parole d’Allah : «pour les mutawassimīn». Al-Tirmiḏī al-Ḥakīm rapporte, dans son ouvrage Nawādir al-Uṣūl, d’après Abū Saʿīd al-Ḫuḍrī, que le Messager d’Allah – paix et bénédiction d’Allah sur lui – a dit : «… pour les mutafarrisīn (ceux qui discernent).» C’est également l’avis de Mujāhid. Abū ʿĪsā al-Tirmiḏī rapporte, d’après Abū Saʿīd al-Ḫuḍrī, que le Messager d’Allah – paix et bénédiction d’Allah sur lui – a dit